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Scène

Corps rebelles / Musée de la civilisation : La danse contemporaine pour les nuls

Le titre est trompeur puisque les abonnés de la Rotonde en auront eux aussi pour leur argent. Sauf qu’en entrant au musée, cet art souvent perçu comme hermétique s’ouvre au plus grand nombre comme une arme de démocratisation massive.

Esthétiquement, c’est minimaliste mais terriblement léché. «La danse contemporaine, c’est noir ou c’est blanc dans les têtes de bien des gens. Ils aiment ou n’aiment pas. Nous, on joue avec ça», expose Jean-Louis Pecci, responsable des productions audiovisuelles. Une signature visuelle en cinquante nuances de gris (ah!) et sans flafla qui laisse toute la place au mouvement.

Sur les écrans, on retrouve ni plus ni moins que des légendes: Margie Gillis et Louise Lecavalier, pour ne nommer que celles-là. Même si le corpus ne se limite pas aux documents vidéo mettant en vedette des figures québécoises, la richesse de notre culture nationale au rayon danse brille de mille feux. Détail important, cependant, et pour reprendre les mots du porte-parole officieux Harold Rhéaume: l’angle a été mis sur des œuvres, pas sur des artistes.

L’autre grand thème, ou motivation centrale de l’exposition: le devoir de mémoire. Le directeur artistique du Fils d’Adrien danse expose: «On est déjà orphelins de plusieurs traces. […] Au Québec, contrairement à l’Europe, on n’a pas cette culture-là de la reprise ou des archives. Quand Jean-Pierre Perreault est décédé en 2002, on a réalisé que la question du patrimoine chorégraphique n’avait jamais vraiment été abordée ici.»

Et, justement, l’œuvre phare de Perreaut (Danser Joe) sera offerte en atelier interactif aux visiteurs dans le grand studio. Un endroit aménagé selon les normes du milieu qui accueillera, aussi, et en alternance, diverses compagnies professionnelles pour des résidences. Du nombre, celle de Rhéaume. «C’était important d’avoir ce lieu-là, parce que l’exposition rend hommage à un art vivant. […] On va aussi démystifier le travail des interprètes et des chorégraphes. Le visiteur aura l’impression d’entrer dans la matrice! Ils pourront aussi nous poser des questions, ça risque d’être très stimulant.» Ses concitoyennes Karine Ledoyen et Annie Gagnon se prêteront également à l’exercice.

 

D’Isadora Duncan à Victor Quijada

En plus de retracer l’histoire de la danse moderne devenue contemporaine, Corps rebelles se sépare en six sections: corps urbains, multi, atypiques, politiques, naturels et virtuoses. «C’est comme des pistes pour apprendre à apprécier la danse, comme lorsqu’on amène un néophyte voir un spectacle avec nous», illustre Harold Rhéaume.

Le centre de la salle est quant à lui dédié au Sacre du printemps de Vaslav Nijinski, l’indémodable ballet d’avant-garde qui ne cesse d’être repris depuis sa première hautement controversée en 1913.

Au centre de l’installation vidéo: les versions de Pina Bausch, Marie Chouinard et Maurice Béjart, parfaitement synchronisées sur la musique de Stravinsky.

Au total? Assez de matériel pour au moins deux heures et demie de festin multisensoriel hyper éducatif. Assez pour entretenir une discussion sur le sujet en sortant de là.

 

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      Du 11 mars 2015 jusqu’au 14 février 2016

      Musée de la civilisation

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