Jean-François Laporte / Memory of a shadow : Son et lumière onirique
Scène

Jean-François Laporte / Memory of a shadow : Son et lumière onirique

Invité par Tangente, l’artiste sonore Jean-François Laporte joue avec la lumière, le corps et les sonorités d’instruments inventés pour créer l’expérience planante de Memory of a Shadow. Une nouvelle incursion dans le monde de la danse avec la chorégraphe-interprète Maria Kefirova pour complice.

Il est compositeur-interprète, il invente des instruments qu’il met en espace dans des installations visuelles et sonores, il fait de la performance, il a parfois recours aux arts numériques… Hybride dans sa démarche, Jean-François Laporte s’adresse avant tout au corps et au sens dans les projets qu’il développe au sein de sa compagnie, les Productions Totem Contemporain. Auteur de partitions musicales pour divers projets chorégraphiques, il a créé la série Totem Danse en 2009.

«La danse contemporaine laisse une grande place à la musique, souligne-t-il. Elle permet d’exprimer des choses impossibles à faire en concert. Par exemple, les coupures nettes marchent avec la danse parce que le mouvement apporte une cohérence visuelle qui peut aussi exister ou être renforcée par la lumière et le décor. De plus, je travaille beaucoup sur la respiration de la musique; la mienne respire de façon très humaine et le corps des danseurs y trouve spontanément sa place.»

Seconde version d’une œuvre créée en 2012 avec Siôned Watkins, Memory of a Shadow est la troisième production de Totem Danse qui invite des chorégraphes-interprètes à créer dans des espaces physiques et sonores existants plutôt que d’écrire la danse avant la musique. Cette fois, c’est dans un environnement un peu surréaliste où dominent l’eau, le verre et la lumière que Maria Kefirova évolue. Le son est essentiellement produit par des membranes et des bouteilles en résonnance. L’atmosphère tamisée des éclairages, également conçus par Laporte, contribue à donner le sentiment d’être dans une matrice.

«L’idée est de plonger le spectateur dans une sorte de rêve où les choses apparaissent et évoluent de manière si subtile qu’il ne s’en rende pas compte, explique-t-il. Je cherche à créer une sorte de jardin zen qui favorise un état contemplatif, qui permette de rentrer dans les propositions par l’intérieur de soi, pas par la tête. C’est un environnement très immersif, englobant et le son est un continuum plein de richesse mais dont les transformations se font très progressivement. Il y a beaucoup de douceur, des climax, de l’intensité mais pas de ruptures, pas de beat qui rentre brusquement…»

On ne s’étonne pas que, pour créer cet univers méditatif, Laporte ait choisi comme œil extérieur le chorégraphe et ex moine zen Tedd Robinson. Il y redécouvre les infinis possibles du travail entre ombre et lumière avec Kefirova qui s’est approprié l’objet et l’a poussé ailleurs. Danseuse d’origine bulgare s’étant illustrée dans les œuvres de chorégraphes aux signatures diversifiées, elle est aussi régulièrement programmée par Tangente et s’affirme, depuis 2010, comme une créatrice à suivre. Un tandem prometteur.                                                         

Du 19 au 22 mars
Au Studio Hydro-Québec du Monument-National

 

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