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Scène

Hofesh Schecter / Barbarians, Sun : « J’essaie de créer une expérience qui frappe les gens dans le ventre! »

Écrire que le chorégraphe et compositeur d’origine israélienne est une rock star est devenu un lieu commun, mais ça demeure le qualificatif le plus juste qui soit. Hofesh Schecter secoue la scène internationale avec une fougue rare, une danse agressive qui transcende. Entrevue avec force de la nature.

Son dernier passage chez nous date de 2012, de Political Mother et ses jeux de lumière aveuglants. Une pièce complexe qui marque par ses violons, sa musique live, ses dix interprètes sur scène. Une solide claque au visage. « Je sais que mon travail est intrigant pour l’esprit et que les gens pensent beaucoup, mais c’est important pour moi de faire quelque chose qui les remue vraiment au niveau des sensations et des sentiments. » Avec Hofesh Schecter, le spectateur se laisse bercer ou, plutôt, brasser par les émotions qui naissent en lui par la force des choses et sans même qu’il ait à débusquer une trame narrative quelconque. De toute façon, elles sont archi rares en danse contemporaine.

Barbarians (Crédit: Jake Walters)
Barbarians (Crédit: Jake Walters)

Avec Barbarians, le triptyque présenté à Québec, le musicien et architecte du geste réfléchit au thème universel de l’intimité. De la romance post-moderne qui touche et blesse à peu près tout le monde. « Ça parle de l’impossibilité de l’amour et des relations. Mes deux premières parties sont presque comme une préparation et quelque chose qui nous donne une trame de fond pour le duo qui arrive à la fin. En fait, on s’attarde à la dysfonctionalité des relations humaines et à comment il est difficile d’établir un point de contact. » Un gros programme rythmé par un mélange chaotique (c’est le mot choisi par Schecter) de musiques baroques, de dub et de rock. « Les beats sont lourds, il y a aussi des sons électroniques. C’est donc très, très riche. »

Une trame sonore qui, on le rappelle, a exclusivement été conçue par le polyvalent chorégraphe. D’ailleurs, comment procède-t-il? Est-ce qu’il compose avant ou après avoir élaboré les mouvements? « Des fois, je crée des croquis de musiques et je les apporte en studio pour voir ce qui arrive et continuer à les développer en même temps qu’on monte la pièce. Sinon, je fais du travail chorégraphique en studio et je crée la musique après. C’est un processus vraiment organique en fait. Je n’ai pas de règle ou de technique. »

 

Du nouveau sous le soleil

Hofesh Schecter n’est pas du genre à se répéter même s’il privilégie toujours les prouesses techniques jumelées à l’introspection de ses interprètes finement sélectionnés. « C’est intéressant pour moi d’explorer différents types de mouvements et de vocabulaires donc j’essaie de trouver d’autres énergies. […] Pour Barbarians, je suis resté moi-même et les choses qui m’excitent sont encore là. C’est évident que la pièce est de moi, mais elle a des nouvelles couleurs »

Justement, il va complètement ailleurs avec Sun qu’il présentera trois soirs de suite à Montréal et avec la même distribution. « Je décrirais ce spectacle comme une pièce visuellement belle qui annonce de mauvaises nouvelles. Le malaise bout en dessous de la jolie réalité. » La gestuelle serait, elle aussi, diamétralement opposée.

 

Barbarians

Lundi 9 novembre à 20h au Grand Théâtre de Québec

 

Sun

Les 5, 6 et 7 novembre à 20h à la Place des Arts

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