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Yo, Carmen : «Donner la parole à la femme»
Scène

Yo, Carmen : «Donner la parole à la femme»

Trois ans après avoir présenté le spectacle Autorretrato, la figure mondiale du flamenco María Pagés revient à Montréal dans le cadre du festival Danse Danse, avec son spectacle Yo, Carmen, qui sera à l’affiche de la Place des Arts du 29 septembre au 1er octobre…

Le flamenco, elle l’a appris avec le maître Antonio Gades. La Sévillane María Pagés a depuis dansé dans des films de Carlos Saura (Carmen, El Amor Bruno, Flamenco) et collaboré avec les artistes Mikhaïl Baryshnikov, Placido Domingo ou encore Sidi Larbi Cherkaoui.

Yo, Carmen, sa dernière création, c’est 10 tableaux, 8 danseurs, 2 chanteurs et 7 musiciens. Entre deux répétitions, elle nous a parlé depuis Madrid de sa dernière création, de femme(s) et de modernité. Entretien avec une danseuse incandescente.

VOIR: Avec Yo Carmen, vous vous réappropriez un personnage mythique…
María Pagés:
La Carmen est toujours racontée par des hommes, que ce soit Prosper Mérimée ou Georges Bizet. Tous ceux qui ont fait Carmen étaient des hommes! Je trouve d’ailleurs la nouvelle de Mérimée très machiste, voire misogyne – surtout l’épigraphe: «La femme est un fléau dont les seuls bons moments sont le lit et la tombe».

Et donc cette fois, ça sera votre Carmen?
Dans Yo, Carmen, c’est un «yo» collectif, inclusif. Pas juste moi, mais aussi les autres danseuses, et toutes les autres femmes. Dans certaines régions d’Espagne, 70% des femmes s’appellent Carmen; Carmen, c’est nous toutes. Je veux parler de la femme de façon générale, pas juste d’une gitane de Séville…

Comment allez-vous la raconter?
Ma réflexion part du mythe, mais je veux donner la parole à la femme, je veux défaire son image pour revenir à son essentiel. Les femmes pensent, et c’est ce que je veux transmettre. Je veux rendre la femme plus réelle…

Comment avez-vous sélectionné les textes qu’on entend pendant le spectacle?
J’ai failli prendre Simone de Beauvoir, mais je lui ai finalement préféré les mots de Marguerite Yourcenar, qui m’avaient marquée. Margaret Atwood, par exemple, je l’ai prise car elle a beaucoup dédié sa vie à la défense de la femme et ses droits.

De quelle manière peut-on apporter de la modernité au flamenco, danse traditionnelle?
Le flamenco est une danse traditionnelle, mais qui reste très moderne et actuelle, très ancrée dans le quotidien. Pour moi, le flamenco n’est pas un musée. Je me sens comme une créatrice moderne, qui danse dans la modernité, je transmets ce qu’il y a autour de moi. Je me sens une artiste très contemporaine…

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Yo, Carmen
29, 30 septembre et 1er octobre
Place des Arts – Montréal

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