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Scène

Peter James / Le chant du singe : Poésie brute

La première partie du Chant du singe, menée par Peter James, n’a pas été répétée ou pratiquée. Entrevue avec le créateur de ce grand saut dans l’inconnu.

En théâtre, en danse et en cirque, le performeur Peter James s’est toujours permis une grande liberté pour expérimenter à travers ces disciplines, en creusant dans la psyché, collective ou individuelle, en étudiant le corps et la relation à l’autre avec audace, front et intensité. Il serait aussi bien bête de tenter de décrire les 40 années de métier de cet artiste infatigable en quelques phrases menues! Disons simplement qu’avec cette carte blanche offerte par La Chapelle qui a donné Le chant du singe – happening postpostpost, Peter James s’est permis d’improviser entièrement la première partie du spectacle, qu’il fera seul. Un exercice totalement vertigineux, même pour un grand habitué de la scène.

«C’est sûr que je suis en état de panique permanent depuis huit mois et c’est de pire en pire, parce que j’ai décidé de ne pas répéter quoi que ce soit. Je le fais aussi parce qu’à Montréal je ne le vois presque jamais, ni en théâtre, ni en danse. Souvent quand des artistes disent qu’ils improvisent, ils ont préparé le show, donc ce n’est plus de l’impro. Je me suis dit: «Peter, toi il faut que tu vives ça à Montréal, c’est ta job et aussi parce que t’es un maudit fou!». J’ai vraiment envie de ça parce que ça me fait peur et que j’aime ça, avoir peur!».

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L’unique préparation de l’artiste consistait à prendre des notes sur ce qu’il n’avait jamais fait sur scène et ce qu’il aimerait expérimenter ainsi qu’à inviter quelques collaborateurs à se joindre à son projet déjanté. Deux d’entre eux improviseront aussi pour cette première partie; Karine Gauthier à la conception d’éclairages et Francis Rossignol à la conception sonore vont créer en direct au fil des événements. L’artiste s’est aussi muni d’une multitude d’accessoires de scène dans sa loge, «des bouées de sauvetage», qui serviront ou non aux quatre représentations. «Ce que j’aimerais arriver à faire, c’est presque de créer live un éventuel spectacle à partir des potentiels morceaux de spectacle. Que les gens qui vont être avec nous assistent au processus live, qu’on se rende compte tout le monde ensemble qu’il y a des segments qui sont presque des minispectacles».

En deuxième partie, trois jeunes performeurs issus du multimédia, du cirque et des arts vivants vont présenter trois créations originales. Thomas Saulgrain, basé à Bruxelles, Émile Pineault et Lara Oundijan surprendront sans doute Peter James, qui n’a en général pas la moindre idée de ce qui se trame pour ce segment du spectacle.

L’occasion pour le public comme pour les artistes de se laisser dans une création de poésie brute, imprévisible, intense. «J’ai vraiment hâte, j’espère que ça va être quatre soirs très chaleureux, électriques, éclectiques. J’espère qu’on va avoir peur du monde ensemble, qu’on sera déstabilisés ensemble, qu’on aura une expérience collective».

Le chant du singe – happening postpostpost, du 10 au 13 octobre 2017 au Théâtre La Chapelle, dans le cadre du Festival Phénoména

lachapelle.org