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Basse-ville : jeunesse solitaire
Scène

Basse-ville : jeunesse solitaire

Dans le salon d’un appartement délabré de la basse-ville de Québec, deux amies s’ennuient, laissées à elles-mêmes, avec néanmoins l’envie irrésistible d’aller clubber, de faire des rencontres et de tuer le temps avec le peu d’options qu’elles trouvent pour s’amuser.

La rencontre de l’une d’entre elles, une caissière de supermarché simple et sympathique (Katrine Duhaime) avec un jeune garagiste beauceron (Jean-Denis Beaudoin) venu faire la fête à Québec dans l’espoir de rencontrer des demoiselles bouleversera l’amitié et le quotidien banal des deux jeunes femmes. Si l’une croit enfin avoir fait une rencontre significative avec un garçon qui s’intéresse réellement à elle, l’autre, une ancienne serveuse à la recherche d’un emploi (Charlotte Aubin) fera tout pour diminuer l’importance de leur rencontre et gâcher les échanges joyeux entre les nouveaux tourtereaux. Le texte de Thomas Gionet-Lavigne révèle la grande solitude et la recherche d’une meilleure condition de jeunes qui ne trouvent pas leur place dans cette partie de la ville.

Le texte expose aisément la vacuité de l’existence de ces jeunes, incapables de changer leur quotidien en basse-ville, qui semble peuplée d’âmes perdues. Les amies rêvent de richesse, de sortir danser, de tomber en amour, d’aller dans de grands restaurants de la haute-ville. Le personnage de Jean-Denis Beaudoin, rêveur et idéaliste, apporte une douceur inusitée à l’ensemble des interactions. Attentif à la beauté des alentours et ouvert à la possibilité de vivre un amour véritable, ses opinions tranchent avec celles plus défaitistes de l’amie qui s’est bâtie une carapace, blessée et aigrie par le passé.

Bien que les dialogues servent à rendre palpables l’ennui et la détresse qui pèsent sur les personnages, il devient difficile de s’accrocher à la quête commune du trio, dont la misère inexpliquée et la répétition des échanges lassent rapidement.

Le trio que forment les comédiens est fort convaincant; les personnages ne sont pas bien loin du cliché et de la caricature, mais Jean-Denis Beaudoin, Katrine Duhaime et Charlotte Aubin se sont magnifiquement approprié les rôles et nous entraînent dans leur amitié improbable et leur désir d’être bien, tout simplement.

Au Théâtre La Licorne jusqu’au 15 février

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