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Le clone est triste : à qui la faute?
Scène

Le clone est triste : à qui la faute?

La génération X peut enfin respirer: les derniers baby-boomers ont été expédiés sur la lune, suite à une décision de l’ONU, les ayant accusés de crimes contre l’humanité.

Accablé par le fardeau d’avoir trop de temps libre, d’argent et de connaissances à partager entre eux, le Club des marquis, composé de personnages plus grands que nature, brise son cycle d’ennui en décidant d’enquêter sur Gilles Douillette, un simple citoyen qui apprend une terrible vérité sur son identité: il est un clone.

Comment cela est-il possible, sachant que le clonage a été formellement interdit, de peur que les baby-boomers s’en servent et poursuivent leurs activités destructrices sur Terre? Et surtout, de qui Douillette est-il le clone? La délirante création d’Olivier Morin et de Guillaume Tremblay ne manque pas une occasion de rire de la génération boomer à travers une intrigue cossue et complètement absurde se déroulant à Beloeil, la nouvelle métropole du Québec.

C’est dans son énorme salon aux accents du 19e siècle que le Club des marquis peine à trouver une façon de se divertir, jusqu’à ce que la nouvelle du meurtre de Douillette apparaît comme une excellente façon d’utiliser ses esprits fins pour percer le mystère de ce possible dernier boomer sur Terre. Dans un mélange de registres aussi surprenant que divertissant, le délicieux texte de Morin et de Tremblay jette le blâme du chaos mondial sur le dos des boomers, qui ont tout pris sans rien laisser aux générations suivantes, pas même aux X, ces «vieillards juste un peu plus jeunes».

La pièce prend des allures d’opéra rock, avec l’aide des compositions de Navet Confit, du talent exceptionnel de Philippe Prud’homme au piano et de reprises de chansons prisées par les boomers auxquelles de nouvelles paroles ont été ajoutées. Les références aux idoles de cette génération se succèdent à un rythme fou. La scène de la création spontanée d’un festival pour attirer Douillette, où le groupe parvient à réunir plusieurs éléments susceptibles d’attirer un boomer – un spectacle de Michel Rivard, divers items gratuits –, est tout simplement hilarante.

La force de l’écriture trouve son ampleur dans son humour, la multiplicité de registres, de sous-intrigues (pensons à tous ces clones de Douillette, condamnés à des vies de misère!) et son propos sur les générations qui nous ont précédés, à qui l’on attribue tous les problèmes présents. Désopilante, fort originale et bien menée par les comédiens, totalement investis dans cette enquête impossible, Le clone est triste est un événement signé Théâtre du Futur qu’il serait bête de manquer. 

Au Théâtre Aux Écuries jusqu’au 16 février

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