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Parce que la nuit : un show rock à l'ESPACE GO
Scène

Parce que la nuit : un show rock à l’ESPACE GO

Le spectacle mis en scène par Brigitte Haentjens affiche déjà complet, mais trois supplémentaires ont été ajoutées. Le simple nom de Patti Smith attire du monde, des plus vieux qui ont grandi en écoutant ses albums aux générations d’aujourd’hui qui sont fascinées par son aura rock. Pourtant c’est bien de théâtre qu’il s’agit ici, dans ce spectacle biographique qui revient sur la vie de la chanteuse américaine.

La mise en scène reprend les codes du concert, comme cette entrée en matière qui donne le ton en commençant directement avec une chanson. L’arrivée de la star au rythme de la batterie. Ou cette scénographie très sobre en noir et blanc qui figure simplement une scène, avec les trois musiciens en arrière et des projecteurs qui pulsent au rythme des jeux de lumière. Et les chansons reprises par les comédiens qui entrecoupent le texte, parmi les plus belles de Patti Smith (Dancing Barefoot, Gloria, Because The Night…)

Brigitte Haentjens a mis en scène un concert de rock. Ça dure plus de deux heures, ça hurle, ça se pogne, ça montre ses fesses, ça se roule par terre, ça fout la chair de poule. Elle a monté un concert et l’a bien fait, on s’y croirait – si ce n’est le public, sagement assis dans les fauteuils du Théâtre ESPACE GO. Et puis Patti est là, un peu, incarnée magistralement par la comédienne Céline Bonnier. Elle est blonde et n’a pas le visage émacié ni la silhouette osseuse de la chanteuse, mais sa gestuelle bien travaillée, sa tignasse hirsute et sa rage dans le micro donnent le change.

Dans cette nuit, les deux comédiennes (Bonnier et Leni Parker) portent des Doc Martens, tandis que les hommes (Alex Bergeron, Martin Dubreuil et Dany Boudreault, qui a co-écrit le texte) sont sur santiags et talons, comme un joli clin d’œil à l’androgynie de Patti Smith. Les vêtements des comédiens changent au fil des décennies, passant de la chemise blanche des années 50 à la chemise décolletée aux manches bouffantes des années 70, qui laisseront ensuite place au col-roulé noir.

On suit donc Patti Smith de son enfance dans le New Jersey à son arrivée à New York, on croise Robert Mapplethorpe et Sam Shepard, Allen Ginsberg et le Chelsea Hotel, au fil d’un texte librement inspiré de la vie et de l’œuvre de la femme corbeau. L’anglophone Leni Parker vient apporter une touche anglo-saxonne avec ses répliques et son accent, dans un joli mélange bilingue. Un texte touffu aux nombreuses références, celles des lectures de Patti Smith, qui se voyage comme un trip d’acide.

Brigitte Haentjens aime explorer l’identité féminine. Dans Parce que la nuit, elle étudie les facettes de cette artiste de l’Amérique et de la contre-culture, un peu femme et un peu homme aussi, romantique mais rebelle. Un superbe portrait à cinq voix qui en dessine une, celle, si particulière, de Patti Smith. Une pièce rock’n’roll qui donne envie de replonger dans son album Horses ou son livre Just Kids, pour revivre encore un peu cette folie créatrice.

Parce que la nuit
Jusqu’au 4 avril

Au Théâtre ESPACE GO
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