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Rencontres chorégraphiques : Karine Ledoyen

Rencontres chorégraphiques : Karine Ledoyen

Avant chaque spectacle de sa saison 2019-2020, La Rotonde met les projecteurs sur le travail des artistes qui construisent sa vibrante programmation. Place aux Rencontres chorégraphiques.

Karine Ledoyen est active dans le milieu de la danse contemporaine de la ville de Québec depuis le début des années 2000. Fondatrice de la compagnie Danse K par K, qui célèbre cette année ses 15 ans, elle a produit à ce jour une quinzaine d’œuvres. Reconnue pour la pertinence de sa démarche créatrice et la profonde humanité qui émane de son travail, la chorégraphe s’intéresse à l’interdisciplinarité et se captive pour la fragilité des corps sur scène. Sa dernière production, De la glorieuse fragilité, est une brillante réflexion et célébration de la danse.

Qu’est-ce qui vous a amené à la danse? 

La danse, je le dis souvent, n’a jamais été pour moi une option de carrière parce que je ne savais même pas que c’était possible d’en faire un métier. Venant d’un petit village, je n’ai jamais eu contact avec la danse avant mon changement d’école au secondaire. J’étais sportive à mes heures, mais le sport passe souvent par la compétition, chose qui ne m’intéressait pas tellement.

Et quand j’ai touché à la danse, tout à coup c’est comme si mes deux mondes se sont combinés : le monde physique qui aime être très impliqué avec son corps et le monde artistique, de l’imaginaire. Le fait de pouvoir se mouvoir par une idée ou par une émotion, c’était quelque chose de complètement nouveau qui m’a chamboulée. La danse, je trouvais que c’était la plus belle façon d’occuper l’espace et de s’y déplacer. Je n’ai plus voulu arrêter depuis!

Sur la photo: Elinor Fueter, Ariane Voineau et Karine Ledoyen (Crédit: Antoine Caron)

Être artiste en danse dans notre société actuelle, c’est quoi? 

En tant qu’artistes, peu importe la discipline, je pense qu’on a une responsabilité d’amener des questions dans l’espace public et de chercher un angle qui peut susciter réflexion, nouveauté, débat, contemplation… L’artiste est nécessaire et l’a toujours été. 

Un artiste qui vous inspire?

Il y a tant d’artistes inspirants dans ce monde et je suis toujours heureuse d’en découvrir de nouveaux! Ce sont des créateurs qui m’inspirent pour ce qu’ils produisent, mais aussi pour leur processus de création ou pour les thématiques sur lesquelles ils travaillent.

Par exemple, l’artiste montréalais Patrick Bernatchez pour sa déconstruction du temps et l’ingéniosité de son travail multi. Yoann Bourgeois, chorégraphe français, pour son mélange des disciplines du cirque et de la danse dans un travail scénographique toujours finement développé au service de la chorégraphie. Je pourrais aussi nommer le metteur en scène Romeo Castellucci! Également le collectif Gob Squad pour l’intégration de la vie du quotidien à ses spectacles par d’astucieuses stratégies.

Et plus près de moi, le metteur en scène de Québec Alexandre Fecteau qui m’a inspiré la forme du documentaire pour ma dernière pièce et qui a été ma porte d’entrée pour la création. Et tellement d’artistes ici à Québec qui bouillonnent d’intelligences créatives et sensibles qui m’inspirent de mille façons : Annie Baillargeon, Diane Landry, le collectif L’orchestre d’hommes-orchestres, le collectif Les Incomplètes, Fred Lebrasseur, Émilie Clepper, Harold Rhéaume, Ariane Voineau, Josué Beaucage, Sarah Booth, Ludovic Fouquet et tant d’autres… Je n’ai pas assez d’espace pour tous les citer! 

De la glorieuse fragilité
Du 30 octobre au 1er novembre
Salle Multi de Méduse (591, rue De Saint-Vallier Est)

(Une présentation de La Rotonde)
Billets disponibles ici