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Société

Nomination au Devoir : Tout ça pour ça

Le bouchon de la bouteille de champagne n’a pas fait «pop» à l’annonce de la nomination de Bernard Descôteaux à la direction du Devoir. Au contraire, les journalistes avaient la mine plutôt longue. Il fallait les voir, dans un reportage présenté dans le cadre du Téléjournal de Radio-Canada, vendredi dernier, manifester leur déception «on camera». «Le dynamisme devra venir de la salle», déclarait-on d’un air résigné. On avait le goût d’ajouter: Tout ça pour ça…?

En effet, après des mois de tergiversations donnant lieu aux rumeurs les plus folles, le comité de sélection s’est finalement rabattu (l’expression semble juste) sur celui qui assumait déjà l’intérim depuis le départ précipité de Lise Bissonnette.

On l’a déjà dit, Bernard Descôteaux est un journaliste d’expérience qui connaît très bien Le Devoir, ses bibittes et ses squelettes dans le placard. Il en était le rédacteur en chef depuis huit ans. Un rédacteur en chef efficace et compétent, mais qui ne faisait pourtant pas le poids face à sa bulldozer de patronne, Lise Bissonnette.

Maintenant qu’il est directeur, M. Descôteaux va-t-il soudainement se transformer en dynamo? Les idées vont-elles pleuvoir? Aura-t-il la force de caractère et le panache pour insuffler une énergie nouvelle à cette salle de rédaction qui semble branchée sur un respirateur artificiel depuis quelque temps. Le doute plane.

«Disons qu’on s’attend à autre chose que ce qu’il a montré depuis six mois», lance Robert Dutrisac, président du syndicat des journalistes du quotidien. Bernard Descôteaux a désormais toute la latitude possible pour effectuer des changements, alors on va voir assez vite de quoi il est capable.»

Ceci dit, le journaliste ne cache pas que ses troupes espéraient un changement plus radical à la direction de l’entreprise. «Il est clair que nous souhaitions un renouveau, quelqu’un capable de redynamiser et de renouveler l’entreprise, reconnaît le président du syndicat. Ceci dit, Bernard remplit les critères les plus essentiels, soit la crédibilité et l’expérience journalistique.»

L’interminable processus qui a mené à la nomination du nouveau directeur du Devoir a fait grincer bien des dents. Le douloureux épisode Dubuc (les journalistes du Devoir avaient menacé de sortir dans la rue si l’éditorialiste en chef de La Presse était nommé directeur) illustre à quel point le comité de sélection a mal fait son boulot.

«Je suis déçu pour Alain Dubuc, affirme pour sa part Robert Dutrisac. Cet épisode aurait pu être évité car nous avions déjà avisé le comité de sélection que certains candidats devaient être exclus d’office. Or, ils ont fait à leur tête. Quant à faire appel aux services d’un chasseur de têtes pour établir une liste de candidats potentiels, je ne crois pas que ce soit une bonne idée.» Le syndicat des journalistes du Devoir a d’ailleurs émis un communiqué dans lequel il exprime le souhait que ce mode de sélection soit révisé de fond en comble.

Bernard Descôteaux n’était pas nommé depuis 24 heures que les rumeurs allaient déjà bon train. Les «insiders» affirment que Québec aurait exercé des pressions en faveur de la candidature de Michel Nadeau, vice-président de la Caisse de dépôt, mais cela reste à confirmer. En bout de ligne, Descôteaux a remporté la dernière manche en se montrant plus ouvert à certaines alliances avec des groupes de communications, alliances qui permettraient d’améliorer la santé financière du quotidien. Inutile de dire que cette éventualité, quoiqu’encore très floue, a fait sursauter les journalistes de la salle qui sont, comme tout le monde le sait, hyperjaloux de leur indépendance. «On doit rencontrer Bernard Descôteaux afin de savoir exactement ce que les gens du conseil d’administration ont en tête», précise Robert Dutrisac.

Bref, on devine que M. Descôteaux n’a pas dû célébrer bien longtemps sa nomination. En fait, il va devoir ramer pour d’abord convaincre sa propre équipe qu’il est l’homme de la situation, et, ensuite, remettre Le Devoir sur la carte. Méchant contrat.

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