Société

4 JEUDIS : Appel à la nation

La fin de semaine prochaine, près d’une cinquantaine de collèges du Québec participeront à un quiz du genre Génies en herbe organisé par l’Assemblée nationale. Il s’agit pour les concurrents de répondre à une série de questions judicieuses portant sur le parlementarisme et la vie politique du Québec. Aux organisateurs de l’événement, je suggère quelques questions.

Combien de temps perdent nos députés à s’invectiver stupidement? Quel est le ministre qui essaya de bloquer l’implantation d’une garderie dans son quartier? Qui voulut en venir aux coups avec Christos Sirros il y a quelques mois? Combien de backbenchers lisent le journal en chambre? Combien touche un ministre retraité après quatre ans de vie publique? Qui fut le ministre qui arrondissait ses fins de mois en touchant des bakchichs de la GRC? Quel est le taux d’absentéisme à l’Assemblée nationale? Combien coûte la télédiffusion de ces platitudes? Pourquoi l’insupportable et très mauvaise Liza Frulla n’a-t-elle toujours pas été virée de Radio-Canada?

Inutile de préciser que l’objectif de ce tournoi est de susciter un plus grand respect de nos institutions parlementaires. Une seule école secondaire publique de la région a trouvé le moyen d’y participer, mais au ministère de l’Éducation personne ne semble savoir où elle est située.

Notre chef de l’opposition, Jean Charest, part à l’étranger. Avant l’Angleterre, il passera par Édimbourg alors que l’Écosse sera occupée à se prononcer sur son autonomie politique. Le «fédéraliste» Tony Blair y affronte une formation indépendantiste. Pourchassé par son destin, hanté par sa vocation, habité tout entier par sa mission sacrée qui est celle d’unir les peuples, Jean sera-t-il tenté d’endosser sa tenue de super-héros dans une de ces jolies cabines téléphoniques rouges que nous envions tant aux Écossais? Dors en paix, Tony, Johnny est là…

Avant de tomber le pantalon, composez le 411 ou le 0 dans une des cabines de Bell. Si toutefois l’enregistrement déconne, il y a de fortes chances pour que ce soit une voix mâle qui vienne finalement à votre rescousse. Depuis le début de la grève des téléphonistes et des techniciens, c’est le personnel cadre de Montréal et de Trois-Rivières qui a pris la relève, après deux heures de formation. Or, le personnel cadre de Bell (5500 personnes) compte bien moins de femmes que le 411. Normal, ils ne sont pas tous au bas de l’échelle salariale eux.

Nous regrettons de vous faire attendre… Des apprentis téléphonistes qui s’emmêlent les pinceaux, un service légèrement détérioré pour lequel le client paye toujours, c’est de la mauvaise publicité.

En Amérique, les compagnies de téléphone figurent en bonne place parmi les entreprises que le consommateur préfére haïr. Pourtant, Bell, qui jadis lançait ses spécialistes en communications sur le moindre petit dossier litigieux, se tient singulièrement à carreau durant cette grève. Est-ce une illusion? Il me semble même qu’à la télé on voit moins le gros tas qui danse le mambo pendant que les filles piquettent. Une fort sympathique relationniste média de Bell qui ne se laissera pas aller à la confidence sur les stratégies de l’entreprise admet qu’on réfléchit aux manières de redorer le blason.

Certes, la téléphonie est en pleine mutation et, dans ce secteur, bon nombre de débouchés deviennent rapidement désuets. Prenez l’interurbain. Jean Monty, le patron de Bell, affirme que les tarifs interurbains vont disparaître dans dix ans. Déjà, en janvier 1999, il en coûtait moins cher pour téléphoner d’ici en Angleterre que pour utiliser son cellulaire. C’est Jean Charest qui va être content.

Une anecdote: depuis son avènement en Angleterre, le téléphone n’a jamais eu la vie facile, car chez nos amis anglais, téléphoner inopinément chez son voisin fut longtemps considéré comme une intrusion inacceptable dans la vie privée. Faire sonner le téléphone sans avertir, surprendre un ami dans une position inconfortable, le déranger au milieu de l’ingestion de son porridge relevait de l’ingérence. On préférait donc s’écrire. Et puis la facilité s’est insidieusement installée, et les Anglais ont commencé à s’écrire des lettres concises du genre: Cher ami, je vous appelerai lundi prochain à seize heures trente-quatre…

Je trouvais qu’il y avait quelque chose de totalement indécent à entendre Céline Galipeault parler de son nombril et de ses prolèmes professionels en plein conflit au Kosovo. D’indécent et de dérisoire. On n’avait pas tout vu. Malgré des images plus fortes que dans ses reportages, l’entrevue qu’elle accorda à Stéphan Bureau sur les ondes de sa propre télé virait le cour tellement elle était sucrée.

«Quand on a appris qu’on vous avait bousculée, ça a déclenché une prise de conscience. Une des nôtres était en danger», lance Bureau. Dieu que c’est gênant, cette autopromotion faite sur le dos des réfugiés. Le reste fut à l’avenant, comme ce «merci d’avoir accepté notre invitation.» B’en tiens…

La Ville de Québec a trouvé un moyen original de combattre le bogue de l’an 2000. Au lieu d’adapter ses ordinateurs, elle en a acheté de nouveaux. Coût de l’opération: un demi- million de dollars. Il le fallait. De toute manière, les micro-ordinateurs étaient, semble-t-il, devenus désuets. Ça s’appelle économiser en dépensant. Surveillez le prochain encan municipal.