Société

Ovni, un pilote de ligne parle : Témoin lumineux

Le commandant de bord français JEAN-GABRIEL GRESLÉ s’apprête à atterrir à Montréal, un soir de 1984, quand soudain il distingue un ovni. Depuis ce jour-là, il n’a de cesse de traquer les indices, et… quels indices!

Vous avez dit loufoque?
Comme c’est loufoque…

Une soirée calme de 1984, à Montréal. Il est minuit, le vol régulier Los Angeles-Montréal d’Air France s’apprête à entamer la phase d’atterrissage. Quand soudain le commandant de bord Jean-Gabriel Greslé, 52 ans, aperçoit une traînée lumineuse blanche sur la droite. Le pilote de ligne réagit aussitôt. Un léger virage, et voilà qu’il distingue trois sphères d’aspect métallique soudées les unes aux autres. Un calcul mental rapide lui révèle que ces sphères filent un peu plus vite que son avion, à au moins Mach 3.

Dans les écouteurs, une voix s’adresse au pilote. C’est la tour de contrôle de l’aéroport de Detroit, Michigan, qui appelle: «Qu’avez-vous vu sur votre droite?» Le commandant Greslé fait part de ses observations et apprend au fil de la discussion que deux autres avions de ligne ont vu la même traînée dans le ciel. Après l’atterrissage, il est furieux: «Pourquoi est-ce qu’on ne m’avait jamais prévenu que je pourrais, un jour, croiser de telles choses dans l’espace aérien? C’est la sécurité des passagers qui est en jeu.»

Il décide de prendre l’initiative de rédiger un rapport officiel pour ses supérieurs à Air France, puis réclame une mesure exceptionnelle obligeant à conserver les enregistrements des échos radars et des discussions entre les avions et la tour de contrôle. Il semblerait qu’on lui ait répondu: «Non, pas question.» Bilan: le commandant Greslé n’a aucune preuve de son observation. Le voilà les mains vides, seul avec sa conviction d’avoir croisé un ovni.

«Personne n’est au courant de ça…»
Quinze années plus tard, le pilote de ligne à la retraite parle pour la première fois. Il raconte son étrange expérience à qui veut bien l’entendre. Mais, surtout, il s’avance avec des munitions. Et des munitions en apparence sacrément explosives: «Personne n’est au courant de ça…»

Samedi soir, au Château Bonne-Entente de Sainte-Foy, c’est face à 250 personnes médusées que le commandant Greslé dévoile des documents du FBI longtemps gardés secrets. Des rapports d’agents basés à San Antonio, Texas, datant de 1949 et déclassifiés «confidentiel» en 1977. Ces agents signalent à leurs supérieurs plusieurs observations de «boules vertes» au-dessus d’un lieu dénommé Camp Hood et présenté comme un endroit «vital» pour la sécurité nationale.

Camp Hood, Texas? Inconnu au bataillon, selon Washington. Le commandant Greslé mène son enquête personnelle et découvre ni plus ni moins que «Camp Hood était à cette époque-là le lieu le plus secret des États-Unis car les bombes atomiques américaines y étaient stockées.» Et c’est ainsi que, de fil en aiguille, il découvre que 209 survols mystérieux de bases militaires secrètes et de centrales nucléaires ont été répertoriés par des agents du FBI à travers l’ensemble des États-Unis.

«Les extraterrestres existent…»
Dans la salle, tout le monde est estomaqué. Beaucoup croyaient déjà aux ovnis, et là, ils ont enfin sous les yeux les documents qui montrent l’intérêt particulier du FBI pour les phénomènes aériens inexpliqués. Voire plus que de l’intérêt: si cela se trouve, ils ont peut-être la preuve tangible de l’existence des ovnis et se gardent bien de la révéler au grand jour.

Le commandant Greslé abonde complètement en ce sens: «Les extraterrestres existent: c’est un secret d’État. Il y a des preuves _ des photos, des témoignages éloquents _, mais elles sont dissimulées dans les tiroirs des états-majors. Croyez-moi, on n’est pas près de les voir, ces preuves.»

Il poursuit: «Toutefois, faute de preuve, on a des indices, d’innombrables indices. Je peux vous faire part de ceux que j’ai glânés. Par exemple, j’ai été saisi par la soudaineté de la fin de la Guerre froide. Pas vous? Tous les spécialistes de la politique internationale ont été pris à contre-pied, sur ce coup-là. Ils s’attendaient plutôt à un gigantesque conflit nucléaire. Et puis non, les États-Unis et l’U.R.S.S. ont fait la paix. Pourquoi, subitement, une telle sagesse? D’après moi, les extraterrestres ont proposé un marché aux Américains: "Vous mettez fin à cette périlleuse Guerre froide, et en échange, on vous donne un coup de pouce pour aller sur la Lune." Les Américains ont dit oui.»

Le commandant Greslé a réponse à tout. Il sait même d’où viennent les extraterrestres. Enfin presque… «Certains croient qu’ils sont stationnés à l’intérieur de la Terre, protégés du magma par le métal exotique de leurs vaisseaux spatiaux. Et qu’ils sortiraient d’un trou situé au pôle Nord. C’est ridicule. J’ai survolé plusieurs fois le pôle Nord, j’ai bien regardé, et je peux vous affirmer qu’il n’y a pas de trou. En revanche, ce qui est presque une certitude, c’est qu’ils ont construit des bases sous-marines. Leurs métaux résistent à des pressions telles qu’ils vont à des profondeurs inaccessibles pour nous. Autre avantage de la mer: ils peuvent y circuler à l’abri des radars aériens et sortir au dernier moment pour faire subrepticement leurs observations.»

Des accidents aériens se seraient parfois produits. À l’image de Roswell, dont certaines personnes pensent que l’armée américaine a récupéré une soucoupe volante qui se serait écrasée sur un camp militaire, en 1947: «Selon moi, il s’agit bel et bien d’un signe clair adressé à Washington par les extraterrestres. Ils ont fait crasher exprès une maquette de vaisseau spatial réalisée avec l’un de leurs métaux exotiques, à l’intérieur de laquelle ils avaient déposé des corps de leurs semblables, vraisemblablement pris dans une de leurs morgues. Après une telle preuve, impossible de discuter de l’existence ou non des extraterrestres: Washington s’est retrouvé contraint de reconnaître l’existence, et par la suite la supériorité, de cette puissance extraterrestre.»

Il poursuit: «Je pense que d’autres accidents se sont produits par la suite. Notamment des collisions avec des avions de ligne: des crashs inexpliqués. D’ailleurs, je ne sais pas si vous le saviez, mais on a déjà vu le cas d’un avion disparu dans le ciel par absorption…»

Dans le public, un homme se dresse: «Monsieur, c’est fort intéressant ce que vous nous révélez ce soir. Mais pourquoi, à chaque fois qu’on aborde le sujet des ovnis, il n’y a jamais de preuve scientifique?»

Réponse: «Des preuves scientifiques, les enquêteurs publics n’en ont pas parce qu’ils n’ont pas les moyens pour en récolter. En fait, c’est Washington qui les détient. Les Américains n’en parlent pas parce qu’ils estiment que nous ne sommes pas prêts à recevoir une telle information.»

Le commandant Greslé parle avec éloquence, mais cela n’empêche pas un certain malaise de perdurer: toujours pas le moindre début de preuve, mais exclusivement des suppositions. Une avalanche de suppositions qui ne donnent qu’une information précise, à savoir combien l’imagination de l’être humain peut être fertile.