Société

Secte : Qu’est-ce qu’une secte?

Il n’existe pas de définition officielle concernant les sectes. On en a seulement une image approximative. On se dit, grosso modo, qu’il s’agit d’un groupe de personnes rassemblées autour d’un gourou, lequel, sous couvert de messages religieux, en profite pour manipuler l’esprit de ses adeptes et leur soutirer de l’argent. Et on se trompe…

Le Centre info-ressources des ex-Témoins de Jéhovah, situé à Lévis, donne plus de précisions: «Une secte est un groupe dans lequel on pratique une manipulation mentale par endoctrinement, contrôle de la pensée ou viol psychique. Ceci entraîne une destruction de la personne sur les plans physique (alimentation carencée, manque de sommeil, travail intensif ou refus de soins médicaux), psychique (altération de la personnalité, du comportement ou de l’esprit critique), intellectuel (rétrécissement des champs de connaissances extérieurs à la secte), relationnel (régression des capacités de communication), social (animosité totale envers le système global de la société).»

Il poursuit: «Cela peut aller jusqu’à une destruction de la société, soit en empêchant les adeptes de participer à la vie sociale et culturelle de leur pays, soit en demandant à des adeptes d’infiltrer tous les réseaux de la vie économique et politique. À la base, une escroquerie intellectuelle, morale et financière.»

Pas besoin de gourou ni même de religion
Ainsi, une secte n’est pas forcément un groupement religieux, mais peut très bien être une association qui se présente sous une image new age (très prisée en cette période approchante de l’ère du Verseau), orientaliste (faisant appel à certaines formes de méditation), guérisseuse (pseudo-thérapies révolutionnaires), occultiste (ayant recours à l’astrologie, à la divination ou à la cartomancie), ou encore psychanalytique (par des techniques parapsychologiques prétendant guérir l’inconscient de traumatismes divers). Par ailleurs, la présence d’un gourou en tant que telle n’est pas nécessaire, même si, bien entendu, il existe toujours une ou plusieurs personnes qui tirent un bénéfice direct de l’existence de la secte.

Comment reconnaître alors une secte d’un simple club porté sur le paranormal? La véritable référence vient de France. Le 10 janvier 1996, un rapport parlementaire sur les sectes a été produit par MM. Alain Gest et Jacques Guyard. Ce document, basé notamment sur une enquête des Renseignements généraux (services secrets français), fait date dans la lutte contre les sectes. À défaut de donner une définition précise des sectes, il fournit dix critères d’identification. Si plusieurs de ces critères sont applicables à une association, alors il s’agit d’une secte.

Ces critères sont: «la déstabilisation mentale, le caractère exorbitant des exigences financières, la rupture avec l’environnement d’origine, les atteintes à l’intégrité physique, l’embrigadement des enfants, le discours antisocial, les troubles à l’ordre public, l’importance des démêlés judiciaires, le détournement des circuits économiques et les tentatives d’infiltration des pouvoirs publics.»

Récemment, dans son livre Face aux sectes, le juge français Georges Fennec, président du syndicat indépendant des magistrats républicains, a donné sa définition: «Groupement hiérarchisé autour d’un chef qui, sous prétexte de promouvoir une idéologie ou une croyance, use de contraintes morales ou physiques destinées à asservir ses membres en leur ôtant toute capacité de jugement critique, à des fins d’enrichissement ou de tout autre bénéfice personnel.»