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Médias : The Fear Factor: nez à nez avec un rat

Ici, on est dans le scatologique avec un grand S, la pièce de résistance étant The Rat Pitt (et non Brad Pitt, ce qui aurait pu être agréable), un trou noir dans lequel sera lancée une nuée de rats. Le concurrent qui tiendra une minute à se faire mordiller par ces charmantes petites bêtes pourra passer à l’étape suivante.

À compter de lundi prochain (11 juin, 20 heures, NBC), la reality TV va plonger encore plus bas dans le mauvais goût avec The Fear Factor, une nouvelle émission concoctée par les producteurs de Big Brother.

Le concept n’a rien d’original: on prend une poignée de pauvres types prêts à se faire humilier publiquement pour la modique somme de 50 000 $ US (c’est peu pour ce qu’ils doivent endurer), on leur fait signer un contrat de 40 pages (véridique) et hop! on a une émission de télé qui bouchera un trou les lundis soir d’été.

Si la vue d’une grosse larve blanche bien grasse vous a écoeuré dans Survivor II, The Fear Factor n’est résolument pas pour vous.

Ici, on est dans le scatologique avec un grand S, la pièce de résistance étant The Rat Pitt (et non Brad Pitt, ce qui aurait pu être agréable), un trou noir dans lequel sera lancée une nuée de rats. Le concurrent qui tiendra une minute à se faire mordiller par ces charmantes petites bêtes pourra passer à l’étape suivante. Yé.

Les autres épreuves proposées aux six concurrents (trois hommes et trois femmes) visent toutes à repousser les limites de l’endurance et de la témérité. On leur demandera entre autres de se faire traîner sur une route boueuse par un cheval et de sauter d’un édifice de 12 étages en chute libre. Une petite corde leur permettra d’arrêter à… un quart de pouce du sol! À côté de ça, le bungee ressemble à un divertissement pour gens de l’âge d’or.

On se croirait revenus à l’époque des jeux romains et, pour une fois, on ne peut pas accuser les Américains d’avoir contaminé la planète puisque les concepts des reality shows nous viennent principalement d’Europe. Et si on se fie à un reportage présenté à ABC News récemment, aucun pays industrialisé n’est à l’abri de cette épidémie.

Quelques exemples.

Dans Jail Break, une émission britannique, cinq hommes et cinq femmes sont arrêtés, menottés et conduits en prison. Ils disposent de 10 jours pour s’évader. Le gagnant remporte la somme de 400 000 $. Toujours au pays des Monty Python, on présente une émission à mi-chemin entre Survivor et Candid Camera: des visiteurs sont accueillis dans un hôtel où on les soumet (à leur insu) à des expériences embarrassantes. Tout est filmé, bien entendu.

Au Japon, on pousse la cruauté un peu plus loin. Les Japonais étant maniaques de baseball (qu’est-ce qu’on attend pour encourager leur immigration à Montréal?), on les enferme dans une chambre étroite pendant toute une saison de leur sport préféré. Quand leur équipe perd, on éteint les lumières et on les prive de nourriture. Espérons qu’il n’y ait aucun fan des Expos parmi les concurrents.

Toujours au Japon, où l’humiliation est pratiquement une forme d’art, une autre émission consiste à envoyer une chanteuse pop aux États-Unis. Son défi: décrocher un contrat avec une maison de disques américaine et enregistrer un CD. Sans cela, pas question de revenir au pays.

En Norvège, les producteurs d’un remake de Survivor n’ont peut-être pas compris le principe de base des reality shows, à savoir qu’il faut aligner quelques belles filles et beaux gars, qu’on verra de préférence en maillot de bain. Là-bas, les concurrents sont emmitouflés dans leur parka et doivent se rendre en Arctique. On ne pourra pas les accuser de jouer la carte sexy.

Enfin, un autre jeu scandinave envoie une poignée de chanceux passer des vacances dans les îles grecques. Le concept ressemble à une pub d’American Express: les concurrents-touristes perdent argent et cartes de crédit. Ensuite, ils doivent se débrouiller pour gagner de l’argent et "survivre" dans ces conditions. Bien entendu, certaines concurrentes se verront "obligées" de faire des strip-teases dans des bars pour gagner quelques dollars. Hilarant, n’est-ce pas?

Ceux et celles qui craignaient que la télévision québécoise ne soit balayée par la vague de reality shows peuvent se rassurer: les réseaux de télévision ont tous présenté les grandes lignes de leur prochaine saison aux publicitaires et il n’y a aucun reality show à l’horizon. Le réseau TVA a même retiré Fort Boyard de sa grille-horaire parce que l’émission coûtait trop cher à produire.

On pourrait remplacer Fort Boyard par un nouveau concept. L’émission s’intitulerait Survivre à la concentration. Le point de départ: on suit 10 personnes employées par des compagnies qui oeuvrent dans le milieu des médias. On est témoin de leur congédiement et une caméra les filme pendant qu’elles ramassent leurs objets personnels (elles disposent de 15 minutes pour tout mettre dans une boîte de carton et faire leurs adieux). Ensuite, on assiste à leur recherche d’emploi. Le défi: elles doivent décrocher un poste dans une entreprise n’ayant AUCUN LIEN d’affaires avec la compagnie qui les a congédiées. Bonne chance! Le gagnant ou la gagnante remporterait une bourse de 100 000 $, gracieuseté de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

La liste des concurrents risque d’être longue…