

La zoothérapie : Thérapie à poils
La zoothérapie a gagné une place importante dans les pratiques thérapeutiques. De nombreux psychologues font désormais appel aux animaux lors de leurs interventions. Portrait d’une pratique qui s’avère plus qu’une simple tendance.
Patrick Caux
La pratique de la zoothérapie est relativement récente. Les premières traces d’utilisation des bêtes dans un contexte thérapeutique remontent à la fin de la Seconde Guerre mondiale. À ce moment, dans les centres de réadaptation pour les blessés de guerre, on a l’idée d’utiliser des animaux pour tenir compagnie aux convalescents qui s’ennuient.
À la fin des années 50, le psychologue américain Boris Levinson est le premier à décrire le rôle de catalyseur social joué par l’animal. Dès lors, il a l’idée d’intégrer des animaux à ses séances de thérapie et d’utiliser ces derniers comme outil thérapeutique complémentaire.
Valérie Gosselin, directrice de la Clinique Amis-Maux, qui se spécialise en thérapie avec des bêtes, explique que la zoothérapie comprend aujourd’hui deux axes principaux: " D’une part, on utilise les animaux comme moyen de compassion avec des gens qui se sentent seuls. Leur présence joue alors un rôle de soutien et de réconfort moral. D’autre part, on se sert des animaux comme outil thérapeutique. Ils deviennent des médiateurs qui permettent d’établir un lien de confiance entre les patients et les thérapeutes pendant les séances."
À l’Institut français de zoothérapie, on rappelle qu’il ne faut pas tomber dans le piège étymologique du nom. Bien sûr, zoo veut dire "animal" et therapeia signifie "cure". "Mais la zoothérapie ne guérit pas, insiste-t-on. Elle n’est pas une médecine." Même son de cloche chez Valérie Gosselin: "C’est vrai que l’animal n’est pas là pour guérir directement. Il joue plutôt un rôle de "lubrifiant social". Des tests ont montré que les gens se calment lorsqu’ils flattent un animal. Leur rythme cardiaque ralentit; leur pression baisse. La présence de l’animal les met donc dans un état de disponibilité pour la thérapie."
Pour les psychologues, les animaux peuvent être intégrés à des thérapies dans de nombreuses situations. "Les animaux ne jugent pas, remarque Valérie Gosselin. Leur utilisation est donc particulièrement pertinente dans les cas de rejet, d’agression sexuelle, chez les victimes de violence ou de dépression."
Il n’y a pas que les psychologues qui font appel à la zoothérapie. De plus en plus d’ergothérapeutes s’en servent pour développer la micro-motricité et la préhension chez leurs patients. Même certains orthophonistes utilisent désormais la présence d’un animal lors des évaluations des troubles du langage. En les mettant en contact avec des animaux, on arrive parfois à faire parler des enfants qui seraient normalement demeurés muets.
Il ne faut pas voir la zoothérapie comme une mode passagère. L’important est de la prendre pour ce qu’elle est: un outil de plus dans l’arsenal des méthodes thérapeutiques. Si l’avenue vous intéresse, il suffira d’évaluer la pertinence de son utilisation en compagnie d’un thérapeute.