Jour de la Terre : Un 22 avril sur Terre
Société

Jour de la Terre : Un 22 avril sur Terre

Le 22 avril, le Jour de la Terre sera célébré par un demi-milliard de terriens. Profitons-en pour faire un bilan: où en est le mouvement environnemental?

C’était en 1970. L’année d’Apollo 13, de Love Story, de la mort de Jimi Hendrix et de Janis Joplin. Un sénateur démocrate de l’État du Wisconsin, Gaylord Nelson, lançait une journée nationale de protestation pour "secouer l’establishment politique et mettre les enjeux environnementaux à l’agenda". Il s’attendait à ce que quelques centaines de milliers d’écolos répondent à son appel. Ils ont été 20 millions. Certains manifestants ont abandonné des canards souillés de pétrole aux portes du Département de l’Intérieur. D’autres ont traîné un filet rempli de poissons morts sur Fifth Avenue, New York, en scandant: "Ce pourrait être vous!" Le premier Jour de la Terre était né.

Quelques mois plus tard, cette grande mobilisation menait à la création de l’Environmental Protection Agency (EPA), sorte de ministère de l’Environnement états-unien. Tenu le 22 avril depuis 36 ans, le Jour de la Terre est devenu mondial en 1990. Aujourd’hui, 500 millions de personnes, dans 184 pays, participent chaque année à la fête de la planète.

LE VERT EN 2006

Le mouvement environnemental en a fait du chemin depuis le temps du flower power. "Quand on a commencé à faire la promotion de l’achat local, du commerce équitable et de l’agriculture biologique, on parlait à des gens qui avaient une pensée plutôt radicale qui ne s’insérait pas dans le grand public, dit le coordonnateur général d’Équiterre, Sidney Ribaux. Maintenant, on entend parler de ces enjeux-là partout."

Désormais, les enfants grandissent avec un bac à recyclage, des José Bové défendent l’agriculture paysanne, des Richard Desjardins veulent protéger les forêts, des Laure Waridel promeuvent le café équitable, des Hubert Reeves prédisent la fin de l’humanité si rien n’est fait. Des ONG font de la sensibilisation populaire, des entreprises adoptent des normes environnementales, des protocoles de Kyoto entrent en vigueur.

Dans les médias comme dans l’opinion publique, l’intérêt pour la chose environnementale est drôlement plus vif qu’à l’époque où l’on fumait dans les hôpitaux. Selon un récent sondage mené par le Centre de recherche et d’information sur le Canada, la protection de l’environnement serait même devenue la priorité numéro un des Canadiens.

"Il y a 10 ans, ajoute Sidney Ribaux, on faisait des présentations sur les changements climatiques devant une quinzaine de personnes dans un sous-sol d’église. L’automne dernier, on a organisé une conférence avec Hubert Reeves et David Suzuki devant 3400 personnes. Et les billets étaient vendus!"

Autre évolution: l’image des environnementalistes. Le cliché de l’écolo barbu au poncho de chanvre appartient à un autre siècle. "Avant, les écolos étaient perçus comme des fanfarons, des fous, soutient Diane Croteau, directrice des communications du Jour de la Terre au Québec. La perception sociale a subi une amélioration depuis."

"Les environnementalistes ne sont pas tous des radicaux qui s’attachent aux arbres!" ajoute Sidney Ribaux. Au sein de l’organisme Équiterre, on trouve des spécialistes venant de différents domaines: des diplômés en droit, en économie, en sciences politiques, en agronomie…

MOINS DE CONTESTATION, PLUS DE PLAISIR

Suivant l’évolution du mouvement vert, le Jour de la Terre s’est forcément adapté. Désormais, cette journée sert moins à alerter l’opinion publique qu’à inviter la population et les gouvernements à passer aux actes. "Sur la question des changements climatiques, par exemple, il y a unanimité, dit Sidney Ribaux. Ce que l’on attend maintenant, c’est que nos gouvernements agissent!"

Au-delà de la mobilisation, le Jour de la Terre est aussi une vaste célébration. Car la simple dénonciation a ses limites; les discours moralisateurs aussi. Dans le mouvement vert, il y a un volet "plaisir" dont on parle rarement. "Les gens n’aiment pas se sentir coupables, estime Diane Croteau. Il y a une dimension sociale au développement durable qui comprend le bien-être de l’humain. Si l’on est dépressif dans un environnement sain, ce n’est pas une grosse évolution!"

K, qui se définit comme une "écocommunicatrice", incarne bien ce renouveau "optimiste" du mouvement écolo. "Si l’on veut que les choses bougent plus vite, dit-elle, il va falloir introduire le plaisir à l’engagement environnemental." En tant que porte-voix du Jour de la Terre, la jeune femme de 30 ans refuse de porter le titre d’environnementaliste. "Comme je me brosse les dents chaque jour, dit-elle, j’ai simplement intégré l’environnement dans mon quotidien comme une forme d’hygiène personnelle."

Pour K, l’heure est à l’action. "Il y a comme une pollution de mots autour de l’environnement, une surutilisation du rationnel. Les statistiques sont là, est-ce qu’on a vraiment besoin d’en avoir d’autres pour être convaincus? Personnellement, je suis assez nourrie pour passer à l’action."

L’écocommunicatrice a organisé le spectacle du Soir de la Terre (22 avril, au Club Soda). "C’est d’abord un party, dit-elle. Le but, c’est de rassembler des gens des quatre coins du Québec et d’avoir du fun!" Pour attirer une "biodiversité" de spectateurs, elle a invité une "biodiversité" d’artistes, dont Guy A. Lepage, Stéphanie Lapointe, Tomás Jensen, Gregory Charles et Louise Forestier. "Je veux prendre les gens au son, dit K. Si ceux qui assisteront au spectacle sont capables de jouer 40 notes en ce qui concerne les transports écologiques, par exemple, je veux leur dire comment jouer les deux notes suivantes."

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OÙ CÉLÉBRER?

Des activités pour le Jour de la Terre sont organisées partout au Québec. Voici nos choix pour Montréal. Pour chacun des événements, des renseignements détaillés se trouvent dans le site du Jour de la Terre au www.jourdelaterre.org

LE SOIR DE LA TERRE

22 avril, 20h, au Club Soda

Spectacle-bénéfice organisé par Équiterre, en collaboration avec Greenpeace. L’événement se veut écolo; une "biodiversité" d’artistes sur scène.

LE JOUR DE LA TERRE AU MUSÉE

22 avril, de 13h à 16h, au Musée des beaux-arts de Montréal

À l’aide de matériaux récupérés, on crée une oeuvre fantaisiste. Et c’est gratuit!

CÉLÉBRONS LE JOUR DE LA TERRE AU MUSÉE

22 avril, 14h et 15h30, au Musée d’art contemporain de Montréal

Deux ateliers de création et deux visites commentées de l’exposition Anselm Kiefer – Ciel et Terre.

MARCHE CONTRE LA PRIVATISATION D’UNE PARTIE DU PARC DU MONT ORFORD

22 avril, à 13h30, départ à la Place du Canada (coin Peel et René-Lévesque)

Une marche organisée par SOS Parc Orford.

COLLOQUE DU RQSV

22 et 23 avril, toute la journée, au 3200, avenue Jean-Brillant, Université de Montréal

Le colloque annuel du Réseau québécois pour la simplicité volontaire. Des rencontres autour des thèmes du bonheur et de l’environnement.

ÉCHANGE DE LIVRES

22 avril, de 10h à 15h, à l’entrée du Parc Lafontaine

Donnez une nouvelle vie à vos vieux bouquins: échangez-les!

TROC-TES-TRUCS VILLERAY

23 avril, de 12h30 à 16h30, au Centre des loisirs communautaires Lajeunesse, à Villeray

Échange de biens divers: vêtements, jouets, accessoires. Une activité pour toute la famille avec de l’animation, de la musique, des jeux et du maquillage pour les enfants.

E=MC2, DANSE-O-THON, À LA CABANE À SUCRE ÉLECTRONIK

29 avril, de 13h à 23h, à l’érablière Constantin Grégoire, Saint-Esprit

Dix heures de danse dans une érablière, avec cinq DJ invités. Un service d’autobus est offert. Départ à midi du Parc Lafontaine.

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