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Société

Shannon Walsh : Ode au cinéma direct

Le 5 septembre 1962, Hubert Aquin conviait des amis réalisateurs à filmer le quotidien des résidents du quartier Saint-Henri. Presque 50 ans plus tard, Shannon Walsh a repris l’exercice.

Cette fois, c’est le 26 août 2010 qu’une dizaine de documentaristes ont pris d’assaut le quartier ouvrier de Montréal. Première journée d’école, simple flânerie au café du coin ou chasse aux vers de terre, autant d’histoires qui s’entremêlent dans le quotidien d’une même communauté. Chef d’orchestre attitrée, Shannon Walsh a rassemblé ces bribes de réalité pour en faire une oeuvre homogène et non un collage de courts-métrages. "Personne n’a triché, on a tous filmé en respectant la contrainte de 24 heures, aucune image n’a été tournée à un autre moment", précise la réalisatrice.

Outre son coup de foudre pour le secteur, Shannon Walsh avait envie d’un projet plus local après son très international H2Oil sur les impacts des sables bitumineux. "Je voulais faire quelque chose de plus proche, qui répond à la question: où est l’espace de résistance dans nos vies quotidiennes?" C’est un peu pour cette raison que la portion plus bourgeoise du quartier Saint-Henri est laissée de côté dans le film. "On était intéressés de voir comment les gens vivent leur quartier quotidiennement. La plupart des gens qui habitent les condos luxueux quittent Saint-Henri durant le jour. Et honnêtement, peut-être qu’aucun réalisateur n’avait envie de filmer quelqu’un devant son ordinateur toute la journée!"

Créer en communauté

Le processus de réalisation en communauté est presque aussi intéressant que le résultat en soi. "J’ai choisi des réalisateurs et non seulement des caméramans. Je voulais vraiment sentir leur vision." Trois équipes de tournage ont capté les réalisateurs (Anaïs Barbeau-Lavalette, Sylvain L’Espérance, Claude Demers, etc.) en action pendant cette journée. Un documentaire de tournage sera aussi diffusé sur le site de l’ONF qui produit À Saint-Henri, le 26 août avec Parabola Films.

Même si le documentaire se veut un hommage au long-métrage d’Hubert Aquin, la nouvelle génération de réalisateurs est critique face à l’original. "Nous avons beaucoup discuté de la façon dont le film avait été monté en 1962, avec la narration de Jacques Godbout. On avait l’impression que les réalisateurs regardaient un peu leurs sujets de haut. Nous, on voulait être à la même hauteur que nos personnages." Les cinéphiles pourront constater eux-mêmes la différence puisque le Cinéma Parallèle projettera le premier film, À Saint-Henri le cinq septembre, du 20 au 23 mai.

À Saint-Henri, le 26 août
À l’affiche dès le 20 mai au Cinéma Parallèle
www.onf.ca

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Collage impressionniste, À Saint-Henri, le 26 août est un film dans la pure tradition du cinéma direct avec une sérieuse contrainte de temps. Ce désir d’authenticité des réalisateurs a toutefois le défaut de sa qualité chez les personnages qui, eux, n’ont que 24 heures pour s’habituer à la présence de la caméra. En résultent quelques scènes où le naturel est moins au rendez-vous. Le film prendra toutefois encore plus de valeur lorsque les deux autres volets de la trilogie seront terminés. Le prochain quartier visé par la réalisatrice est situé en Afrique du Sud. Si tout va bien, il devrait s’intituler À Durban, le 11 janvier 2012.

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