Ne manquez rien avec l’infolettre quotidienne.
Ces artistes qui ont sculpté 2018
Société

Ces artistes qui ont sculpté 2018

Coup d’œil à celles et ceux qui ont marqué l’année de leur talent, tant en cinéma et en musique qu’en danse et en théâtre. Des personnalités qu’on se promet de surveiller de près dans les mois à venir. 

Loud (Crédit: William Fradette)
Loud (Crédit: William Fradette)

LOUD

Rappeur

Il a atteint les plus hauts sommets sans un sourire ni une perle de sueur au front, cultivant une dégaine nonchalante, un flow décontracté qui s’agence si bien à son image publique. Pourtant, un travailleur acharné se cache forcément derrière cette poker face qui aura su faire danser toutes les femmes et se tailler une place de choix sur les ondes hertziennes sans s’aliéner les plus fins connaisseurs du rap québ. Les mots d’Une année record, son premier album solo, se seront avérés prémonitoires à bien des égards, lui permettant de briller chez nous et par-delà l’Atlantique. Ce 31 mai, Loud entrera dans l’histoire et sera le premier MC québécois à se produire en tête d’affiche dans le vaste Centre Bell. Un second long-jeu serait, d’ailleurs, déjà en chantier. (C. Genest)

Marguerite Bouchard (Crédit: Fred Gervais Dupuis)
Marguerite Bouchard (Crédit: Fred Gervais Dupuis)

Marguerite Bouchard

Actrice

On l’a remarquée dans des séries télé d’envergure ces dernières années (19-2District 31), mais la jeune comédienne de 18 ans a fait un saut au grand écran cette année en donnant vie avec aplomb au rôle principal dans Charlotte a du fun. Pour mieux relever ce défi, elle retrouvait une mentore, la comédienne et réalisatrice Sophie Lorain, qui l’avait dirigée il y a quelques années dans Nouvelle adresse. Si le film était celui de l’émancipation d’une jeune femme, l’actrice, elle, semble aussi s’être affranchie dans ce rôle frais et réaliste. Elle porte Charlotte sur ses épaules dignement. On peut suivre Marguerite Bouchard dans la troisième saison des aventures de Marc-en-peluche à Télé-Québec. Et on lui souhaite d’autres beaux défis cinématographiques en 2019. (V. Thérien)

Olivier Arteau (Crédit: Annie Éthier)
Olivier Arteau (Crédit: Annie Éthier)

Olivier Arteau

Metteur en scène et auteur

Son nom circule dans le milieu théâtral depuis la création de l’audacieux Doggy dans Gravel. On attendait donc avec impatience sa nouvelle œuvre Made in Beautiful (Belle Province), présentée au début de l’année, revisitant l’histoire du Québec à travers le quotidien d’une famille pour le moins chaotique. 2019 débute de manière grandiose pour Olivier Arteau, alors qu’il entre dans la cour des grands avec sa toute première mise en scène au Trident. Poussant l’exploration au paroxysme, le créateur ira jusqu’à s’emmurer à l’intérieur du Grand Théâtre de Québec pendant 31 jours pour se plonger dans l’isolement et la marginalité de l’indomptable Antigone. Parions que le résultat de cette démarche peu commune saura marquer l’imaginaire des spectateurs au printemps prochain. (É. Rioux)

Hubert Lenoir (Crédit: John Londono)
Hubert Lenoir (Crédit: John Londono)

Hubert Lenoir

Auteur-compositeur-interprète

Personne ne tombera en bas de sa chaise en retrouvant ce nom sur cette liste. Il y a d’abord eu la sortie du sublime Darlène en février, cet opéra rock qui nous a charmés avec sa pop rock jazzée et son éclectisme assumé. Ensuite, il y a eu la rencontre du public de La Voix avec cet artiste foudroyant et épanoui, mais provocant et polarisant pour d’autres. Puis, les nombreux spectacles à guichets fermés au Québec et en Europe, une performance mémorable dans son patelin au Festival d’été de Québec, et les innombrables récompenses (Espoir FEQ, prix Félix-Leclerc, finaliste au prix Polaris; Album de l’année, Révélation de l’année et Chanson de l’année au dernier Gala de l’ADISQ) qui confirment la consécration d’un nouveau venu rafraîchissant et dont l’année 2019 ne passera certainement pas inaperçue. (F. Gionet)

Lévi Doré (Crédit: Kelly Jacob)
Lévi Doré (Crédit: Kelly Jacob)

Lévi Doré

Acteur

Révélé à la télévision dans Au secours de Béatrice et au théâtre dans La divine illusion, Lévi Doré vient de connaître son année charnière grâce à son premier rôle dans La chute de Sparte, film adapté d’un roman de Biz dont l’histoire est centrée autour d’un adolescent renfermé qui doit apprendre à s’affirmer. «J’ai vécu mon secondaire 5 en même temps que je tournais le film! C’est un rôle qui m’a vraiment beaucoup apporté sur le plan émotif», révèle l’acteur de 17 ans, encore enthousiaste par rapport à cette expérience de tournage dont il avoue ne pas avoir assez profité. En vedette dans la série Plan B cet automne, Doré admet avoir «hâte de décrocher un nouveau rôle au grand écran» et, d’ici là, il s’apprête à relever deux beaux défis en 2019: un rôle dans la pièce Mauvais goût de Stéphane Crête à L’Espace libre et un autre dans l’émission jeunesse Clovis (une nouvelle mouture de Conseils de famille) à Télé-Québec. (O. Boisvert-Magnen)

24 préludes de Chopin (Crédit: Marie Chouinard)
Les 24 Préludes de Chopin (Crédit: Marie Chouinard)

Marie Chouinard

Chorégraphe

2018 marquait 40 ans de création pour la célèbre danseuse québécoise, ainsi que les 25 ans de son Sacre du printemps, sa première œuvre conceptualisée à partir d’une partition musicale. Cette année plutôt chargée pour la chorégraphe a commencé avec une tournée canadienne, avant de mettre le cap sur l’Europe pour une longue tournée estivale. Fin juin, Marie Chouinard présentait notamment sa nouvelle œuvre Solos et duos au Festival international de danse contemporaine de la Biennale de Venise puis au Festival ImPulsTanz à Vienne. De retour au Québec, la compagnie clôt l’année en beauté en présentant début décembre un programme double à L’Usine C, avec deux de ses plus grands succès: Les 24 Préludes de Chopin et Henri Michaux: Mouvements. (M. Pâris)

Fria Moeras (Crédit: Catherine Genest)
Fria Moeras (Crédit: Catherine Genest)

Fria Moeras

Auteure-compositrice-interprète

Nouvelle membre du Pantoum et disciple de Mac DeMarco, l’auteure-compositrice Fria Moeras nous a chavirés avec son rock décousu et sa prose sensible, déployés à merveille dans La peur des animaux, premier EP indépendant qui a vu le jour en avril. Une assurance indéniable, des textes bien ficelés, des mélodies accrocheuses teintées de cuivres et de cordes: tous les ingrédients y sont pour que Moeras se fraie un chemin parmi les artistes locaux les plus influents de sa génération. On garde donc un œil attentif sur la jeune de femme de 20 ans, qui lancera par ailleurs sa propre maison de disques avec sa collègue Mélodie Spear en 2019. (F. Gionet)

Steve Gagnon (Crédit: Jean-François Lemire)
Steve Gagnon (Crédit: Jean-François Lemire)

Steve Gagnon

Acteur, metteur en scène et auteur

Dix ans après sa sortie du Conservatoire d’art dramatique de Québec, le comédien et dramaturge s’impose plus que jamais dans les théâtres québécois. Au printemps, il signait, avec Frédéric Bélanger, une adaptation jouissive du classique Songe d’une nuit d’été au Théâtre Denise-Pelletier. Il a ensuite enchaîné les représentations de sa pièce Fendre les lacs au Centre national des Arts d’Ottawa, et de son puissant solo nommé Os, la montagne blanche au Périscope à Québec. Quelques mois plus tard, il remportait le prix Marcel-Dubé de l’Académie des lettres du Québec pour le texte de cette pièce. En avril 2019, il signera Harmattan au Théâtre Denise-Pelletier avant de prendre part à la grande fête de la poésie Je me soulève, au Trident. Nul doute que la prochaine année sera aussi fiévreuse que son corpus.  (V. Thérien)

Jeremy Dutcher (Crédit: Matt Barnes)
Jeremy Dutcher (Crédit: Matt Barnes)

Jeremy Dutcher

Auteur-compositeur-interprète

En remportant le prix Polaris 2018, remis au meilleur album canadien par un jury composé de journalistes musicaux, l’artiste originaire du Nouveau-Brunswick a parlé d’une «renaissance autochtone». Il n’a pas tort si l’on considère que quatre lauréats récents du Polaris ont des origines autochtones. Les œuvres d’artistes autochtones seraient donc de plus en plus remarquées et encensées. Wolastoqiyik Lintuwakonawa est le titre de cet album de Jeremy Dutcher qui a marqué l’année. Le ténor a fait un travail artistique remarquable en puisant dans les mélodies traditionnelles de sa nation Wolastoq pour créer une série de pièces élégantes. Il faudra le voir (ou le revoir) sur scène en 2019 puisque son spectacle prend du galon: l’artiste est désormais accompagné d’un percussionniste, d’un claviériste et d’un violoniste. (V. Thérien)

Sophie Dupuis (Crédit: Patrick-Joseph Dufort)
Sophie Dupuis (Crédit: Patrick-Joseph Dufort)

Sophie Dupuis

Réalisatrice et scénariste

Rarement un film québécois a eu une aussi belle histoire de bouche-à-oreille que Chien de garde. Sorti en mars, le film a captivé les publics avec son portrait saisissant d’un noyau familial violent. Le long métrage récoltait huit nominations au Gala Québec Cinéma en mai. Les performances magnifiques de Théodore Pellerin et de Maude Guérin ont été soulignées. Et cerise sur le sundae: Chien de garde a été sélectionné pour représenter le Canada aux Oscars dans la catégorie Meilleur film en langue étrangère. Avec le court métrage Faillir en 2012, qui traitait avec délicatesse d’un désir impossible entre un frère et une sœur, on avait repéré chez Sophie Dupuis un talent rare. La voilà maintenant sur une belle lancée. Pour son deuxième long métrage, Souterrain, elle s’invitera chez les mineurs dans sa patrie natale de l’Abitibi. (V. Thérien)

Édith Patenaude (Crédit: Eva-Maude TC)
Édith Patenaude (Crédit: Eva-Maude TC)

Édith Patenaude

Metteure en scène

Bien qu’on l’ait d’abord connue comme comédienne, elle multiplie maintenant les projets à titre de metteure en scène et de directrice artistique au sein des Écornifleuses, sa compagnie de théâtre. L’année 2018 a d’ailleurs été marquée par les représentations de l’audacieuse pièce Titus. Présentée dans le cadre de la saison du Théâtre Périscope, cette relecture féministe d’un texte des plus sanglants du répertoire shakespearien a ébranlé plusieurs conventions et provoqué bien des discussions. Toujours soucieuse de mettre l’identité féminine de l’avant sur scène, Édith Patenaude signera en janvier la mise en scène et la traduction de Rotterdam, une production de La Bordée qui aborde l’épineuse question de l’identité sexuelle.  (É. Rioux)

Fouki (Crédit: William Arcand)
Fouki (Crédit: William Arcand)

Fouki

Rappeur

Plusieurs parlent de l’année Loud, mais il ne faudrait pas oublier l’ascension fulgurante de ce rappeur montréalais de 21 ans. FouKi est devenu le chouchou du rap québ après la parution de son premier album en avril. Son flow souple et chaleureux, posé sur les productions éclatantes et organiques de QuietMike, résonne encore dans nos oreilles. Celui dont les textes gravitent autour du cannabis et du chilling entre amis a notamment mené les nominations au GAMIQ, en plus de retrouver son nom dans la liste des meilleurs albums hip-hop de l’année au dernier gala de l’ADISQ. Après un premier spectacle à guichets fermés en décembre, le rappeur le plus zay du Québec reviendra à la Salle Multi de Québec pour une supplémentaire le 19 janvier, puis sera de passage à Saint-Hyacinthe et Sherbrooke. (F. Gionet)

Pascal Plante (Courtoisie)
Pascal Plante (Courtoisie)

Pascal Plante

Réalisateur et scénariste

En 2018, le cinéaste originaire de Québec Pascal Plante nous proposait l’un des meilleurs films québécois de l’année, Les faux tatouages. «Fuck les films romantiques!» lisait-on sur l’affiche du film à sa sortie en salle l’hiver dernier. Son histoire de jeunesse et d’amour est rugueuse mais tendre, sur fond de musique punk-métal et de Sèche tes pleurs de Daniel Bélanger (oui, oui!). Ce premier long métrage de Plante a fait bien du chemin, se rendant jusqu’aux publics de Slamdance (États-Unis) et de la Berlinale (Allemagne). En entrevue avec nous cette année, le comédien Anthony Therrien – qui incarne Théo – soulignait avec raison l’excellence des dialogues réalistes du scénario de Plante, et mentionnait par le fait même que le réalisateur avait laissé aux acteurs beaucoup de liberté. On suivra son prochain projet de près. (V. Thérien)

Ariane Bellavance-Fafard (Crédit: Andréanne Gauthier)
Ariane Bellavance-Fafard (Crédit: Andréanne Gauthier)

Ariane Bellavance-Fafard

Actrice

Diplômée du Conservatoire d’art dramatique de Québec depuis à peine deux ans, Ariane Bellavance-Fafard se démarque du lot par son omniprésence. Flamboyante au Beu-Bye (la revue de fin d’année du Théâtre de La Bordée), elle a aussi remporté le prestigieux prix Nicky-Roy pour son travail d’interprétation dans la pièce Une bête sur la lune, présentée sur la même scène. Après avoir passé la fin de l’automne sur les planches, au sein de la distribution de La fille qui se promène avec une hache, la jeune comédienne se prépare pour une année 2019 tout aussi effervescente. Toujours sur la scène de la Bordée, elle incarnera la comtesse Ebba Spare dans Christine, la reine-garçon, pièce primée de Michel Marc Bouchard. À surveiller en avril. (É. Rioux)

Les Louanges (Crédit: Jean-François Sauvé)
Les Louanges (Crédit: Jean-François Sauvé)

Les Louanges

Auteur-compositeur-interprète

«On ira faire un tour de char dans ma Tercel 96»: cette phrase, tirée du refrain de l’excellente trame pop jazzée Tercel, a donné le ton à l’année de Vincent Roberge, alias Les Louanges. Ce jeune homme originaire de Lévis – maintenant basé à Montréal – transcende les genres avec ses compositions minimalistes qui donnent à la fois dans le rap et le jazz. Une offre musicale complexe et panachée, bonifiée par des textes autobiographiques que l’on retrouve sur son premier album La nuit est une panthère, paru sous l’étiquette Bonsound en septembre dernier. Roberge assurera la première d’Ariane Moffatt à l’Impérial Bell le 22 mars. (F. Gionet)

Alan Lake (Crédit: Catherine Genest)
Alan Lake (Crédit: Catherine Genest)

Alan Lake

Chorégraphe et plasticien

Le créateur multidisciplinaire Alan Lake est loin d’être une figure ordinaire de la danse contemporaine. Peu importe le projet chorégraphique, il repousse les limites de l’extraordinaire et développe chaque fois des concepts esthétiques provocateurs. Avec Le cri des méduses, présenté entre les murs du Grand Théâtre de Québec au printemps dernier, Alan Lake célébrait à la fois la matière et le corps avec un objet scénique situé à la frontière de la danse et des arts visuels. Fort du succès du spectacle, le chorégraphe-scénographe poursuivra cette année sa démarche symboliste dans la création de Gratter la pénombre, où des collaborateurs de longue date composeront sur scène une série de portraits quasi mythologiques qui promettent de fasciner une nouvelle fois le public. Du 7 au 16 février à la Maison pour la danse de Québec. (É. Rioux)

Matt Holubowski (Courtoisie)
Matt Holubowski (Courtoisie)

Matt Holubowski

Auteur-compositeur-interprète

La dernière année n’a pas été de tout repos pour Matt Holubowski. En plus de participer à des festivals de renom comme Osheaga, le Festif! et, surtout, Bonnaroo, l’auteur-compositeur-interprète a décroché un disque d’or (40 000 exemplaires) pour Solitudes, un deuxième album acclamé par la critique. «Je sais que c’est censé être une mesure de commercialisation, mais je le vois plutôt comme: “Il y a 40 000 personnes qui ont écouté des trucs que j’ai composés en boxer dans ma cuisine!”… C’est assez fou», nous confie l’artiste, rejoint par courriel durant ses vacances à Cracovie. Sur le point de reprendre la route pour deux spectacles au Théâtre Corona à Montréal (les 13 et 14 décembre) et une mini-tournée canadienne avec Dan Mangan, Holubowski ne se met pas de pression pour la suite des choses. «Je ne suis pas pressé. Les gens sont souvent motivés à surfer sur la vague, mais ça ne m’intéresse pas trop, à moins que j’aie de quoi de débile à dévoiler très rapidement… chose dont je doute.» (O. Boisvert-Magnen)

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie