Soirée exquise avec Lou Doillon
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Soirée exquise avec Lou Doillon

Il faisait un temps de merde à Sherbrooke hier soir. La rue Wellington était remplie de slush, comme si Dame Nature souhaitait tester l’imperméabilité de nos bottes d’hiver. Toutefois, à l’intérieur du Théâtre Granada, y régnait une ambiance feutrée et chaleureuse, comme une belle soirée d’automne. Vivement la présence de Lou Doillon pour combattre la grisaille extérieure.

Réglons tout de suite le dossier Charlotte versus Lou. Pour ceux et celles qui ne connaissaient pas le lien familial qui les unit, Charlotte Gainsbourg et Lou Doillon partagent la même extraordinaire maman, soit Jane Birkin. Doillon est certes beaucoup plus expressive que sa demi-soeur qui m’a profondément déçue il y a de cela quelques années à l’Olympia. Lorsque Doillon chantait ou grattait sa guitare, elle se déhanchait et faisant des mouvements de bras au rythme des mélodies magistralement jouées par ses quatre musiciens. Chaque mot et chaque mouvement étaient ressentis, inspirés. Et que dire de sa voix qui, sur scène, est encore plus brute et touchante que sur disque. Wow.

Les gens présents au Théâtre Granada ont eu droit à près de 90 minutes de pur bonheur, où une bonne partie de son spectacle fut réservée à l’excellent album Lay Low paru en octobre dernier.

Lorsqu’elle interagissait avec la foule, elle était sincère, humble, rigolote. Parmi les échanges mémorables avec la foule, cette invitation à se lever de nos places attitrées du Théâtre Granada : « Je suis honorée d’être ici, c’est très beau, même trop beau. Je vous dis mes préférences, vous faites que ce vous voulez. J’aime quand les gens font des mouvements de bras. Frenchez-vous aussi, ce serait top. En fait, faites tout ce que vous voulez mais ne gonflez pas vos voisins.  »

Ou lorsqu’elle raconte l’inspiration derrière la pièce So Still: “Lorsque je rencontrais des gens posés, sains, bienveillants, ça me rendait complètement dingue. Ce n’est pas normal mon truc. J’étais confrontée à un tel état de bienveillance que j’avais envie d’étrangler les gens. Heureusement que j’ai une guitare.”

En guise de conclusion musicale, Lou Doillon a invité la foule à collaborer sur Weekender Baby, en agissant à titre de chef d’orchestre des fans qui chantaient des « Mmm mmm » tout en douceur comme une jolie berceuse avant de tomber dans les bras de Morphée. Une belle soirée en compagnie d’une artiste extraordinaire.

En guise de première partie, Andy Shauf a offert une performance correcte, sans toutefois tomber dans la prestation mémorable. Le potentiel musical est présent, ne suffirait qu’un peu d’assurance pour proposer de quoi de plus soutenu.

Liste des chansons :
Good Man
Let Me Go
Where To Start
Devil or Angel
Defiant
So Still
Jealousy
Worth Saying
Robin Miller
I.C.U.
Above My Head
One Day After Another
Nothing Left
Ticket Line
Lay Low

Rappel :
Left Behind
Places
Weekender Baby