BloguesAngle mort

Tout le monde est fin

J'ai eu Guy A. Lepage au bout du fil aujourd'hui pour une entrevue.

Maudit qu'il est fin. Fin, je vous dis pas. "En tout cas, Steve, rappelle-moi si t'as d'autres questions, ça va me faire plaisir!", qu'il me dit.

Il m'appelle "Steve". Il me parle comme si on se connaissait depuis mille ans, alors que c'est la première fois qu'on se parle. Il répond tout de go à toutes mes questions. Il n'a absolument aucune image à protéger. Et même si, avec sa bande, il travaille 40 heures par jour pour livrer le Bye Bye à temps, il est zen comme un petit Bouddha et m'invite à le rappeler si j'ai d'autres questions…

Maudit qu'il est fin.

J'ai deux théories:

-Soit il est juste fin. Ça se pourrait.
-Soit il connaît trop bien la game. Et il sait qu'il faut être fin avec les journalistes. Parce que ça les tue.

*
Cela fait un petit bout de temps que je fais du culturel et, je dois le dire, je commence à compatir avec mes compatriotes. La critique au Québec, hormis quelques rares exceptions, est profondément molle, complaisante.

C'est peut-être parce que les artistes sont trop fins? Prenez Karine Vanasse, faut se lever de bonne heure pour ne pas la trouver fine. Guillaume Lemay-Thivierge? Fin comme tout. Marc Labrèche, Normand Brathwaite? Fins comme ça ne se peut pas. Christiane Charette? Fine (mais souvent sur ses gardes). Janette Bertrand? Une soie, tellement fine.

Comment fait-on pour y aller d'une véritable critique quand l'interviewé est fin comme un Guy A. Lepage? Et si on risque tout de même une critique un peu acide, comment fait-on par la suite pour ne pas feeler cheap lorsqu'on recroise l'artiste fin qu'on a descendu?

Je vais rappeler Guy A. pour lui demander.

Il est tellement fin.