Plusieurs "stars" ont connu de "grands" moments sur le Web. Ce sont les "Internet People". Et voici un vidéoclip qui leur est dédié…
Les commentaires sont fermés.
6 commentaires
C’est quand même assez récent, considérant l’inclusion de Chocolate Rain. Pas pire, mais ça aurait pu être plus drôle. Mais en effet, ça couvre pas mal les tendances sur le Web des dernières années…
De nos jours la célébrité, la notoriété, la «staritude» et le vedettariat sont recherchés par de très nombreuses personnes. Alors, ce clip sur les INTERNET PEOPLE est pertinent et légèrement amusant. Mais la critique implicite qui donne son âme au clip manque de mordant et elle n’est pas suffisamment corrosive.
De toute manière, dans ce monde dans lequel «NOUS» cherchons à être CONNUS et RECONNUS, je crois que, personnellement, je préfère être reconnu dans les milieux que je fréquente et que j’aime plutôt qu’être connu par toute la population.
Quoi qu’il en soit, ce clip est un exercice intéressant, susceptible d’engendrer discussions et réflexions. Je pense, par exemple, à cette boutade de Jules Renard: «ON GAGNE À ÊTRE CONNU. ON PERD À ÊTRE TROP CONNU.» Aussi, cette réflexion de G. Leopardi: «Le moyen le plus efficace pour devenir célèbre est de faire croire qu’on l’est déjà.»
Ce sont là de modestes impressions se situant dans le sillage du visionnage de ce videoclip.
Jean-Serge Baribeau
Sociologue des médias
Ok, j’ai reconnu peut-être 6 personnes / personnages / clips au total. On dirait que je suis pas une »Internet groupie ».
Et question: qui est le gars à l’air twit qui gratte sa guitare les yeux fermés? Daniel Johnston?
Le clip est en effet assez récent. Il apparaissait même en vitrine de Youtube dernièrement. Comme un fruit qui ne demandait qu’à être cueilli, si on peut dire…
Mais est-ce que le fruit était mûr ? Est-ce que le fruit est nourrissant ? Pas sûr.
D’ailleurs, on est loin ici de la parodie. Tout au plus est-on en face d’un truc à la fois con et plaisant, pour ne pas dire complaisant. « Internet people, we love you ! » C’est le cas de le dire ! Quand il s’agit de trouver le dernier moron qui fait un fou de lui sur Youtube ou Dailymotion, internet c’est « the place to be ». Quand il s’agit d’utiliser une plateforme d’échange audio-visuelle pour faire du marketing viral : internet, c’est l’idéal ! Quand on a le goût de faire connaître ses « dons d’actrice », pourquoi ne pas se filmer avec une webcam et se faire passer pour une ado esseulée ? The web is not just entertainment, it’s pure exctasy ! Et quand il s’agit de délirer encore plus, on peut compter sur la création d’un « monde secondaire » équipé de résidences virtuelles à payer !
Ainsi, là où le clip devient vraiment pertinent, c’est lorsqu’il demande : « Internet people, who are you ? »
Et ce à quoi cette série de clichés enfilés comme des perles sur une ficelle fait référence n’est pas « le monde d’internet ». Il fait plutôt référence à une frange très visible et aisément manipulable de la communauté virtuelle, qui fait davantage la vague dans le cyberespace qu’elle réussit à naviguer par elle-même et pour ses propres besoins RÉELS.
Bref, il s’agit bien plus d’un hommage au phénomène viral et décadent lié au mode de vie « people », qui fait de l’animation grand public sur internet. En cela, le clip est réussi car il rend hommage à une « clique du clic » avec autant de talent et d’originalité que les vedettes volontaires et involontaires à qui il fait un gros clin d’oeil… dans le but de se faire valoir au passage.
Opération marketing réussie ! Mais est-on en présence d’une parodie ? Pas du tout.
Je veux simplement faire savoir que j’ai opiné positivement du chef lorsque j’ai lu les commentaires de Steve Boudrias. Très intéressants, ces commentaires!!!
JSB
Pour ma part, monsieur Baribeau, j’ai de la difficulté à résister à n’importe quelle citation de Jules Renard. Un écrivain qui n’a d’ailleurs plus à s’en faire avec la popularité de ses délicieux aphorismes disséminés un peu partout sur internet ! lol
Ainsi, les internautes ne s’alimentent pas seulement de potins de vedettes, de « clip du jour », mais aussi de citations d’auteurs décédés. Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’ils prendront le temps de lire « Poil de carotte », ou bien qu’ils liront avec délectation le fameux journal de l’écrivain… Mais c’est toujours possible !
D’ailleurs, je me demande si Jules Renard aurait « résisté » à la tentation d’écrire son propre blog ?
En tous cas, une chose est certaine, on peut tout de même lire son journal en ligne gratuitement à cette adresse :
Enfin, c’est aussi ça les « internet people ». Des gens qui profitent du fait qu’une oeuvre est du domaine public afin de lui permettre d’être plus accessible, et d’atteindre un nouveau rayonnement à travers le monde. Un beau petit coup de pouce à la postérité qui n’enrichit pas abusivement des maisons d’éditions qui « s’amusent » parfois à se servir des revenus générés par des oeuvres de très grande qualité, affranchis de leurs droits d’auteur, afin de nous inonder par la suite de nouvelles idioties bien marchandisées….
Mais il s’agit là d’un autre débat. Car la toile virtuelle ne transforme pas simplement les standards habituels de la notoriété, elle pose également de nouveaux problèmes à la postérité : droit de reproduction ultérieur, intégrité de l’oeuvre, etc.
C’est quand même assez récent, considérant l’inclusion de Chocolate Rain. Pas pire, mais ça aurait pu être plus drôle. Mais en effet, ça couvre pas mal les tendances sur le Web des dernières années…
De nos jours la célébrité, la notoriété, la «staritude» et le vedettariat sont recherchés par de très nombreuses personnes. Alors, ce clip sur les INTERNET PEOPLE est pertinent et légèrement amusant. Mais la critique implicite qui donne son âme au clip manque de mordant et elle n’est pas suffisamment corrosive.
De toute manière, dans ce monde dans lequel «NOUS» cherchons à être CONNUS et RECONNUS, je crois que, personnellement, je préfère être reconnu dans les milieux que je fréquente et que j’aime plutôt qu’être connu par toute la population.
Quoi qu’il en soit, ce clip est un exercice intéressant, susceptible d’engendrer discussions et réflexions. Je pense, par exemple, à cette boutade de Jules Renard: «ON GAGNE À ÊTRE CONNU. ON PERD À ÊTRE TROP CONNU.» Aussi, cette réflexion de G. Leopardi: «Le moyen le plus efficace pour devenir célèbre est de faire croire qu’on l’est déjà.»
Ce sont là de modestes impressions se situant dans le sillage du visionnage de ce videoclip.
Jean-Serge Baribeau
Sociologue des médias
Ok, j’ai reconnu peut-être 6 personnes / personnages / clips au total. On dirait que je suis pas une »Internet groupie ».
Et question: qui est le gars à l’air twit qui gratte sa guitare les yeux fermés? Daniel Johnston?
Le clip est en effet assez récent. Il apparaissait même en vitrine de Youtube dernièrement. Comme un fruit qui ne demandait qu’à être cueilli, si on peut dire…
Mais est-ce que le fruit était mûr ? Est-ce que le fruit est nourrissant ? Pas sûr.
D’ailleurs, on est loin ici de la parodie. Tout au plus est-on en face d’un truc à la fois con et plaisant, pour ne pas dire complaisant. « Internet people, we love you ! » C’est le cas de le dire ! Quand il s’agit de trouver le dernier moron qui fait un fou de lui sur Youtube ou Dailymotion, internet c’est « the place to be ». Quand il s’agit d’utiliser une plateforme d’échange audio-visuelle pour faire du marketing viral : internet, c’est l’idéal ! Quand on a le goût de faire connaître ses « dons d’actrice », pourquoi ne pas se filmer avec une webcam et se faire passer pour une ado esseulée ? The web is not just entertainment, it’s pure exctasy ! Et quand il s’agit de délirer encore plus, on peut compter sur la création d’un « monde secondaire » équipé de résidences virtuelles à payer !
Ainsi, là où le clip devient vraiment pertinent, c’est lorsqu’il demande : « Internet people, who are you ? »
Et ce à quoi cette série de clichés enfilés comme des perles sur une ficelle fait référence n’est pas « le monde d’internet ». Il fait plutôt référence à une frange très visible et aisément manipulable de la communauté virtuelle, qui fait davantage la vague dans le cyberespace qu’elle réussit à naviguer par elle-même et pour ses propres besoins RÉELS.
Bref, il s’agit bien plus d’un hommage au phénomène viral et décadent lié au mode de vie « people », qui fait de l’animation grand public sur internet. En cela, le clip est réussi car il rend hommage à une « clique du clic » avec autant de talent et d’originalité que les vedettes volontaires et involontaires à qui il fait un gros clin d’oeil… dans le but de se faire valoir au passage.
Opération marketing réussie ! Mais est-on en présence d’une parodie ? Pas du tout.
Je veux simplement faire savoir que j’ai opiné positivement du chef lorsque j’ai lu les commentaires de Steve Boudrias. Très intéressants, ces commentaires!!!
JSB
Pour ma part, monsieur Baribeau, j’ai de la difficulté à résister à n’importe quelle citation de Jules Renard. Un écrivain qui n’a d’ailleurs plus à s’en faire avec la popularité de ses délicieux aphorismes disséminés un peu partout sur internet ! lol
Ainsi, les internautes ne s’alimentent pas seulement de potins de vedettes, de « clip du jour », mais aussi de citations d’auteurs décédés. Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’ils prendront le temps de lire « Poil de carotte », ou bien qu’ils liront avec délectation le fameux journal de l’écrivain… Mais c’est toujours possible !
D’ailleurs, je me demande si Jules Renard aurait « résisté » à la tentation d’écrire son propre blog ?
En tous cas, une chose est certaine, on peut tout de même lire son journal en ligne gratuitement à cette adresse :
http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre4462.html
Et « Poil de carotte », à cet endroit :
http://fr.wikisource.org/wiki/Poil_de_Carotte
Enfin, c’est aussi ça les « internet people ». Des gens qui profitent du fait qu’une oeuvre est du domaine public afin de lui permettre d’être plus accessible, et d’atteindre un nouveau rayonnement à travers le monde. Un beau petit coup de pouce à la postérité qui n’enrichit pas abusivement des maisons d’éditions qui « s’amusent » parfois à se servir des revenus générés par des oeuvres de très grande qualité, affranchis de leurs droits d’auteur, afin de nous inonder par la suite de nouvelles idioties bien marchandisées….
Mais il s’agit là d’un autre débat. Car la toile virtuelle ne transforme pas simplement les standards habituels de la notoriété, elle pose également de nouveaux problèmes à la postérité : droit de reproduction ultérieur, intégrité de l’oeuvre, etc.