Une semaine déjà que je travaille au Voir. Le bureau où je suis confortablement assise m’est déjà plus familier, et je sais mieux apprivoiser les regards de reproche des centaines de livres placés en pile à côté de moi. «Plus tard», j’ai envie de leur dire, même si je sais qu’ils finiront tous comme les bouquins de mon cours de lecture de la session dernière : dans le tiroir de l’oubli.
J’ai discuté l’autre jour avec Christian Saint-Pierre, chef de section Arts de la scène, un des critiques les plus écoutés dans ce milieu à Montréal. Il m’a informée du milieu de la critique, comment ses termes ou tournures de phrases sont repris par les autres médias, particulièrement à la radio. Il a aussi insisté sur l’importance de suivre la progression des artistes dont on couvre le travail, pour éviter de tenir sur eux des propos gratuits et peu fondés.
Cette conversation, la pile de livres à côté de moi, sans oublier les centaines de disques et de films reposant sur les autres bureaux, m’ont fait penser à la tragédie de l’artiste inconnu, oublié, ou détruit par une critique trop sévère.
Je me suis aussi rendue compte à quel point l’échange est facile avec les journalistes du Voir. Ils ne sont pas pédants pour un sou, et discuter avec eux me permet de jeter un regard plus éclairé sur le domaine de la critique.
Transparents, c’est ce qu’ils sont. Le fait même de créer une émission montrant les bureaux de Voir en plein processus de travail en dit long sur leur honnêteté en la matière. C’est un talent que d’exprimer une opinion articulée sur un sujet en évitant de se faire traiter d’imposteur. C’est peut-être là le grand défi du journaliste : éviter les critiques de surface et faire preuve de transparence dans ses propos. Une chose que je souhaite à tout prix garder en tête en tant que journaliste en herbe.
Sympa ce blogue. Bienvenue parmi nous, Valérie.
Mais il ne faut pas hésiter à dire du mal du Voir. On aime ça.
Par exemple, tu pourrais confier aux lecteurs qu’Olivier ne se rase pas tous les jours et qu’il arrive presque jamais en cravate au bureau.
Ça causera tout un choc.
Hébert, t’es mort!
Même pas peur!
Et encore, je n’ai pas parlé qu’Olivier, parfois, n’est toujours pas au bureau à 9 h 30 le matin!
Moi, je suis là depuis 8 h, à l’attendre, à demander autour s’il est là. Personne ne répond. Les bureaux sont vides.
Seul le réceptionniste est fidèle au poste. Mais je le soupçonne de dormir là.
C’est vrai? Eh ben. Je ne t’ai pas vu ce matin, Francis! J’étais seule parmi les bureaux vides à 9h30.
J’aimerais également spécifier que ce blog est pacifiste. Toute menace de mort y sera fortement réprimandée.
J’étais caché dans le frigo, dans le tiroir à légumes, pour être certain que personne ne me trouve. Qui se prend un légume comme collation au Voir?