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Grenouilles anglaises

Les bureaux derrière moi sont majoritairement occupés par l’équipe du Hour, qui est établie sur le même étage que Voir. Je les entends parler, pipelets et pipelettes, à longueur de journée derrière leurs écrans. Pourtant, je n’ai jamais remarqué d’interaction entre les journalistes du Voir et ceux du Hour. J’ai fait part de cette remarque à Aurore (jusqu’à aujourd’hui, chef de la section Voir la ville), qui m’a spécifiée qu’effectivement, ils se parlent peu.

Bien entendu, cela a sa part de mensonge. Tristan m’a d’ailleurs informé, au début du stage, que Voir et Hour travaillent en collaboration l’un avec l’autre. Par exemple, ils partagent parfois les mêmes sujets en page couverture et s’engagent dans des projets communs. Je suis consciente qu’il s’agit de deux journaux distincts. Il y aussi la barrière de la langue, mais j’ai l’impression que cet argument est trop souvent utilisé comme excuse en la matière.

Serait-ce une norme dictée par la culture nord-américaine? Peut-être. Une chose est sûre, je constate que la ville de Montréal a beau se bomber le torse en se déclarant bilingue, elle est souvent séparée par deux mentalités qui ne se côtoient qu’avec hésitation. Résultat: même les personnes comme moi, considérées bilingues parce qu’elles ont grandi avec les deux langues sous leur toit, se doivent de prendre parti.

Bref, si francophones et anglophones ne se côtoient que prudemment, c’est peut-être pour mieux conserver leur énergie pour chanter en cœur: GO HABS GO*!

 

*pour éviter de me faire traiter d’imposteur, je préfère spécifier tout de suite que je ne suis pas une vraie fan de hockey, mais que l’énergie de fusion qui s’en dégage m’impressionne.