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Heavy Montréal : Retour sur la deuxième journée / Dimanche 10 août 2014

_TS_Klimbo

Une levée du corps qui semblait pénible pour certains étant donné qu’il y avait beaucoup moins de festivaliers aux portes aux environs de 11h00. La vilaine fin de soirée avec l’attente au métro a probablement retardé la tombée vers le lit. Si chacun se doit d’avoir un bon huit heures de sommeil, l’arrivée de la horde métallique se fera plus tard. Pour ce qui est de notre troupe de joyeux lurons, nous sommes fidèles au poste et dès midi, tout le lot est présent. Direction les portes où il n’y a pas encore foule.

La formation canadienne Cancer Bats propose un concept de concerts qui plait à certains, celui de Bat Sabbath. Le groupe reprend les chansons de Black Sabbath et les retravaille à leur propre sauce crasseuse. Les pièces favorites de Sabbath se sont retrouvées dans le mélangeur de Cancer Bats. Liam Cormier, qui portait une cape plutôt affriolante, possède un grain de voix plus éraillée que celui d’Ozzy et il aimait bien laisser la foule entamer les paroles à de nombreux moments. Une belle communion métallique pour ouvrir une journée aussi ensoleillée grâce à des titres comme War Pigs et Paranoid en plus de finir leur prestation avec une de leur propre chanson, question de donner le goût au public d’entendre comment se débrouille le groupe autrement qu’en mode « interprétation ».

J’ai une relation étrange avec Grimskunk. Après avoir vu le groupe à plusieurs reprises, je me rends compte que j’apprécie énormément la formation sur scène mais que le transfert sur album n’est pas possible pour moi. Cette bête bien de chez-nous a encore réussi à m’impressionner hier, sous ce soleil de plomb. Même si l’introduction se voulait plus vaporeuse avec Falling Into Shadow, l’intensité est montée d’un cran par la suite avec Fuck Shit Up et Gotta Find a Way. La présence de Vincent Peake à la basse et aux voix englobe bien la facture sonore du groupe et Joe Evil (qui semble encore aussi jeune qu’en 1994) domine encore derrière son clavier pour en émerger une fois de temps à autre pour y aller avec un tour de chant hardcore lors de Silverhead. Franz Schuller est encore aussi épicé dans ses interventions et il demeure toujours aussi convaincant lorsqu’il hurle comme un loup!

L’absence de DRI a été un élément qui a semblé en affecter plusieurs. Le groupe ne visite que très rarement le Québec et d’avoir leur nom sur l’affiche était un incitatif majeur pour les amateurs. Ne pouvant se présenter pour le festival, c’est Death Angel qui a trouvé sa place sur la programmation. Le groupe a été solide comme de raison. En maximisant sur le matériel des derniers albums, la vieille garde a été bien patiente et a dû attendre vers la toute fin de leur prestation pour entendre un truc qui provient de l’album The Ultra-Violence, la chanson Mistress of Pain. Pour le reste, les gens se sont fait les dents sur Son of the Morning, Claws in so Deep et Left for Dead. Quelques problèmes de sonorisation au début de leur prestation n’ont pas semblé embêter le groupe et Mark Osegueda a encore tenu la foule dans le creux de sa main gauche (la droite tenant son immense bouteille de gin) pour la remonter jusque dans son immense tignasse!

Le retour de Steve Zetro Souza avec Exodus a surpris bien des métalloïdes. La séparation semblait bien complète et la réconciliation n’était point envisageable selon certains.  J’imagine que tout se peut dans le domaine du métal après tout. Donc, d’avoir la formation Exodus avec Zetro en tant que chanteur a eu un bel effet hier car la voix qui nous a offert The Toxic Waltz à l’origine allait nous écorcher solide avec cet hymne du thrash métal! Nous n’avons pas été épargnés hier avec des titres comme Bonded by Blood, War is my Shepherd et Strike of the Beast! Le groupe prépare un nouvel album qui sera disponible en octobre.

Ensuite, direction vers la Scène de l’Apocalypse. Question de se relaxer, il n’y avait rien de mieux que Cynic. Leur musique progressive, qui devient de moins en moins métal avec le temps, était un baume parfait, question de prendre une légère pause. Je suis resté le temps de deux chansons estimant que le repos sonore était nettement suffisant. J’en ai donc profité, par la suite, pour aller faire le plein de victuailles pour pouvoir bien continuer ma journée.

Body Count est de retour. Plutôt inattendu étant donné que l’horaire d’Ice-T doit être excessivement bien rempli. Le rapper/acteur/vedette de télé-réalité a repris le contrôle de sa formation métal et la question que tout le monde se demandait hier (autre que : « Est-ce que son épouse Coco sera là? ») était la suivante : « Est-ce que Body Count est encore pertinent en 2014? »  Avec des allures louches, les musiciens de Body Count ont pris la scène d’assaut sur la chanson Body Count. Le public ne s’est pas permis d’attendre plus longtemps et les mouvements ondulatoires se faisaient sentir amplement sur des titres comme  There Goes the Neighborhood, Cop Killer, Talk Shit Get Shot et Disorder que Slayer avait fait avec Ice-T pour la trame sonore du film Judgment Night.  Excessivement volubile, Ice-T s’est adressé à la foule longuement entre les chansons. Il a été plutôt surpris de voir une jeune fille de 16 ans en première rangée pour un concert de Body Count. Il a fait un brin d’humour avec elle, laissant comprendre qu’elle devrait être à un concert de Justin Bieber à la place.

Body Count, encore pertinent!

5. Hatebreed-5

Question de faire sauter la foule, il y a un groupe qui peut faire ce sale boulot : Hatebreed! Avec leur hardcore fortement métallisé, le groupe plait immédiatement. L’enthousiasme du chanteur Jamey Jasta, qui portait un flamboyant t-shirt de WASP,  était facilement visible sur scène… surtout lorsque certaines poitrines se sont dénudées! Le moment le plus fort de leur prestation a été lors de This is Now où la nitroglycérine la plus pure a été injectée dans les jambes de toute la foule!

Groupe mythique, Twisted Sister n’a plus besoin de présentation. La formation donne encore quelques concerts par année et Montréal était au menu pour l’année 2014. La veille, Twisted Sister était en Belgique, juste pour te dire. Présentant les membres originaux sur scène, le groupe a encore un malin plaisir à jouer ensemble. Le concept de « frontman » a été remodelé hier soir avec Dee Snider qui nous a démontré comment le tout doit se faire. Ses interventions étaient vives, précises et incisives. Il aime titiller les gens et il a tenu à se moquer de la partie de la foule présente sur la colline. Il a rappelé que la fête se déroulait devant la scène, invitant les gens de la colline à descendre mais il s’est ravisé en disant que c’était probablement la section pour handicapés… Rire collectif, un des nombreux! Avec une prestation qui misait énormément sur l’album Stay Hungry, il faut comprendre que les réactions les plus puissantes ont été offertes lors de We’re not Gonna Take It, The Price et I Wanna Rock! Sérieusement, un retour l’an prochain!

J’ai tenté de me fendre en deux pour la prochaine situation : Couvrir une parcelle de Lamb of God et une portion de Truckfighters. Violent est un terme qui collerait bien avec la prestation de Lamb of God. Adroits, les musiciens martèlent. Randy à la voix vocifère et se balade pour aller chercher tout ce que tu peux lui donner. Après les deux premières chansons, je me suis dirigé vers la Scène de la Forêt pour les rythmes spatiaux de Truckfighters. Leur sonorité bourdonnante était à point et ça te vrombissait jusqu’aux genoux. Ensuite, en prenant un raccourci, j’ai eu le temps de voir la fin de la prestation de Lamb of God, du haut de la zone VIP. La marée humaine était massive pendant Laid to Rest et Redneck. La violence était même palpable d’où j’étais!

1. Lamb Of God-2

En début de journée, la foule était moins intense. Il était évident qu’il allait y avoir moins de gens pour la journée « numéro 2 » mais… pas tant que ça en fin de compte! C’était plutôt bien rempli à ma grande surprise! Slayer n’avait plus qu’à venir terminer le tout et fermer les livres pour l’édition 2014 du Heavy Montréal. Avec une série de chansons qui ressemblait étrangement au matériel offert en novembre dernier, le groupe nous a offert l’équivalent d’une soirée « By Request » qui aurait été modelée par les fanatiques tellement les choix étaient précis. Les premiers balbutiements du groupe étaient majoritaires hier soir avec Hell Awaits en ouverture, suivie par d’autres perles sanglantes comme The Antichrist, Mandatory Suicide, War Ensemble, Captor of Sin et Die By the Sword Tom Araya y est allé d’un long monologue… ce qui n’est pas dans son habitude!

Slayer_Klimbo

Puissant, le groupe n’a pas lésiné. Que de l’attaque sonore et pas de répit. Le dernier combo de chansons nous a achevés totalement avec Raining Blood, Black Magic, South of Heaven et finalement, Angel of Death avec le drapeau en arrière-scène qui rend un hommage à Jeff Hanneman avec le logo inspiré de la bière Heineken.

Vidés, les gens se dirigeaient lentement vers le métro, sourire aux lèvres et avec la sueur qui nous perlait jusqu’aux bas des jambes!

***

Maintenant, un bilan face aux changements qui ont été effectués en relation avec le choix des groupes. Allons-nous retrouver d’autres formations punk l’an prochain, plus de groupes rock?

Si l’on se fie à l’achalandage, Heavy Montréal est une réussite cette année grâce à la présence de Metallica avant tout. Mais comment réussir un coup aussi fumant l’an prochain?

J’ai confiance! Et vous?

Pour mon retour sur la journée du samedi, c’est ICI. Pour les trucs de Kristof, c’est ICI et !

Photos: Slayer et Twisted Sister par Kristof Gagné. Hatebreed, Lamb of God et la foule par Mihaela Petrescu

http://heavymontreal.com/fr/

1. Lamb Of God-11