Heavy Montréal 2016 : Retour sur le deuxième jour (7 août 2016)
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Heavy Montréal 2016 : Retour sur le deuxième jour (7 août 2016)

La levée du corps a été facile. Dès 7h15, j’étais debout pour taper mon texte. Avec un café bien mérité, je pouvais déjà ressentir l’enivrement face à mon départ pour retourner à la Plaine des Jeux, nouveau lieu des festivités pour Heavy Montréal. Mon texte en ligne, j’ai pu réunir mes items habituels pour retourner sur place, pour une autre journée métallique avec mes compatriotes.

Il a été facile de se retrouver et ce, tout au long de la fin de semaine. L’endroit se veut plus modeste mais convivial. Même si certains nous annonçaient qu’ils se rendaient aux toilettes ou chercher des breuvages, aucun n’avait de difficulté à retrouver le groupe par après.

Lorsque je me suis retrouvé devant les scènes principales, c’était au tour de We Came as Romans à s’exécuter. Leur métalcore se voulait efficace pour les nombreux fans massés devant eux. Les musiciens avaient l’aplomb nécessaire pour ravir la foule lorsque le matériel se voulait plus rude. À l’opposé, lors des titres un peu plus moelleux, ceux qui étaient en mode découverte face au groupe semblaient déchanter rapidement. En jasant avec quelques festivaliers, j’ai eu le commentaire suivant : « Ça rentrait au poste pis là, oups! On dirait Simple Plan! »  Cette jeune femme a donc quitté, se dirigeant plutôt vers la scène Blabbermouth pour la prestation de Mantar.

Le duo allemand Mantar en était à sa première visite au Canada. Malgré le côté sombre de leur musique, les membres de Mantar étaient très heureux de se retrouver ici, devant une si grosse foule. Installés un en face de l’autre, le guitariste et le batteur ont tapé fort avec leurs hymnes de sludge métal qui forniquent avec le Black n’ Roll. La guitare est passée au travers un amplificateur de guitare et un de basse, ce qui lui donne une certaine profondeur. Filiforme et torse nu, Hanno semblait possédé derrière son micro, utilisant sa guitare comme un instrument pour favoriser les incantations.

C’est pendant la prestation d’Animals as Leaders que nous avons eu droit à une averse qui s’est avérée, de courte durée. Je dirais même qu’elle a été bénéfique pour plusieurs car la fraîcheur des gouttes sur tous les corps calcinés a aidé à réveiller le festivalier qui commençait à ressentir le poids de la journée précédente. Les amateurs de musique progressive et de précision sont restés devant le groupe tandis que le commun des mortels cherchait un abri sous les arbres, situés un peu plus haut.

Le nom de Beartooth a réussi à faire sourciller plusieurs personnes. Nombreux étaient les t-shirts à l’image de cette formation américaine qui vient tout juste de lancer son deuxième album. Bien souvent, les plus âgés des festivaliers n’avaient aucune idée de l’existence de ce groupe. Étant donné que Beartooth se veut le nouveau projet de Caleb Shomo, ancien membre d’Attack Attack, il était évident que les trentenaires en montant ne connaissaient aucunement ce groupe. Malgré tout, le groupe a su s’attirer une horde de fans en plus de quelques curieux qui tentaient de se faire à la sonorité metalcore de Beartooth. La passion offerte par les musiciens nous faisait oublier que les voix plus claires n’étaient pas toutes sur la bonne fréquence et le pit se voulait très déchaîné.

Hatebreed nous visite très souvent. Trop pour quelques personnes mais de mon côté, c’est le groupe qui devrait recevoir son invitation à chaque année. Un genre de house band, dans un sens! C’est certain qu’avec ce groupe, il y a réunion des genres. Les fans de hardcore entrent dans les death métalleux tandis que les adeptes de métalcore tentent de terminer les refrains de Jasta. À la hauteur, comme d’habitude!

Il y avait des enfants en fin de semaine. Beaucoup d’enfants. Il était amusant de voir quelques petites mains former des horns. Bien installé sur les épaules de papa, un petit portait même un blouson de jeans, rempli de patches aux couleurs des groupes préférés… de papa! De mon côté, lorsque mes enfants ont appris que Ghost avait annulé leur prestation au Heavy Montréal, ils ont trouvé que leur présence ne valait plus la peine… (Mise à jour: François Beaudry, le père du jeune homme, nous a contactés pour nous confirmer que ce sont les groupes favoris de son fils!)

Blind Guardian jouait vendredi dernier au Wacken Open Air. Le dimanche, au Heavy Montréal. La proximité face à un public plus petit (mais excessivement réceptif) a semblé donner des ailes au groupe allemand. Même si nous avons perdu quelques copains lors de la prestation de Blind Guardian, je me devais d’y être pour avoir l’impression de chasser les dragons avec Hansi Kürsch! C’était vertigineux avec Twilight of the Gods, Mirror Mirror et Valhalla tandis que la poésie acoustique de The Bard’s Song est venue apaiser tous les participants.

Tout de suite après, c’était au tour de Zakk Wylde d’y aller avec une troisième prestation en trois jours à Montréal. En tant qu’artiste solo, Wylde a offert une prestation où régnait l’accalmie. C’est tout en douceur qu’il s’est exécuté sur des chansons comme Sold my Soul, Autumn Change, Road Back Home et Sleeping Dogs. Un moment un peu plus solennel a été vécu alors que Wylde a dédié la pièce In this River à son grand ami, Dimebag Darrell. Une prestation qui fut très appréciée par les fans de Wylde mais surtout les féroces férus qui ont pu profiter de trois concerts du musicien en autant de jours!

Suffocation avait quelques surprises pour le Heavy Montréal. Premièrement, Frank Mullen était présent. Absent de la tournée Summer Slaughter, il a tenu à être présent à Montréal car il possède un respect indéniable face à notre province. Aux percussions, c’était Kevin Talley et non Eric Morotti de Blind Witness. Il semblerait que Talley voulait être présent, lui aussi, à Montréal. De plus, Charlie Errigo tenait la guitare pour Suffocation pour ce qui était, son baptême montréalais.

Le groupe a tout simplement annihilé le festival avec son death métal destructif. Mullen est allé chercher chaque festivalier présent devant lui pour lui faire comprendre que c’est Suffocation qui menait le bal. La force de frappe musicale se voulait précise et dévastatrice. Dans les premières rangées, on jouait du coude tout en évitant les plus excessifs tandis que vers les abords de la console de son, les plus âgés appréciaient cette ixième présence du groupe à Montréal!

Au Heavy Montréal, il est facile de constater que l’occupation est majoritairement masculine. Par le passé, il y avait des blocs massifs qui proposaient quatre urinoirs. Pourquoi ne plus avoir ce type d’ameublement? Ceci aurait réduit grandement le temps d’attente pour les toilettes étant donné que c’est très rapide pour les gars, laissant les Johnny on the Spot aux dames!!

Napalm Death proposait une troisième présence en moins de 18 mois à Montréal. L’efficacité était au rendez-vous encore une fois et encore une fois, le guitariste Mitch Harris n’était pas présent. John Cooke était à la guitare et le temps passé avec le groupe fait qu’il semble vraiment à sa place. Les titres comme Silence is Defeaning, Smash a Single Digit, Dear Slum Landlord, Scum, Suffer the Children ou Lucid Fairytale ont tous été passés à la vitesse grand V!

Avec Born to Raise Hell de Motörhead (en collaboration avec Ice-T et Whitfield Crane) comme entrée de scène, on peut confirmer que Volbeat déplace de l’air en concert. Leur métal teinté de boogie gagne de plus en plus d’adeptes et leur position sur ce festival se voulait méritée.  La chanson The Devil’s Bleeding Crown a été servie en premier, permettant à la foule de s’agiter grandement. Michael Poulsen a un teint de voix très suave. Il le prouve grandement sur les pièces du groupe mais aussi lors des interprétations comme Ring of Fire de Johnny Cash qui se fond dans Sad Man’s Tongue. Les membres du groupe se promènent longuement et largement sur scène, il y a de l’action devant eux et les échanges entre Poulsen et le public sont chaleureux. Le groupe a pu se permettre d’interpréter la puissante chanson Evilyn, étant donné que Barney Greenway de Napalm Death était présent sur le festival.

Pour mettre un terme au festival, je ne me suis pas rendu devant Disturbed mais plutôt devant Candlemass. Le doom métal du groupe se voulait juste à point pour occuper la scène Blabbermouth, située sous les arbres. De mémoire, je crois que cette présence du groupe à Montréal était leur première en carrière. Avec plus de 30 ans de métier et une panoplie de membres qui sont venus ou partis, nous avons tout de même eu un Candlemass solide et en grande forme, hier. La présence de Mats Levén aux voix est un facteur indispensable. Il est précis et ténébreux dans sa façon de donner vie aux chansons. À la basse, Lord K. Philipson, membre de la formation The Project Hate, a impressionné… surtout avec sa barbe qui se veut d’une longueur extrême! Le choix de chansons se voulait judicieux. Candlemass a réussi à faire jubiler le public avec Mirror Mirror, A Cry from the Crypt, Emperor of the Void, At the Gallows End et Solitude. Une heure de doom metal, très bien occupée!

Cette édition 2016 du Heavy Montréal nous montrait une nouvelle facette du festival, celle qui démontre qu’il est possible d’attirer une horde de métalloïdes sans avoir les plus gros noms du domaine métallique. Il n’y avait pas cette sensation d’errance venant de la part de ceux qui ne sont présents que pour les têtes d’affiche et qui passent leur journée à se demander comment ils vont faire pour tuer le temps!

La foule semblait plus encline à nourrir sa curiosité face à de nouvelles découvertes musicales, fructueuses ou non.

Et pour 2017? À quoi devons-nous s’attendre? Avec les rénovations qui seront effectuées au Parc Jean-Drapeau, il faut se demander comment evenko va s’organiser pour son édition de 2017.

D’ici là, nous avons encore le temps de nous demander qui se retrouvera sur l’affiche!

http://www.heavymontreal.com/fr

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