Scorpions : Retour sur le concert de Laval avec Megadeth (19 septembre 2017)
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Scorpions : Retour sur le concert de Laval avec Megadeth (19 septembre 2017)

Habitant Terrebonne, de savoir qu’un concert d’envergure allait avoir lieu à une quinzaine de minutes de ma chaumière m’a rendu fébrile. À une distance équivalente à une séance de magasinage au fabuleux Carrefour Laval, j’allais pouvoir me taper Megadeth suivi par cette troupe légendaire qu’est Scorpions.

Les vieux routiers de l’Allemagne ont été retenus pour effectuer l’ouverture de la Place Bell en ce qui concerne le volet spectacle de ce nouvel amphithéâtre. Un bel endroit qu’est cette Place Bell. Ça sent le char neuf là-dedans mais rien n’est trop clinquant lorsque tu déambules dans les corridors. C’est vraiment le petit frère du Centre Bell ou même le cousin du Centre Vidéotron, mais avec une foule considérable lors des événements musicaux!

Un peu plus de 8000 personnes ont testé l’effet convivial de la place. Si c’était un véritable casse-tête pour le stationnement, il était plutôt facile de trouver la porte d’entrée!

Comptoir victuailles, un ajustement est à prévoir. C’est un peu comme à la Banque Nationale, qui préconise, elle aussi, le modèle qui est le suivant : 10 caisses bien présentes mais seulement deux commis pour effectuer le service.

À un moment donné, de devoir attendre une vingtaine de minutes pour une boisson ou un sac de croustilles, tu perds patience et retourne à ton siège en te disant que tu effectueras ton achat par l’un des vendeurs qui longent les rangées. Le seul hic : il n’y en a pas! Aucun.

Un tel manque lors d’un concert rock, on comprend qu’il doit y avoir une certaine révision au niveau de la logistique.

Au moins, la grosse canette de Molson était deux dollars de moins qu’au Centre Bell! Est-ce qu’un ajustement des prix est à prévoir? Un peu comme le prix du gaz, ça risque de monter d’ici peu!

En allant rejoindre mon siège, je me suis bien rendu compte que j’avais manqué les deux premières chansons de Megadeth qui a commencé à 19h30 bien tapantes. À la billetterie, j’étais placé derrière un homme qui venait chercher ses billets sans pièce d’identité, pourtant requise. Ce long cheminement m’a mené sur le tard, ce qui m’a mis dans l’obligation de manquer Hangar 18 et Mechanix.

En théorie, j’aurais dû manquer une chanson de plus étant donné que la prestation de Megadeth ait été ralentie par quelques pépins techniques. C’est pourquoi j’ai pu me mettre Take No Prisoners directement dans les oreilles.

Il est rare de voir Megadeth en ouverture d’une autre formation majeure. La dernière fois, c’était lorsque le groupe ouvrait pour Heaven & Hell, ou plutôt Black Sabbath version Dio.

Megadeth ne jouissait pas d’une sonorisation adéquate hier soir. Les percussions étaient bien audibles dans le mix de la soirée mais on ne peut en dire autant de la voix de Mustaine et des guitares qui semblaient éparpillées.

Dirk Verbeuren semble avoir un vilain plaisir à taper les peaux pour le groupe et ce nouveau job lui va à ravir. Fidèles à eux-mêmes, les membres de l’équipe aux cordes font en sorte que la virtuosité soit au rendez-vous.

Mais quelque chose cloche un peu. Mustaine est moins volubile entre les chansons et il nous explique qu’en relation avec un couvre-feu à respecter, lui et son groupe doivent se concentrer sur le volet musical de la chose, question de maximiser leur temps de scène avec de la musique plutôt qu’avec de longs discours.

J’ai senti que ceci se voulait tout de même un irritant pour le grand rouquin, surtout lorsque Megadeth a interprété À Tout le Monde. Pas dans le sens que Mustaine voulait mousser sa bière du même nom, brassée en collaboration avec Unibroue.

Non.

Ne jouant pas devant son public habituel, il était de mise que Dave Mustaine puisse expliquer la relation plutôt particulière qui lie le public québécois avec cette chanson.

C’est donc avec un certain empressement, des projections vidéo efficaces et un brin de rage que le groupe nous a catapulté des titres comme Sweating Bullets, Dystopia, Symphony of Destruction, Holy Wars et Peace Sells, avec la visite de Vic Rattlehead.

Moi qui adore le dernier album du groupe, je souhaite grandement un retour de Megadeth en tête d’affiche,  au même endroit même, question de combler cette légère bourde car le manque de chaleur était palpable, malheureusement!

De ma place, la vision se veut parfaite. La Place Bell offre une vue sans obstruction possible. Le format de la salle est excessivement adéquat, ce qui permettra justement de combler le manque face aux artistes qui se veulent trop gros pour le M Telus mais qui présenteraient un léger risque pour le Centre Bell. Quoiqu’en même temps, il est facile de croire qu’une soirée où le Canadien disputerait un match en série permettrait à la Place Bell d’accueillir un artiste de gros calibre. Mais pour ça, il faudrait que le club fasse les séries…

Autrement dit, fini le Cepsum!

À 21h00, l’immense toile aux reflets bleus de la tournée Crazy World de Scorpions s’est affaissée. Avec empressement, les musiciens du groupe ont pris leur place sur scène, tout en maximisant l’espace pour que tous les amateurs puissent avoir leur paire d’yeux sur chaque « Scorpion ».

Plus vieux que vos papas, les Scorpions dégageaient une fougue certaine. Même si ce n’est plus l’entrain d’antan, j’ai pu me délecter des images classiques du groupe qui ont su meubler mes soirées à regarder des clips, à l’époque où Musique Plus présentait justement, des clips!

De voir la Unicorn aux larges lignes noires de Matthias Jabbs en plus de Rudolf Schenker jouant sur ses  Flying V’s, tout ceci m’a offert ce doux réconfort nostalgique. Avec sa casquette de cuir, Klaus Meine proposait la même vision que dans le clip de Wind of Change quoique cette dernière fût retournée dans l’autre direction.

Going Out With a Bang, tirée de leur dernier album et Make it Real de l’album Savage Amusement, ont bien démontré la direction envers laquelle Scorpions allait se diriger. Du matériel plus récent allait percuter les vieux hits de la formation, au grand plaisir de chaque génération d’amateurs.

Le premier gros coup est survenu avec The Zoo. Cette pièce plus bluesée du répertoire du groupe possède ce caractère très chaleureux et d’avoir Jabbs la travailler au talkbox rendait l’expérience encore plus particulière.

Toujours en mode déplacement, les autres membres du groupe longent la scène, s’avancent sur la passerelle, pour en offrir encore plus à la foule. Question de s’occuper les mains, Meine lance de nombreuses baguettes chez les spectateurs. Ayant passé l’équivalent de trois cordes de bois, on ne peut pas dire que le groupe lésine sur les moyens!

Lors des présentations, Meine a souligné la présence de leur nouveau batteur, l’impétueux Mikkey Dee, anciennement de Motörhead. En accord avec le batteur, le groupe s’est donc avancé un peu plus sur scène pour offrir un hommage musical à l’ancienne formation de Dee, en y allant avec une version plutôt virulente d’Overkill.

Comme si ce n’était pas suffisant, Dee s’est exécuté sur un long solo de percussions, tandis que son kit se voyait surélevé dans les airs. Lors des derniers coups de semonce, un amalgame visuel qui représentait les pochettes des albums du groupe s’est retrouvé projeté au derrière de la scène, nous laissant deviner que le groupe allait nous asséner un classique plus croustillant. Blackout a été rendue avec justesse, suivie par Big City Nights.

Vous devez vous y attendre, Scorpions a bel et bien joué ses ballades plus que légendaires comme Wind of Change, Still Loving You et même un extrait de Send me an Angel question d’attendrir une foule plutôt admirative qui préférait le doux confort de son siège plutôt que de hurler, le poing vers le plafond.

Même si l’organisation de l’équipe des Braves d’Atlanta s’est excusée d’avoir laissé jouer la chanson Rock You Like a Hurricane lors d’un match contre les Marlins de la Floride (durement touchée par l’ouragan Irma) la semaine dernière, ce fait divers n’a aucunement empêché Scorpions de garder ce succès dans sa liste de chansons et de l’offrir en guise de dessert lors du rappel.

Grandement surpris par cette troupe allemande qui prouve que si c’est trop fort pour toi, c’est parce que tu es rendu trop vieux… mais pas eux!

https://www.the-scorpions.com/

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      Photos : Mihaela Petrescu