Impureza : Flammèches de flamenco sur mesures métalliques (Entrevue avec Lionel Cano Muñoz, guitare)
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Impureza : Flammèches de flamenco sur mesures métalliques (Entrevue avec Lionel Cano Muñoz, guitare)

Il m’arrive souvent d’entendre que la musique metal, c’est toujours la même affaire. Que ce genre est redondant, que le tout est répétitif et qu’on a fait le tour depuis très longtemps. Lorsque je prends le temps d’expliquer qu’il y a des artistes fortement originaux, l’ouverture d’esprit se produit, laissant les préjugés de côté. Maintenant, j’ai un nouvel argument avec Impureza. Cette formation française propose un death metal très adroit qui combine des éléments empruntés au style flamenco. Discussion avec Lionel Cano Muñoz, guitariste d’Impureza.     

Premièrement, est-ce possible de nous parler de la création qu’est le groupe Impureza, étant donné que le premier réflexe serait de croire que le groupe soit originaire d’Amérique latine, ce qui n’est pas le cas!

Alors effectivement nous sommes des Européens, et basés en France. Cependant le groupe comporte des membres de nationalité espagnole, entre autres Esteban notre chanteur, et moi-même qui fait la guitare. La création d’Impureza est donc venue de part ces racines espagnoles.

J’essayais de décrire votre sonorité lors d’une discussion l’autre jour. J’y suis allé avec l’image suivante : C’est comme si l’un des guitaristes des Gypsy Kings participait à un album de Behemoth! Suis-je dans le champ?

Hahha! Non pas tout à fait ! Pour le coté  Behemoth je te dirais oui, mais pour l’approche Gipsy Kings je te dis non. Je respecte les Gipsy Kings mais ils font de la pop musique à base de rumba, nous ce n’est pas le cas. On traite de réaliser des parties hispanisantes inspirées de l’univers profond de la musique hispanique et latine.

Votre nouvel album se veut puissant. Votre metal est adroit et juste. Au niveau de l’interprétation, c’est ciselé parfaitement. Ce qui m’a surpris immédiatement, c’est la performance du bassiste Florian Saillard. Il maitrise à merveille la basse de type, fretless. Lorsque vous étiez à la recherche d’un nouveau bassiste, était-ce un élément important d’avoir un bassiste qui joue de la fretless?

Non pas spécialement, mais on savait que ça collerait bien sur certaines de nos parties, du coup on s’est expérimenté !

« La caída de Tonatiuh » se traduirait aisément par « La chute de Tonatiuh ». Divinité des Aztèques, il était le dieu du soleil. Donc, est-ce que cet album se veut conceptuel, avec une histoire complète face à la chute de ce dieu?

Oui tout à fait, on raconte cette histoire. Après, nous la racontons de façon death metal avec des déviances et des libertés qui rendent la chose plus surnaturelle et maléfique.

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Avec des textes à connotation historique, je me demandais qui était celui dans le groupe qui s’avérait comme le plus féru en histoire. À moins que ce soit une œuvre collective?

Je ne saurais dire, haha! Car on s’est tous intéressé et avons fait des recherches pour pouvoir avancer. Après, cette une histoire palpitante mais pour quelqu’un qui aurait bien écouté à l’école, les grandes lignes sont tout à fait compréhensibles. J’étais assidu en cours d’histoire.

La pièce « Corazón al cielo » est un hommage à Paco de Lucia, célèbre guitariste de flamenco et qui est, selon plusieurs, le meilleur guitariste du style flamenco. Comment vous est venue cette idée de l’hommage sur l’album?

C’est un hommage à Paco de Lucia, c’est pour rappeler sa mémoire et souligner son apport dans la musique et la culture. Éternel.

Si l’album est un concept en tant que tel, est-ce que cette pièce hommage à Paco de Lucia a été placée en plein centre de l’album pour créer un effet de division entre deux portions de l’histoire?

Tout à fait oui, on trouvait qu’elle se plaçait bien à cet endroit, créant cette accalmie puis revenir sur une relance, aboutissant sur le chapitre suivant du disque!

Impureza est vraiment original comme formation. Nous avons l’impression que vous êtes les seuls dans ce domaine. J’imagine que cette touche d’originalité de flamenco death metal avec des textes en espagnol est là pour demeurer?

Tu ne peux pas être mieux au courant, amigo!

Est-ce que le groupe a déjà été approché par un label, avec des arguments du genre : « C’est bien ce que vous faites mais… » en souhaitant que vous apportiez des changements face à la langue ou le style flamenco, question d’entrer dans un moule plus habituel?

Oui. Lors de certaines de nos recherches, certaines majors nous ont répondu avec intérêt, mais certaines aiment, d’autres te disent non. Certaines aiment mais veulent changer ci ou ça. Certains contrats ne sont pas si avantageux. Enfin, c’est une chose aussi normale de ne pas plaire à tout le monde.

Des possibilités face à une tournée en Amérique pour 2018? Une présence à Montréal?

Nous y réfléchissons, nous serions vraiment emballés. Cela est une certitude!

NB: Leur nouvel album est disponible en écoute, juste au bas!

http://impureza.eu/