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Heavy Montréal 2018 : Retour sur la deuxième journée (Dimanche 29 juillet)
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Heavy Montréal 2018 : Retour sur la deuxième journée (Dimanche 29 juillet)

Il y a une entité qui veille sur le festivalier métallique, c’est certain. La levée du corps a été facile et le café se voulait, délicieux. L’arôme de cette fraicheur débordante de caféine envahissait la maison. Je me suis attablé à mon ordinateur, étonnamment inspiré pour compléter le compte-rendu face à mon périple lors de la journée finale du Heavy Montréal, édition 2018.

J’ai commencé mon dimanche avec un groupe qui a participé amplement à mon éveil métallique au début des années ’80. Il était impensable que je manque Helix car avec leur chanson Rock You, je me suis rendu compte que le hard rock pouvait être excessivement rassembleur. De voir le chanteur Brian Vollmer mené sa troupe du haut de ses 65 ans m’a grandement impressionné. Il est certain que le style préconisé par Helix n’a rien de très metal mais leur hard rock a toujours été, et demeure encore, excessivement efficace car avec des chansons comme Wild in the Streets, Heavy Metal Love et l’incontournable Rock You, j’avais juste envie de me retrouver devant ma télé en ’84 en train de regarder le Power Hour!

Get the Shot était sur place pour laisser sa marque. Le groupe de Québec débordait d’énergie et la foule a su répondre à l’appel. La troupe arrivait d’un périple en Europe où ils ont tout cassé, littéralement. À chaque semaine, je voyais des vidéos du groupe lors de leur tournée là-bas et les débordements se voulaient fréquents. Pour Montréal, Get the Shot avait la motivation, la scène était devant eux et leur hardcore à saveur métallique plutôt motivant était leur arme de prédilection. Surprise de la fin de semaine? Il n’y a aucun doute!

Pour de nombreuses personnes, j’avais placé la barre très haute face à Power Trip. Je peux confirmer qu’ils n’ont pas été déçus. Je me suis dit que le passage de la scène plutôt menue des Foufs à une scène immense d’un festival pourrait peut-être un désavantage pour le groupe. Mais non. Leur thrash metal de la vieille école a été capable d’annihiler, rien de moins. Comme une gratte qui ramasse la neige après la tempête, Power Trip a pelleté tout ce qui était devant le groupe. Le mal de cou s’est déjà présenté chez les vieux routiers car avec des chansons comme Soul Sacrifice, Executioner’s Tax (Swing of the Axe) et Soul Sacrifice, il était évident que le participant, même le plus passif, allait y aller d’une séance d’approbation.

Ultra Vomit est un groupe de France. Cette formation commence à se faire entendre ici grâce à leur grindcore déjanté et la parcelle humoristique de leur musique. La formation adore parodier d’autres groupes mais en plus de se moquer des autres, les musiciens font preuve d’un grand sens de l’autodérision. De les entendre parler de leur expérience montréalaise face au club d’effeuilleuses Le Super Sexe était hilarant. Leur chanson Calojira, une parodie de la musique de Gojira, était un habile mélange de surprise et de précision musicale. Le côté scatologique a été visité grâce à Pipi VS Caca et E-Tron mais quand le groupe demeure plus concis, comme sur le pastiche très Rammstein-ien qu’est Kammthaar, on apprécie autant!

Voïvod ne m’avait pas menti lors de mon entretien avec eux. Leur prestation se voulait un voyage spatio-temporel face au catalogue antique autant qu’une façon de saluer le matériel plus récent. Avec la solidité musicale que l’on peut leur attribuer, le groupe a su maximiser leur temps sur scène en dressant un portrait fidèle face aux 35 dernières années du groupe. En y allant avec des chansons comme Ravenous Medecine, The Prow et Order of the Black Guards, on pouvait se remémorer le passé de Voïvod mais en nous enfilant des chansons comme Post Society et Obsolete Beings, on comprend encore plus la pertinence de cette formation sur l’échiquier métallique mondial. En finale, Snake nous a confirmé que la chimie entre les nouveaux membres du groupe avec le personnel de base continue de faire ses preuves. Par le fait même, il a souligné que Chewy fêtait son dixième anniversaire avec Voïvod. Son baptême avec la formation avait eu lieu à lors de la première édition du Heavy Montréal. En levant les yeux vers le ciel, Snake nous a parlé d’un grand absent pour cette célébration des 35 ans du groupe. En guise de salut envers Piggy, la pièce homonyme est celle qui a permis à Voïvod de terminer leur prestation.

Pour de nombreuses personnes autour de nous et qui prenaient le temps de jaser, le groupe Sleep se voulait un groupe qui leur permettrait de s’allumer une grosse cigarette remplie de tabac d’orchestre.  L’attente se voulait savoureuse pour plusieurs! Sachez qu’à la même période, l’an prochain, vous serez en toute légalité. Effectivement, Sleep propose une musique qui peut inciter le consommateur de cannabis à exercer la fumette mais il faut comprendre qu’avant tout, Sleep offre une lourdeur digne des belles années de Sabbath. Avec Matt Pike en bedaine, on savait que l’on était en business. Surtout avec son mur d’amplificateurs de marque Orange. Lourd, adroit et bien imposant sous ce soleil de plomb, Sleep a failli nous envoyer au tapis avec The Botanist, Marijuanaut’s Theme, Holy Montain et Dopesmoker.

La dimension super-héros qui est proposée par Gloryhammer est ce qui m’a amené envers ce groupe. Après tout, mon fils de 8 ans était avec moi et je me devais de lui en donner un peu plus qu’un Matt Pike en bedaine. Impressionné par la dimension héroïque du groupe, il faut délaisser cette parcelle visuelle pour se concentrer sur leur sonorité power métallique qui a grandement atteint sa cible. Non, il semblerait que Christopher Bowes d’Alestorm ne jouait pas avec le groupe, hier. Mais il demeure difficile de le confirmer étant donné que le claviériste, sur la scène, portait une large tunique de mage avec un capuchon excessivement volumineux!  Avec cette chaleur suffocante, je dois lever mon verre de Quatre Surfeurs de l’Apocalypso car il ne devait pas être agréable de porter des costumes aussi chaleureux.

Les produits de la division Six Pints de Molson étaient présents tout au long de la fin de semaine. Présents, mais uniquement servis dans un seul kiosque, près de la scène du Jardin. En sachant que cette camionnette ait été grandement visitée, il serait bien d’augmenter le nombre de kiosques, lors de la prochaine édition, question que l’on puisse boire d’autres excellents produits du Trou du Diable ou de l’Infamous IPA!

Justement, en étant dans la zone de la scène du Jardin, il était temps de s’avancer convenablement pour participer à l’épopée doom de Khemmis. Groupe encensé par Decibel, il reste que ce groupe mérite amplement ce qui lui arrive. Avec trois excellents albums sous la ceinture, le groupe gagne en popularité à chaque nouvelle sortie. Avec un mélange qui combine la pesanteur de Candlemass et le côté épique d’un Iron Maiden, Khemmis s’est élancé… mais avec quelques pépins. Le micro au niveau de la grosse caisse ne faisait que tomber, entraînant les techniciens sur scène pour régler le tout. Comme de vrais professionnels, les musiciens ont continué leur périple musical avec des chansons comme Flesh to Nothing, Isolation, Bloodletting, Maw of Time et Candlelight.

Après cette célébration musicale, il est venu le temps de nourrir toute la marmaille. Nous avons donc pris un emplacement dans les Jardins YULEAT et avons dégusté des trucs légèrement raffinés comme des hot-dogs autrichiens, bien accompagnés par une poutine au porc effiloché. Pendant ce repas excessivement délicieux, nous pouvions entendre le souffle guttural de Sébastien Croteau de Necrotic Mutation. De retour sur scène après une absence pratiquement éternelle, il était bien de voir que le groupe avait pris soin de monter un large éventail musical face à son existence. De plus, au lieu de n’avoir que les « derniers » membres à avoir pris part à la formation, Nerotic Mutation s’est permis de présenter la palette, complète!

Gojira. Une place de choix sur l’horaire. Aucune autre formation ne joue en même temps que les Français. Gojira, c’est un peu une troupe qui risque de prendre la place de l’une des formations classiques qui quittera bientôt. Nos héros sont âgés. La relève est là et elle fouette, avec vigueur. Avec des projections de volcans, de baleines en plus de  nombreuses expulsions de fumée et de flammes plutôt ardentes, Gojira a confirmé qu’il n’est pas qu’une formation éphémère mais plutôt un groupe qui a un potentiel énorme, encore en développement. Le fan de death metal apprécie le groupe autant que le fanatique de prog. Le puriste aime autant que celui qui carbure à d’autres sous-couches métalliques. Comme de raison, le groupe a maximisé sur son dernier album Magma en interprétant Only Pain, Silvera, Stranded, The Cell et The Shooting Star mais il reste que l’album qui reste la référence pour le maniaque du groupe est From Mars to Sirius. Les Bleus nous ont gâtés avec Backbone, Flying Whales et surtout The Heaviest Matter of the Universe.

Non, je ne me suis pas dirigé vers Limp Bizkit. Ce n’est pas par snobisme métalloïde, loin de là. N’étant pas un amateur du groupe je peux par contre confirmer que le groupe donne d’excellents concerts. Que l’on aime ou non, Fred Durst et sa bande ont encore une popularité monstrueuse et l’arrogance sympathique de Durst est encore appropriée aujourd’hui.

Pour avoir placoté avec des gens, les commentaires se voulaient tous, unanimes. Tous allaient dans la même direction; Limp Bizkit a livré la marchandise et c’est avec joie que la foule a participé. En retournant pendre le métro, le groupe terminait sa soirée avec Take a Look Around, tirée de la trame sonore d’un des films de la série Mission: Impossible.

Oui, Limp Bizkit a joué des trucs comme Rollin’, Nookie, Faith et My Way…  et c’est probablement l’une des raisons pourquoi tu as autant mal aux mollets!

Non, j’étais à la prestation de Perturbator. La présence de cet artiste synthwave m’intéressait au plus haut point, même chose pour ma progéniture qui a dû en écouter par procuration. Contrairement à ce que je croyais, Perturbator (ou James Kent) n’était pas seul sur scène. Il avait avec lui un batteur qui tapait sur une batterie qui possédait quelques modifications.

Avec ses rythmes électroniques qui rappellent une trame sonore d’un film de science-fiction ou d’un jeu vidéo, ce Français nous a amenés ailleurs. Vraiment ailleurs. La basse s’infiltrait en nous, les claviers nous sifflaient les oreilles et on délaissait notre attirail métalloïde pour pouvoir vraiment embarquer dans cette expérience musicale.

Vers 22h30, l’expérience Perturbator se voulait terminée.

Vidés, il ne nous restait plus qu’à se faufiler rapidement pour aller se vautrer dans le métro.

Malgré une fatigue évidente, je suis déjà en période d’attente face au prochain Heavy Montréal qui devrait avoir lieu en 2019!

https://www.heavymontreal.com/fr

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      Photos : Mihaela Petrescu