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Baroness: Retour sur le concert de Montréal avec Deafheaven et Zeal & Ardor ( 3 avril 2019)
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Baroness: Retour sur le concert de Montréal avec Deafheaven et Zeal & Ardor ( 3 avril 2019)

Lors de mes six dernières soirées, trois étaient au Corona de Montréal. C’est rough pour le pére… La saison des concerts est grandement entamée et le Corona me va à merveille. Cette salle demeure ma préférée dans la grande région métropolitaine. Pas trop grande et pas trop menue, elle possède un système de son qui se veut parfait.

Il n’y a que l’inclinaison du plancher qui demeure un irritant. Sinon, le tout me va à ravir. En accédant au Corona mercredi soir, Zeal & Ardor en était à sa dernière chanson. Avec la mouvance face à la présentation de SLAV en 2018, je m’attendais presque à avoir une manifestation de la gauche bien-pensante, devant le Corona. Après tout, Zeal & Ardor utilise les chants d’esclaves noirs à l’intérieur de leur metal plutôt soul. Et le tout est interprété par deux chanteurs blancs… mais accompagnés par leur leader au teint basané, Manuel Gagneux.

La donne était sauvée! J’ai eu l’opportunité de voir et d’entendre la dernière pièce du groupe. Très chaleureux comme proposition sonore, j’ai tout de suite était surpris par l’originalité de Zeal & Ardor. L’accueil reçu par le groupe a été à la hauteur de ce que le public montréalais offre et il a reçu quelques salves d’applaudissements, bien sentis.

À l’ouverture des lumières, je peux rejoindre tout mon monde. Il y a foule ce soir au Corona qui affiche, de façon officielle, un guichet fermé. Chaque centimètre carré se veut occupé. Question de maximiser l’espace, et pour satisfaire les amateurs voulant avoir accès à la soirée, on a laissé faire la barrière qui offre une aire de travail aux photographes, en avant-scène. Plus d’espace, plus de place donc plus de billets en vente à la dernière seconde!

Lorsque cette tournée a été annoncée, j’ai tout de suite eu un sourcil qui s’est dressé vers le haut. Oui, c’est très artsy au niveau musical mais est-ce que la sauce allait prendre? Est-ce que l’ouverture musicale des amateurs se voulait aussi béante? Généralement, Deafheaven se fait ramasser par le contingent black métallique, et ce, à boulets rouges!

Étant donné que Deafheaven est souvent perçu comme un groupe fortement prisé par la communauté plus hipster et que Baroness se veut une formation plutôt adorée par un public plus hard rock metal, il fallait se demander si ce mélange se voulait si habile que ça. Après tout, Baroness est habitué de se retrouver sur des tournées plutôt originales. Rappelez-vous de leur tournée avec Meshuggah et Decapitated

J’ai de nombreux amis qui ont tenté de m’investir face à la sonorité de Deafheaven. Lorsque le groupe me la joue shoegaze, je suis preneur. En mode plus acerbe dans leur metal, je suis moins enthousiaste.

J’ai tenté l’expérience sur album et je ne peux pas dire que j’ai détesté. J’ai donc assisté au concert avec de très bonnes intentions. En ouverture, le groupe a offert Brought to the Water, chanson qui a beaucoup plus en commun avec Slowdive, surtout lors de la partie médiane.

Je dois avouer que, par la suite, le groupe m’a perdu un peu. Est-ce que je me suis trop laissé emporter par la présence hyperactive du chanteur George Clarke? Son approche scénique, qui combinait le style musclé préconisé par Tim Lambesis d’As I Lay Dying ou Glenn Danzig en partenariat avec des mouvements de hanches dignes de Ricky Martin, m’a-t-elle perturbé? Je dois avouer que les petits mouvements de tête et de danse très Rick Astley du guitariste Kerry McCoy n’ont pas aidé non plus…

C’est pourquoi je me suis concentré sur les percussions qui se veulent, excessivement adroites. Sinon, je me retrouvais très perdu. Très confus même…

À la fin de leur prestation, j’avais quelques amis excessivement enthousiastes face à Deafheaven. Selon eux, le groupe se voulait en pleine possession de ses moyens et des chansons comme Honeycomb, Canary Yellow et Sunbather avaient été interprétées avec justesse.

Baroness n’a pas déçu. Aussi simple que ça. Vous savez cette vision aussi singulière que d’avoir l’impression d’écouter un album en concert en format vinyle dans son sous-sol, tout en y étant? C’était Baroness et c’est Baroness. Une forte présence sur scène, un talent brut et un enthousiasme certain de la part des musiciens.

Ils sont tellement habiles que le tout semble si facile à jouer. Ils maitrisent leur instrument comme un bûcheron peut manier la hache! À la guitare, Gina Gleason mérite notre attention. Aisée, celle qui cumule de l’expérience autant avec les Smashing Pumpkins qu’avec le Cirque du Soleil semble vraiment s’amuser sur scène.

La colonne vertébrale du groupe, qui se compose de Sebastian Thomson aux percussions et de Nick Jost (qui jouait aussi avec Zeal & Ardor ce soir) à la basse permet au guitariste et chanteur John Baizley de se sentir en confiance, sur scène. Les performances face aux titres comme Morningstar, March to the Sea, Eula, Shock Me, Isak et Take My Bones Away se sont avérées excessivement convaincantes, faisant de ce concert, la pointure la plus élevée de 2019 en ce qui concerne les performances scéniques de cette jeune, très jeune, année.

Personnellement, j’aurais enlevé 30 minutes de Deafheaven pour un 30 minutes de plus pour Baroness!

https://yourbaroness.com/

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      Photos : Mihaela Petrescu