Heavy Montréal 2019: Retour sur le premier jour du festival (27 juillet 2019)
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Heavy Montréal 2019: Retour sur le premier jour du festival (27 juillet 2019)

Partie 1 : ♥ « Les cadences cabotines d’un Cardinal » ♥
Samedi, 27 juillet 2019

L’année dernière, la marche était longue pour se rendre sur le site du Heavy Montréal. L’emplacement se voulait temporaire, question de préparer le site actuel. Et ce nouvel aménagement, comment se débrouille-t-il? Eh bien, il est tout simplement spectaculaire!

C’est à se demander s’il ne sera opérationnel qu’en période estivale. Uniquement l’été? Avec nos périodes chaleureuses qui s’allongent jusqu’à l’Halloween, il ne serait pas surprenant d’aller voir des artistes sur ce tout nouveau site, juste après avoir acheté notre sapin de noël. Vaste et spacieux, il offre de nombreux avantages aux festivaliers. Mon côté banlieusard te fait dire que les divisions sont bien ciselées, que la poussière de pierre a été bien compactée et, comme je le disais au Sac de Chips, il y a eu une belle job de tourbe sur la colline!

L’accès est plus facile et rapide à repérer. Dès la sortie du métro, c’est devant toi. La petite colline est toujours présente quoique l’absence des arbres est un irritant. Avant, nous pouvions s’y vautrer pour avoir de l’ombre. Au bas, il y avait aussi de nombreux cabinets de toilette et surtout, une quantité non-négligeable d’urinoirs. Les files pour l’utilisation des cabinets et/ou toilettes étaient longues, ce qui fait que certains ont improvisé de nouveaux urinoirs sur le bord des clôtures.

Mais qui dit nouveautés dit aussi, ajustements et tout risque d’être colmaté, d’ici Osheaga.

Après avoir fait notre entrée sur le site, nous devions tout de suite nous diriger vers la tente média pour régler quelques entrevues. Après les arrangements d’usage, il était maintenant le temps de nous diriger vers les scènes, pour pouvoir assister au coup d’envoi du Heavy Montréal 2019.

Fanatiques de Star Wars et autres geeks de la précision musicale étaient devant la Scène de l’Apocalypse pour assister à l’évènement qu’est Galactic Empire. Ce groupe est composé de musiciens et réalisateurs chevronnés qui gravitent dans l’entourage metalcore. Malgré la chaleur, les costumes étaient portés au complet. Pas de manches relevées ou de shorts découpés à même le pantalon impérial! Bobba Sett (le nom est modifié mais il est vêtu en Bobba Fett) aux percussions est plutôt impressionnant mais il fallait voir les expressions faciales des gens lorsque Darth Vader manipulait sa guitare. Précis au sabre-laser, précis sur sa guitare! Curiosité visuelle et auditive, il est évident que ce coup d’envoi se voulait aussi fumant que la destruction du Death Star!

Question de droits, le groupe a maintenant modifié ses costumes. Les masques ont quelques différences mais on reconnait les personnages. Darth Vader a même réussi à étouffer un technicien grâce à sa poigne télépathique fougueuse et la présence du ballon du Death Star a permis à la foule de participer activement. C’est avec une fougue certaine que les musiciens ont interprété le thème de Star Wars, la marche impériale et la pièce du Cantina Band. Ce coup d’envoi se voulait précis, ludique et la bonne humeur était palpable!

En accélérant le pas, j’ai pu attraper une portion infime de Harm’s Way. Le groupe jouait à la Scène de la Forêt et il est toujours intéressant de s’y rendre, question de pouvoir profiter de l’ombre et des quelques vents marins. Oui, c’était suffocant comme journée et nous devions nous hydrater, constamment. Arrêt aux toilettes, prendre le temps de remettre de l’eau dans nos bouteilles et faire un achat de bière. Tout était une question d’organisation.

Sur scène, il était difficile de manquer l’imposant James Pligge. Avec sa carrure de footballeur, ce dernier hurlait à tout rompre tandis que les musiciens s’affairaient à déconstruire les structures musicales avec un certain doigté. Anticipant un retour à la Scène de l’Apocalypse, on reprend la route un peu d’avance, pour ne pas manquer le groupe suivant.

Sans vouloir paraitre élitiste, j’aime bien prendre de bons produits brassicoles lorsqu’ils sont disponibles. Pour une foule aussi considérable, de n’avoir que deux kiosques de bières de spécialités s’avère… étrange! Surtout lorsque les statistiques prouvent que la grande majorité des amateurs des bières des microbrasseries sont des amateurs… de metal!

J’ai rarement entendu autant de complaintes face à la Coors Light cette année…

Lorsque Metal Church a annulé sa présence la semaine dernière, l’équipe du Heavy Montréal a dû se retourner sur un dix cennes. Très rapidement, un remplaçant a été trouvé et c’est la formation québécoise Anonymus qui s’est retrouvée sur l’affiche. Personnellement, avec les festivités qui entouraient le 30e anniversaire du groupe, je m’attendais à voir leur nom sur la programmation, dès l’annonce officielle.

Qui dit Anonymus dit exécution métallique. Avec hargne, fougue et joie de vivre, les vétérans nous ont offert une prestation qui méritait amplement le détour. Au niveau participatif, il est toujours impressionnant de voir à quel point Anonymus est apprécié. Les gens chantent les paroles des désormais classiques que sont Envers et Contre tous, Sous Pression et Un Pied dans Tombe. Le mosh pit est déjà bien garni pour 14h00, la poussière lève du sol et les plus actifs hurlent avec hargne. Sourire aux lèvres, les gars ne pouvaient pas demander mieux face à cette présence sur le festival!

Devin Townsend a un nouvel album tout simplement mirifique. Vaste au niveau musical, riche au niveau de l’exécution et varié, Empath est un album complexe. Pour sa prestation au Heavy Montréal, il a décidé d’y aller… dépouillé! Aucun artifice, Devin était en mode acoustique. Seul avec sa guitare, le Canadien a fait ce que nous nous attendions de lui : nous donner des frissons en pleine canicule. Je dois avouer être vendu à sa cause depuis de nombreuses années mais pour avoir discuté avec des gens qui ne connaissaient pas vraiment l’œuvre de Devin, tous m’ont confirmé avoir été charmés et éblouis par l’artiste talentueux qui était sur scène. Avec justesse, sa voix est venue atteindre tous les amateurs présents grâce à des titres comme Let it Roll, Love?, Ih-Ah!, Why et Life. Pour être franc, j’aurais bien aimé entendre ce concert conceptuel plus tard en soirée, pendant la prestation de Godsmack par exemple, question de me la couler douce, en compagnie des amis et de la famille… Après la tornade Anonymus, de tomber en pleine quiétude me semblait un peu précipité.

Quiet Riot n’est plus cette formation prisée des années ‘80. Il fallait s’enlever cela de la tête pour pouvoir apprécier la présence de ce groupe américain. Il n’y a que le batteur Frankie Banali comme membre de la mouture « classique », ce qui permet aux langues de vipères de catégoriser cette version de Quiet Riot de groupe hommage ou de formation karaoké. Et le plus ironique dans tout ça? Banali n’était même pas sur scène avec le groupe! Effectivement, c’était Johnny Kelly de Danzig/Type O Negative qui tenait les baguettes pour Quiet Riot.

Au niveau de la prestation, le tout était vraiment solide, concis et fidèle quoique légèrement plus blues dans l’interprétation. Je m’attendais à entendre des hits du groupe, et c’était servi à la pelle. Au niveau vocal, le nouveau venu qu’est James Durbin était vraiment à la hauteur. Sans être un clone de Kevin Dubrow, Durbin utilise son timbre vocal. Finaliste d’American Idol, le gars a bien appris autant de son expérience sur ce show de télé qu’avec ses deux années avec Quiet Riot. Aisé et aimable, il possède un charisme indéniable, digne des hurleurs des belles années du glam!

La liste de chansons était impeccable. Le groupe n’a pas essayé de nous pousser du matériel obscur qui provient de leurs albums qui sont restés dans l’ombre. Non, car avec Cum on Feel the Noize, Metal Health, Mama Weer All Crazee Now et Slick Black Cadillac, cette prestation possédait l’odeur des cassettes commandées au Club Columbia House!                   

Hatebreed, et je le répète encore, devrait être le house band du Heavy Montréal. Je vais préciser mon point de vue en affirmant que cette formation devrait être présente sur chaque édition. Point.

Effectivement, Hatebreed est un groupe qui se veut alléchant à voir. De plus, c’est l’un des seuls groupes qui fait l’unanimité dans toutes les stratosphères métalloïdes possibles. Efficace sur scène, ce groupe nous motive, solidement! Certains diront que leur musique se veut redondante mais leur puissance se développe lors des refrains. Jamey Jasta est l’un des frontman les plus efficaces du milieu et de le voir nous pointer du doigt vigoureusement tout en faisant quelques sauts aériens lors des chansons comme To the Threshold, Destroy Everything, Live for this ou I Will be Heard ne peut aucunement nous laisser de glace!

Municipal Waste était sur place pour nous proposer leur album The Art of Partying au complet, et ce n’est PAS ce que nous avons reçu! Et tant mieux! Selon le communiqué, le plan était prévu de cette façon mais il semble que la communication était à sens unique! Nous avons donc eu, un peu de tout de la part de ce groupe de la Virginie!

Lors de leur dernière présence au Heavy Montréal, le groupe en avait étonné plus d’un avec une série de circle pits autour des arbres. Hier, l’absence d’une série d’arbres devant la scène n’a aucunement causé de traumatisme au groupe ainsi qu’aux participants qui se voulaient nombreux. Le mosh pit était devant la scène et quelques grimpeurs ont décidé de monter dans les arbres qui se trouvaient sur le côté de la scène.  L’atmosphère était excessivement festive, très festive. Même Tony Foresta nous a offert quelques roues de gymnastique. Les membres de Municipal Waste étaient sur place pour anéantir, et c’est ce qui a été fait!

De voir cette étincelante jeunesse se défouler sur des titres comme Headbanger Face Rip, Beer Pressure, You’re Cut Off, Slime and Punishment et Substitute Creature m’a redonné foi en l’humanité. Toujours agréable de voir qu’il y a une relève métalloïde dotée d’une intensité sans limite qui se laisse aller dans le pit tandis que nous, nous restons peinards sur le côté!

Cette année, le Heavy Montréal a vraiment amélioré l’expérience familiale. Avec la section ENFANT, il y avait une portion allaitement, un endroit pour changer le petit dernier, un coin bricolage, quelques jeux gonflables et une shop à tatouages… temporaires! L’ouverture d’esprit  face à cette réalité familiale métallique a été encore plus présente cette année. L’enfant a trouvé sa place en 2019.  Tellement familial et porté sur la relève que vous aurez même droit à des entrevues métalliques mais… effectuées par un jeune homme de 9 ans! C’est pour bientôt!

Le death metal sauce grindcore de Cattle Decapitation est précis et efficace. Ce groupe est excessivement habile et la présence du Québécois Olivier Pinard à la basse ne peut que solidifier la formation au niveau de sa justesse. Présent sur la tournée Summer Slaughter, Cattle Decapitation en était à sa deuxième présence au Heavy Montréal. Le nouvel album sera lancé dans quelques mois et Cattle Decapitation se veut encore en mode promotion face au précédent, The Anthropocene Extinction. C’est pourquoi la majorité des chansons provenaient de cet album, ce qui a pu déplaire à certains, étant donné le temps assez limité face à leur prestation. Fidèles à leurs habitudes, les musiciens ont agi comme de véritables métronomes sur des titres comme Manufactured Extinct, Pacific Grim, Forced Gender Reasignment et The Prophets of Loss. Travis Ryan a mené les troupes tout en alternant au niveau de ses capacités vocales… en plus d’expulser quelques expectorations gluantes, bien visibles!

Je n’ai pu voir Watain. Présent en famille, je me devais d’y aller avec le choix du groupe. Mes enfants voulaient avoir de bonnes places pour la prestation des fantomatiques musiciens de Ghost. Nous avons donc opté pour l’option de la visite à la toilette, au ravitaillement et de la recherche de l’emplacement idéal. J’ai pu recueillir des commentaires face à la prestation de Watain. En général, on me racontait ceci:

« Je pense que le band était complet. J’ai déjà vu Watain et c’était Erik Danielsson qui jouait de la basse. En tout cas, ça buchait en tab*rn*k! »

« C’était pas comme la première fois aux Foufs, quand ça sentait la mort. J’imagine que le petit vent a eu raison de l’odeur et que le fait que c’était dehors, tout était aéré! »

« Une vraie messe noire! Je ne les connaissais pas.J’ai quasiment eu peur! Je pensais que Behemoth était intense mais Watain, c’est débile! »

En décembre dernier, Ghost a livré toute une prestation à la Place Bell de Laval. Le public était excessivement varié. Des amateurs de death metal se mélangeaient avec des fans de progressifs et des pères de famille attendaient aux toilettes derrière des amateurs de black metal.  Même genre de public que lorsque nous allons voir un groupe majeur comme Iron Maiden. Ghost était seul lors de leur dernière présence en décembre et ce soir, le groupe fermait cette première soirée du Heavy Montréal. Oui, il y avait moins de temps de scène mais la troupe du Cardinal a su maximiser son temps en y allant avec une série de chansons qui ont pu satisfaire chaque couche et sous-couche d’amateurs du groupe. Si certains fanatiques apprécient beaucoup plus le côté grand public du dernier album, ils ont été très choyés contrairement aux puristes qui préfèrent le côté ancestral d’Opus Eponymous.

Avec la même présentation scénique que la dernière fois, les fanatiques du groupe revivaient pour une deuxième fois l’expérience Ghost, à quelques chansons près. Les Nameless Ghouls et Ghoulettes ont fait leur entrée sur scène sur Ashes, pièce qui ouvre le dernier album du groupe, le croustillant Prequelle. Par la suite, le Cardinal Copia, version velours rouge, est arrivé sur scène pour déclarer la soirée ouverte avec une interprétation fidèle de Rats. Avec autant d’énergie, il se voulait impossible de faire redescendre le momentum, c’est pourquoi le groupe a propulsé Absolution, Ritual et From the Pinnacle to the Pit.

Le parterre se voulait bien garni. En tournant la tête, de gauche à droite, tu remarques aisément que la foule n’est pas constituée uniquement de curieux. On connait les paroles par cœur, et on hurle à tue-tête. Le tout roule à merveille, même si plusieurs trouvent que le Cardinal Copia placote trop entre les chansons. C’est lui qui mène le bal et il le fait à sa façon. Fixation sur le mot « Oui », il en abuse grandement mais le tout est purement fait sous le signe de l’humour, un brin juvénile.

En tête d’un festival metal et en ouverture pour Metallica en Europe cet été, nous avons l’impression que Ghost a choisi du matériel plus musclé pour nous amadouer car avec Faith et Cirice, nous étions en mode solidité. Question de remettre du poids de l’autre côté de la balance, la pièce Miasma, qui se veut plus astrale et progressive, est venue nous charmer. Avec justesse, les musiciens sont passés de ponts musicaux en ponts musicaux, jusqu’à ce que Papa Nihil vienne nous faire son solo de saxophone.

Retour en mode ténébreux avec Year Zero. Cette pièce aux tendances ecclésiastiques permet à la foule de réagir fortement lorsque les lumières se dirigent vers la marée humaine, en attente d’un retour en chant satanique.

La foule gesticulait face aux pas directifs du Cardinal. Les Nameless Ghouls motivaient tous ceux qui ne semblaient pas vouloir obtempérer aux frasques du Cardinal et la scène aux allures d’une cathédrale nous éblouissait par sa blancheur.

Avec sa touche pratiquement ABBA-esque, He Is est cette chanson qui a permis à tout le monde de se doter d’un moment de plénitude. Plus apaisante et douce, elle offre un brin de réconfort face aux derniers canons que seront Mummy Dust incluant le solo de keytar, l’irrésistible Dance Macabre et la glorieuse Square Hammer.

Les gens sautaient, dansaient et s’époumonaient lors des derniers moments quoiqu’un rappel était à prévoir avec Monstrance Clock.

Fin de cette expérience ecclésiastique, même ceux qui doutaient de la présence de Ghost en tête d’affiche ont été éblouis!

La suite, pour la journée du dimanche… disponible très bientôt!

https://www.heavymontreal.com/fr

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      Photos : Mihaela Petrescu