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Dans la maison de Dieu

Classique est un euphémisme lorsqu’il est question de la pièce House of God. Elle est en effet littéralement devenue un hymne des raves au début des années 90 grâce à une nouvelle facture plus minimale que l’acid-house des premiers temps et un ton ironique très particulier. Lancée à la fin des années 80 par le Dimensional Holofonic Sound (DHS), House of God échantillonne un discours radiophonique d’un pasteur encourageant les fidèles à se rapprocher de la maison de Dieu en lui envoyant 50 $.

"Pour une question d’école, j’avais déménagé à Chicago, raconte Ben Stokes, alias DHS, de son studio de la ville des vents. À l’époque, entre 1984 et 1988, la radio occupait dans cette ville une place majeure dans la diffusion des premiers balbutiements du house et de l’acid-house, ce qui m’a en quelque sorte ouvert les yeux. Je n’avais pas beaucoup d’équipement et mon échantillonneur n’avait pas assez de mémoire. J’ai donc, entre autres, enregistré certains sons sur cassettes que je commandais à partir de la fonction pause. Ce qui est bizarre avec House of God, c’est que j’essayais de faire une vraie chanson house, mais elle est devenue déformée parce que j’utilisais des équipements de mauvaise qualité. Je crois en fait que c’est ce qui lui ajoute un certain charme." Fait à souligner: il faudra attendre trois ou quatre ans après sa parution et sa montée au sommet des palmarès européens pour qu’elle fasse de même aux États-Unis.

Dans les années qui ont suivi, House of God a été reprise de manière illégale (bootleg) des dizaines, si ce n’est des centaines de fois. "En réalité, précise Stokes, je reçois encore aujourd’hui des demandes d’autorisation pour des compilations!" Une pièce de Black Legend contenant un échantillon de House of God a même atteint la tête des palmarès allemands l’année dernière.

Mais avant que la pièce connaisse ce succès, Stokes s’était allié à un groupe de vidéastes pour se concentrer sur sa deuxième passion, les films. Il a ainsi été responsable de plusieurs vidéoclips avec des artistes tels que De La Soul (Saturdays) ou Public Enemy (Night Train), aux dépens de sa carrière musicale. Quand l’aventure H-Gun se termina en 1998, il a créé, en collaboration avec Jack Dangers (leader de Meat Beat Manifesto), Tino, un D.J. fictif derrière l’étiquette du même nom.

Il a enfin réussi à combiner ses deux passions grâce à un spectacle live qu’il présente ce vendredi 12 octobre au Media Lounge du FCMM. Il y combine en effet, un peu à la manière de Coldcut, des techniques vidéo et musicales appuyé par un acolyte.

Meat market
Parfois, j’ai l’impression que la majorité des gros partys ne vivent plus que par leur réputation. Comment voulez-vous créer une ambiance qui sorte de l’ordinaire dans un Stade olympique rempli à craquer de "Monsieur Muscle" tous interchangeables, d’une sono toujours déficiente et d’éclairages puissants comme le jour? Le Black & Blue s’est très bien déroulé (mention spéciale aux Stereomovers), mais le sentiment de vivre un moment exceptionnel n’était pas au rendez-vous. Suis-je un idéaliste ou est-ce que la drogue est rendue si nécessaire?

Sona
La nouvelle était sur toutes les lèvres la fin de semaine dernière. L’afterhours montréalais Sona, qui appartenait auparavant à François Bazinet ( propriétaire de la boisson énergétique Guru), est maintenant passé dans les mains de son unique promoteur, les Productions 514. Changement? Continuité? Pour l’instant, on parlerait déjà (encore une fois!) d’un déménagement prévu pour le printemps prochain…

Aussi à surveiller:
– Les D.J. One et Saturnin lancent ce samedi le nouvel horaire des soirées Sensation du Jingxi (anciennement le mercredi).

Glen Wilson du label Planet Rhythm spinnera au Sona le 12 et sera suivi de l’infatigable Junior Sanchez le lendemain.

– L’Aria reçoit un des plus grands D.J. technos suédois, Thomas Krome, ce vendredi; et DJ Diz le lendemain, de retour après l’annulation de sa venue en raison des attentats.

– Le 13 octobre, DJ Bo vous reçoit au Petit Café Campus pour du funk mur à mur à Funk qui peut!, avec de vieux classiques, des grooves rares, du hip-hop old school et du house funky (gratuit).