D-Natural est son nom
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D-Natural est son nom

D-Natural, le premier rappeur de l’histoire de la ville de Québec, tente un retour en force cette semaine sur les tablettes des disquaires décalés avec un premier album défendable devant la critique. Découvert après un passage remarqué à MusiquePlus en 1994 grâce au programme budgété Démo-Clip mis à l’écran à l’époque pour favoriser l’émergence de nouveaux artistes (et redécouvert l’hiver dernier aux émissions de Louis-José Houde et Richard Petit sur M+), l’extraordinaire D-Natural refait surface après une décennie où il s’est tenu à carreau dans le faux ghetto de Limoilou. "Il n’y a pas de ghetto digne de ce nom au Canada", précise-t-il en prémisse à cette première entrevue en carrière pour la presse écrite et aussi pour répondre à tous les dénigreurs qui lui reprochent de ne pas être un vrai hip-hopeux au passé douteux.

"Au Québec, je suis le deuxième à avoir fait du rap. En premier, c’est MRF (Mouvement rap francophone), puis moi, et ensuite le Rappeur chic et le Montréalais KC LMNOP sont arrivés presque en même temps. Personne à l’époque ne considérait le rap comme de la musique, trop de paroles et pas assez de musique…" Eminem, le Elvis du débit rappé, a depuis conquis le monde et les radios commerciales sondent maintenant les profondeurs de l’underground à la recherche d’un prochain Nelly ou de n’importe quoi pouvant ressembler à une pièce de 50 cents. Quant à D-Natural – le seul rappeur controversé au Québec -, très difficile de prévoir s’il tournera vraiment à la radio commerciale. Après deux semaines à trôner au sommet de MusiquePlus avec son nouveau clip et un album sémantiquement irréprochable dans les bacs depuis la semaine dernière (Ez Back, pressé à seulement 2000 exemplaires), les jeux sont faits et rien ne va plus.

Mais où était ce prince de la rime pendant toutes ces années? "Ben, je m’étais seulement éloigné de la culture rap, devenue trop violente à mon goût, mais j’avais encore le goût de faire de la musique." Longuement méditée, la reprise des activités de l’artiste n’est pas sans semer quelques sourires au passage. Convaincu d’être drôle, et non pas ridicule, D-Natural adore faire rire et déteste les gens qui le dénigrent par méchanceté. Le quasi-trentenaire explique: "Pas grand-monde me prennent au sérieux, et puis y’a ceux qui me prennent trop au sérieux… Mais ça, j’y peux rien!" Tu regrettes des choses, artistiquement parlant? "Pas vraiment, mais j’aurais voulu prendre un sampling de Félix Leclerc pour mon nouvel album, mais les Français qui possèdent les droits sur l’oeuvre ne m’ont jamais répondu." Peu importe, le nouvel album est tout sauf ennuyeux.

Après un concert à demi-réussi au Vans Warp Tour plus tôt ce mois-ci, D-Natural remonte sur la scène, chez lui cette fois, pour un tout nouveau spectacle qui met aussi en vedette les mauvais garçons de la formation Black Taboo, spécialisée dans l’humour salopé et la chanson grivoise extrême. Aussi attendu, le surdoué Biggest à qui D-Natural doit la plupart de ses mélodies. Un rendez-vous historique pour les trash-cultureux.

À l’Autre Caserne, le vendredi 12 septembre. 10 $ à la porte.

Aussi à surveiller:

Ce jeudi chez Dagobert, le Montréalais XL est l’invité de Marco G. Veuillez aussi prendre note que Donald Glaude a été annoncé en remplacement de Ferry Corsten la semaine prochaine comme tête d’affiche du préparty de Express2.

Rien de tranquille ce vendredi au Cube. Kevin Energy est l’invité de Banging Mark, alors que Nutron complète l’alignement de cette nuit consacrée au Nu-NRG.

Ce lundi Uptown chez Maurice, le nouveau résident Simon Sez déroule le tapis rouge pour Bruno B et Drixx.

Ce lundi French-touch chez Frankies, Debbie Tebbs sera précédée de Mycélium et Saillant.

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