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Top 5 des bons coups (locaux et culturels) de 2014

Il y a eu Mommy et 1987 pour sauver la face du cinéma québécois. Fanny Bloom et Alexandre Désilets pour redorer le blason de la pop montréalaise. La victoire de Nevsky à l’ADISQ, le changement de garde concret qu’on attendait, et l’exercice de style signé Geneviève Pettersen pour galvaniser les nostalgiques de l’ère Cobain. Mais qu’est-ce qui a marqué l’an de grâce 2014 à l’échelle locale, celle de Québec-la-ville?

À l’heure des palmarès de fin d’année, et peut-être même une dizaine de minutes avant, voici un résumé des moments forts en cinq points qui vous ont peut-être échappés. Ou peut-être, aussi, emballés à votre tour. Des événements marquants, des tournants pour la scène locale de tout acabit (danse, musique, arts visuels, théâtre) qui changent la face de la Labeaume City à leur manière. Modestement, en apparence, sans tambour ni trompette pour la plupart, mais qui contribuent à dépoussiérer l’image que certains rabat-joie se font de la capitale provinciale de la fonction publique.

Exit les idées des animateurs de radio redneck, la haine véhiculée à l’endroit de ce que ces grandes-gueules-là appellent les B.S. de luxe. Les artistes de Québec travaillent dur et souvent dans l’ignorance presque totale de la presse locale pantouflarde. Il est temps de mettre les créateurs d’exception sous les projecteurs!

5- Faire l’amour, l’invitation sulfureuse du Périscope

Un porno pour le cœur, un texte d’une grande humanité et des acteurs à fleur de peau. Faire l’amour, c’est le titre d’une pièce écrite par la même Anne-Marie Olivier qui dirige le Théâtre du Trident de 9 à 5 et probablement au-delà des heures de bureau. Une pièce qui a d’abord (ne l’oublions pas) été présentée dans l’ancienne synagogue de la rue Crémazie avant d’être exportée à l’Espace Libre et retranscrite dans un bouquin édité par Atelier 10 (magazine Nouveau Projet).

Le genre de spectacle rassembleur, et pas juste grâce au titre franchement racoleur, qui fait pleurer de beau. Un tour de force dans la douceur, une pièce qu’on espère voir traduite et reprise dans 20 ans.

4- L’arrivée de Kaël Mercader sur Tumblr

Il est de ces artistes qui créent sans bruit, sans attaché de presse pour les pousser, sans la moindre prétention. Et pourtant, la proposition picturale de Kaël Mercader est unique au monde – jusqu’à preuve du contraire.

Surnommé le «Vélasquez de Microsoft Paint» dans un article web devenu viral et paru en avril sur voir.ca, le portraitiste et caricaturiste continue de se terrer dans son appart de Saint-Jean-Baptiste pour créer ses œuvres aussi décalées que précises. Un autodidacte attachant, qui s’est récemment vu offrir un espace d’expo au Scanner et un contrat pour illustrer la pochette de l’excellent (et marquant) album homonyme de Men I Trust.

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      3- Fjord, la bouffée d’air frais électropop

      Ils en ont mis du temps, Thomas Jackson Casault et Louis-Étienne Santais, avant de téléverser les chansons qu’ils cachaient jalousement dans leur disque dur. Jusqu’à ce qu’ils s’ouvrent enfin un compte Bandcamp pour y déposer trois chansons, un featuring avec Gabrielle Shonk et surtout trois pièces qui mettent en valeur la voix (très) haut perché de Thomas.

      Ouvertement inspiré par Phoenix et attiré vers les sonorités asiatiques, le duo basé dans Montcalm crée sa musique avec un souci extrême du détail. Et avec les perles «pas finies» qui dorment dans l’ordi de son studio maison, gageons qu’ils fera beaucoup parler d’eux en 2015.

      2- L’appui (majeur) de la Ville pour Où tu vas quand tu dors en marchant…?

      Cette année, Labeaume et ses conseillers n’ont pas renouvelé les contrats du Cirque du Soleil (Les chemins invisibles) et de Robert Lepage (Le moulin à images) pour tout miser sur le spectacle déambulatoire du Carrefour international de théâtre mené de front par la toujours terriblement proactive Marie Gignac.

      En mettant toutes leurs billes dans le même panier, les décideurs municipaux ont considérablement augmenté le nombre de représentations du parcours et, par le fait même, donné une vitrine de choix aux comédiens, metteurs en scène, scénographes, acrobates et autres créateurs ultra-talentueux de Québec. Mais, surtout, ce spectacle-là permet une initiation en douceur au monde du théâtre qui rebute encore un trop grand nombre de personnes dans notre ville qui se démarque toutefois par sa vitalité au rayon du sixième art.

      Le Parquet, crédit: Francis Gagnon
      Le Parquet, crédit: Francis Gagnon
      1-La petite scène au Cercle

      La palme de l’acte de démocratisation suprême va toutefois à La Rotonde et au Cercle qui ont fait front commun cette année pour présenter de la danse contemporaine… dans un bar! Présenter Margie Gillis en permettant aux spectateurs de parler et de boire une bière en même temps, ça prenait des couilles!

      Bien que calquée sur un concept qui existait déjà à Vancouver, La petite scène innove localement et permet à toute une communauté de créateurs de se faire connaître au-delà des cercles d’initiés. Une façon originale de diversifier son public.