Eskonyen' Wendake!
Visite libre

Eskonyen’ Wendake!

Riche, complexe, partiellement oublié puis retrouvé. Le patrimoine de Wendake a quelque chose d’intimidant pour n’importe quelle journaliste néophyte, mais désireuse de partager son expérience sans maladresse. 

Traduction du titre en langue wendat: À la prochaine (« Je te reverrai encore une fois ») Wendake!

Oubliez le Village des Hurons, appellation périmée, et la triste image que vous vous faites peut-être des proverbiales réserves, un résidu des reportages de la télé. Fiers, érudits et dotés d’un sens des affaires indéniable, les Wendats continuent de trimer dur pour retracer cette culture qu’on a presque réussi à leur voler.  Une langue, des musiques et un savoir-faire (ils sont de formidables artisans!) qui sont célébrés en un même lieu depuis 2008, année de l’inauguration du très bel Hôtel-Musée des Premières Nations. Un attrait touristique qui gagnerait à être davantage connu et fréquenté par les gens de Québec.

Sis à seulement 15 km du quartier St-Jean-Baptiste, quoique qu’étrangement difficile d’accès par taxi, Wendake reste relativement accessible en transport en commun grâce à la 801, la 72 et la 804. Si vous partez du centre-ville, prévoyez toutefois une bonne heure voire 90 minutes pour arriver à bon port. N’empêche : l’aventure n’a rien d’irréalisable et ça m’a joyeusement étonnée parce que, comme plusieurs piétons de ma ville, je me suis souvent heurtée aux limites du RTC. Quoi qu’il en soit, je n’avais donc aucune raison valable de repousser indéfiniment cette escapade vraiment trippante chez mes voisins qui ont tellement à offrir en termes de mythologie (je reviendrai sur ma rencontre avec Yolande Picard), de gastronomie et d’architecture.

Avant d’y mettre les pieds, j’avoue être restée dans l’ignorance longtemps, caressant les souvenirs flous d’une paire de raquettes en babiches et des visites de mon père chez un guérisseur quand il avait mal au dos. Qu’à cela ne tienne : les gens qui m’ont accueilli sur place ne m’en ont pas tenu rigueur. Au contraire.

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(Crédit: C. Genest)

Ma visite commence au musée avec la  collection d’artéfacts mise en valeur avec une scénographie simple, mais majestueuse, une trame sonore de roucoulement d’oiseaux dans les speakers et une forêt d’arbres nus au clair de lune. On y découvre des objets qui remontent jusqu’au 15e siècle, mais aussi l’extrême minutie des joailliers et autres artisans de la communauté qui s’efforcent de parfaire leur technique depuis des siècles. En totale harmonie avec la nature, et soucieux de ne perdre aucune partie de l’animal chassé, les créateurs de vêtements, de chaussures ou d’accessoires utilisent même le poil d’orignal pour la confection de leurs borderies. Une pratique encore d’actualité, comme en témoigne la chasuble du prêtre de la chapelle de la paroisse Notre-Dame-de-Lorette. Quelle dextérité, quand même!

(Crédit: C. Genest)
(Crédit: C. Genest)

Toujours au musée, je suis pour la première fois mise en contact avec l’œuvre de Zacharie Vincent, un peintre Wendat du 19e siècle dont l’esthétique et la palette de couleurs me rappelle un peu Vélasquez. Un corpus éclectique, bien que pensé pour rendre hommage à ce « pionnier de l’art autochtone contemporain», qui compte aussi une installation de Ludovic Boney – membre de la communauté et auteur du récent 1% au Pavillon Pierre-Lassonde.

Recoller les morceaux

Une poignée d’intellectuels Wendats mettent leurs aptitudes de recherche à profit pour reconstituer le passé. C’est le cas de Yolande Picard, conteuse et femme de lettres, qui partage ses légendes empreintes de spiritualité à la nuit tombée dans la maison longue Ekionkiestha’ érigée à quelques dizaines de mètres du centre de villégiature. Une habitation construite dans les règles de l’art, le fruit du travail de l’anthropologue et archéologue Yves Chrétien. Le bâtiment n’a, pour ainsi dire, rien de fake.

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(Crédit: C. Genest)
(Crédit: C. Genest)
(Crédit: C. Genest)
(Crédit: C. Genest)
(Crédit: C. Genest)

L’histoire culinaire Wendat est aussi l’objet d’une mise en marché séduisante au restaurant de l’Hôtel-Musée des Premières Nations, gracieuseté de Martin Gagné. Avec une certaine liberté, il l’avoue lui-même, le chef de La Traite apprête des plantes aborigènes (genre : poivre des dunes et le sapin baumier) et des viandes de chasse comme le cerf ou le loup marin pour réactualiser la cuisine boréale à sa manière. Le résultat est accessible, quoi que moins enthousiasmant pour les végétariens, et franchement savoureux.

(Crédit: C. Genest)
Rissolé de champignons, gelée d’argousier au basilique, paillot de chèvre des cantons et pomme (Crédit: C. Genest)

Vous voulez y aller? Le Musée-Hôtel des Premières Nations est situé au 10 Place de la Rencontre.

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