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Des robots et des hommes

 

 

«Stratagèmes», «fraude électorale», «détournement de démocratie» – les accusations fusent à Ottawa contre le Parti conservateur du Canada (PCC) et le gouvernement Harper.

La cause; l’utilisation alléguée par le PCC dans au moins une quarantaine de comtés, lors de la dernière élection, de robots téléphoniques. Et ce, en bonne partie en Ontario – la province qui a «donné» à Stephen Harper sa victoire majoritaire.

Objectif: appeler des sympathisants du PLC ou du NPD en se faisant passer pour Élections Canada pour les diriger vers de bureaux de scrutin qui, dans les faits, n’existaient pas. Résultat recherché: dissuader ces électeurs de voter.

Des électeurs auraient aussi été harcelés au téléphone, même en pleine nuit, par des individus se faisant passer pour des libéraux ou des néo-démocrates. Objectif: par la négative, fatiguer ces électeurs pour qu’ils ne votent pas ou votent contre le PLC ou le NPD. C’est ce qu’on appelle dans le vieux jargon politique «écoeurer les électeurs».

Le Bloc allègue également avoir été victime de robots téléphoniques.

Notons que le stratagème des appels harcelants, répétitifs et à des heures indues, pour décourager des électeurs de voter pour le candidat d’un parti adversaire, est un procédé connu depuis longtemps dans le milieu politique.

Quant au premier ministre Harper, il nie tout.

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Or, l’accusation est grave.

Voir aussi cet article de fond (en anglais) sur le sujet.

Bref, on parle ici de quelque chose qui commence à ressembler à un «RoboGate»…

Ce genre de tactique voulant que la fin justifie les moyens ne va pas non plus sans rappeler un autre stratagème troublant utilisé dans le comté montréalais de Mont-Royal.

Le Parti conservateur y avait commandité un sondage téléphonique fait auprès des électeurs du comté où la firme laissait entendre, faussement, que le député libéral Irwin Cotler serait sur le point de démissionner, ou entendait le faire.

Pour les partis d’opposition, ces dernières allégations de robots téléphoniques et d’appels de harcèlement sont une énième preuve de la volonté du PCC et de son chef de gagner leur majorité à tout prix. Une énième preuve d’un mépris pour la démocratie.

Bref, à la Chambre des communes, cette histoire ne fait que commencer.

Et si jamais ces allégations devaient s’avérer fondées, on pourrait alors dire que l’Union nationale de Maurice Duplessis faisait voter les morts, mais que les conservateurs de Stephen Harper, eux, préféraient empêcher les vivants de voter. Du moins, ceux qui ne votent pas pour eux…

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