Ne manquez rien avec l’infolettre.
BloguesPlan B

Le clin d’oeil de Gabriel Nadeau-Dubois

Carol-Ann Kack et Gabriel Nadeau-Dubois en visite à la Distillerie St-Laurent - crédit: Mickaël Bergeron
Carol-Ann Kack et Gabriel Nadeau-Dubois en visite à la Distillerie St-Laurent – crédit: Mickaël Bergeron

Les trois jeunes filles se sont mises à rougir dès que Gabriel Nadeau-Dubois a fait son entrée dans la cafétéria du cégep de Carleton-sur-Mer, en Gaspésie. Et leur visage est devenu rouge tomate lorsqu’il a finalement discuté avec elles.

Est-ce que tous les jeunes étaient aussi enthousiastes à rencontrer le jeune politicien? Non, mais l’effet est bien là quand même. Pas seulement chez les jeunes, il se fait sentir dès qu’il entre dans une place, y compris dans les entreprises.

Évidemment, il y a la figure publique qu’il a bâti en 2012 et qu’il a continué à construire avec ses différents projets et engagements qui ont suivi. Gabriel Nadeau-Dubois incarne et représente certaines valeurs que plusieurs personnes jugent absentes des débats publics ou des classes politiques habituelles.

Il y a six ans, il se battait pour la gratuité scolaire. Il y a quatre ans, il invitait les gens à financer la lutte contre Énergie Est et aujourd’hui il est dans un parti qui prône la gratuité scolaire et qui est contre les énergies fossiles. C’est cohérent.

Il incarne une forme de conviction et d’authenticité. Que l’on aime ou non les idées mises de l’avant par «GND», ou sa manière de le faire, il a gardé une cohérence et a toujours mené des luttes qui allaient dans la même direction et ça, ça plait à beaucoup de gens. Ça crée une confiance. Ça inspire les jeunes.

On ne peut pas en dire autant pour François Legault, par exemple, dont on ne sait toujours pas pourquoi il fait exactement de la politique, sauf peut-être l’attrait du pouvoir ou son égo – ce n’est pas pour la maternelle à 4 ans en tout cas.

Il réussit donc à créer une mobilisation, à attirer l’attention. Il suffit qu’il invite des gens à donner du temps et des gens s’inscrivent afin de donner du temps, de faire du bénévolat. Il stimule les troupes.

Il écoute et devient facilement amical avec les inconnu.e.s qu’il rencontre. Il a un contact naturel avec les gens, il leur parle d’égal à égal.

Plusieurs jeunes qui étaient au secondaire ou aux études postsecondaires pendant le Printemps érable m’ont confié voir en Gabriel Nadeau-Dubois une sorte de héros, une inspiration. Il représente leur éveil social, leur soif de justice.

Malgré dix ans de couverture politique, je n’ai pas encore connu beaucoup de politicien.ne.s de ma génération, bien qu’il ait huit ans de moins que moi, qui ont ce charisme et cet effet mobilisateur.

J’ai aussi observé un jeune homme qui connaît ses dossiers, capable de rebondir sur toutes les questions, de répéter les mêmes réponses avec la même énergie, être à l’aise devant une adolescente, un maire, une entrepreneure, des journalistes, sur une scène, dans une assemblée de cuisine, bref, je ne l’ai jamais senti pris au dépourvu, décontenancé ou sur un mauvais ton. Ce qui est loin d’être le cas chez tous ou toutes les élues.

Il a aussi ce clin d’oeil, qui se veut complice, mais sans non plus être grossier. Un clin d’oeil qu’il fait pour saluer, pour détendre, pour créer un lien. Il le fait lorsque tu le croises dans un corridor, lorsqu’une blague surgit, lorsqu’il dit une information «privilégiée». J’ai pourtant tendance à facilement trouver les clins d’oeil niaiseux et si ça m’a souvent faire sourire dans ma barbe pendant cette semaine sur la route avec le parti, je dois dire que son clin d’oeil est drôlement efficace.

Qu’on se comprenne bien, ceci n’est pas garant de ce qu’il fera plus tard et le charisme ne fait pas de quelqu’un une personne parfaite – j’ai entendu des critiques à son endroit, des critiques qui collent souvent à des gens qui ont du charisme, de l’intelligence et de l’ambition.

Mais après une semaine à suivre ce jeune homme de 28 ans, il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas déjà voir une personnalité politique forte et, élément important en politique qu’on oublie trop souvent dans le clientélisme, qui inspire.