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Musique

Osheaga: Le grand rassemblement

Plus d’une semaine avant le grand rendez-vous musical qu’est Osheaga, on se remet en mode festival. 

À l’aube de sa 11e année d’existence, l’événement montréalais Osheaga s’est déjà taillé une place de choix dans le palmarès mondial de rentabilité des festivals musicaux selon Forbes. Quelques semaines avant la venue en ville de Radiohead, de Lana del Rey et des Red Hot Chili Peppers, nous en avons profité pour discuter de l’importance de ces grands rassemblements musicaux avec Nadine Mathurin et Marc-André Mongrain, deux mélomanes qui ont beaucoup voyagé ces dernières années pour voir de quoi se chauffent les Coachella, Lollapalooza et autres gros joueurs du genre.

«Ça devient un réflexe de se dire: « Ah! je vais prendre des vacances à tel ou tel moment de l’année », et puis tu regardes les festivals qui ont lieu autour de ces dates», dit Marc-André Mongrain. Celui qui est rédacteur en chef du média culturel en ligne Sors-tu.ca depuis 2010 s’est déplacé en Californie quatre fois pour Coachella (le festival de tous les festivals), deux fois au Texas pour South By SouthWest, et a aussi assisté à Lollapalooza (Chicago), Boston Calling, Outside Lands (San Francisco), Iceland Airwaves (Reykjavík) et, plus récemment, Northside Festival (Brooklyn).

De son côté, Nadine fréquente aussi les gros festivals internationaux dans le cadre de ses vacances, mais c’est plus souvent en Europe. Quand les billets d’avion sont achetés, elle regarde ce qu’il est possible d’aller voir, quels festivals se trament autour de ses destinations. Nadine est allée au festival de musique électronique Sónar à Barcelone en 2009, puis ont suivi Coachella (trois fois) et Primavera à Barcelone (trois fois aussi).

Les grands festivals musicaux, ce n’est pas pour tout le monde. En mars dernier, trois journalistes du New York Times s’interrogeaient sur la valeur de tels événements dans l’article «Why We’re Not Making Plans for Coachella and Bonnaroo». Les trois hommes affirmaient que les méga festivals se ressemblaient trop à présent et ils se demandaient si, de nos jours, ces événements étaient vraiment la meilleure façon de voir des shows live. Une réplique du média en ligne Consequence of Sound a suivi quelques jours plus tard, évoquant plusieurs raisons de continuer à faire la couverture médiatique des festivals: on peut y voir des moments inoubliables (l’hologramme de Tupac à Coachella, par exemple) et le mélange des genres musicaux provoque la rencontre des publics.

Il est vrai que l’aspect social des festivals semble parfois avoir plus d’importance que l’aspect musical pour bien des festivaliers. À Osheaga par exemple, les jeunes Ontariens sont nombreux puisque le festival se tient pendant un long week-end dans leur province. Plusieurs en profitent donc pour visiter Montréal et se payer un week-end le fun, au soleil, avec des amis et de la musique. Ça peut être frustrant pour le mélomane invétéré de se buter à une grosse foule qui est plus ou moins attentive, mais ça fait partie de la game.

«Si t’aimes vraiment un groupe, les gros festivals ne sont pas nécessairement le meilleur contexte pour le voir parce qu’effectivement, c’est à l’extérieur et y a plein de gens qui se foutent de ce band-là qui seront dans ton chemin, explique Nadine, en ajoutant que pendant Radiohead à Primavera il y a quelques semaines, une dame près d’elle utilisait l’application Shazam pour chaque chanson jouée par le groupe (!). Marc-André note aussi la multiplication des égoportraits et autres distractions dans ce genre de foule avant que Nadine ajoute un point sur lequel nous sommes tous les trois d’accord: «En mode découverte, par contre, c’est la meilleure façon de voir des groupes.»

«Je trouve toujours que les gens regardent les deux premières lignes de l’affiche et jugent un festival là-dessus, mais c’est vraiment pas là que ça se passe, croit Marc-André. La qualité dans un festival, c’est quand tu regardes toute la carte au complet. Si y a plein de bands que tu connais pas, c’est bon signe.»

Photo : Susan Moss

Faire des découvertes parmi la grande palette de concerts offerts est effectivement un des grands plaisirs des festivals de musique et quelque chose d’assez inévitable. Des découvertes faites dans les années passées, par hasard ou pas: je pense à Hospitality, Palma Violets et Royal Blood. Cette année, je vais tenter d’attraper BØRNS, Dear Rouge et Jeremy Loops. Lorsqu’on est en mode festival, il y a aussi une autre opportunité qui s’offre à nous: celle d’aller voir des groupes qu’on connaît et qu’on aime bien, mais pour lesquels on ne payerait pas nécessairement pour les voir en concert en salle.

«La valeur d’un festival, pour un vrai mélomane, c’est ce qu’offre l’ensemble d’une journée, renchérit Marc-André. C’est cette expérience-là de voir Radiohead en fin de soirée, et en début de journée un petit band sur qui t’as tripé mais qui ne remplirait pas une petite salle. Si t’arrives à 13h comme moi – je suis un freak! –, tu commences avec des bands que tu connais pas du tout.»

Un gros festival, ça rassemble tellement de gens que l’événement doit tenter de plaire à tout le monde. «Pour une bonne programmation, ça te prend un gros nom électro, hip-hop, rock…», dit Nadine. De ce côté, Osheaga réussit à bien jouer ses cartes, estiment nos deux interviewés.

Alors, comment faire ses choix à Osheaga ou ailleurs? Il faut prendre des risques. Même si ça ne veut pas dire qu’ils seront les bons… «L’année passée, y avait eu LE moment d’Osheaga pendant le concert d’Edward Sharpe and The Magnetic Zeros, se souvient Marc-André. Moi je m’étais dit: « Je vais aller voir le batteur de Radiohead pour l’encourager à amener le band à Osheaga l’année prochaine! » Y avait 20 personnes pour le concert de Phil Selway et c’était pas très bon. Avec mes amis, on revient donc à Edward Sharpe et tout le monde est en train de brailler parce que le groupe a amené un gars en chaise roulante sur la scène.»

Par ailleurs, Nadine suggère aux festivaliers de bouger de scène en scène et d’essayer de découvrir des artistes même si ceux-ci ne sont pas de grands noms, comme elle l’a fait en avril à Coachella. «Faire des choix, c’est un supplice, mais il faut faire des choix dans la vie! Y a une journée où mes amis sont allés voir The Kills et moi j’suis allée voir 2manydjs toute seule et j’ai eu le fun de ma fin de semaine!»

Au moment d’écrire ces lignes, l’horaire complet d’Osheaga vient d’être dévoilé. En attendant de tenter de faire les bons choix, on se donne rendez-vous à l’ouverture des portes pour le début des découvertes osheagiennes.

NOS ARRÊTS SUGGÉRÉS

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Au parc Jean-Drapeau les 29, 30 et 31 juillet osheaga.com

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