Rap local : KGoon, Mathew James, Green Hypnotic et Kabū
Rap local

Rap local : KGoon, Mathew James, Green Hypnotic et Kabū

Chaque semaine, cette chronique vise à mettre en lumière les prochains shows et les plus récentes sorties des scènes rap et hip-hop instrumental québécoises.

KGoon,  croire en ses rêves //

De passage au festival Ancient Future en fin de semaine, le rappeur montréalais KGoon se dit heureux du chemin parcouru dans les dernières années et vise maintenant une carrière internationale.

Côtoyant la scène du Quai de l’horloge avec des têtes d’affiche électro comme Hudson Mohawke, Fritz Kalkbrenner et Omar Souleyman ainsi que des artistes hip-hop locaux comme Zeina, GrandBuda et Brown, KGoon se considère comme «privilégié». «Je trouve ça très spécial. Je me sens surtout honoré que l’équipe de programmation ait pensé à moi», dit-il.

Sans DJ, le Montréalais de 22 ans offrira une prestation d’une vingtaine de minutes accompagné de deux de ses fidèles acolytes : Ezra du groupe pop Three of a Kind et son cousin Seven LC.

C’est d’ailleurs avec ce dernier qu’il a fait ses premières armes en tant que rappeur il y a un peu plus d’une décennie. «On devait avoir 10 ou 11 ans quand on est allés au Dollarama pour acheter un micro à 2$ et qu’on a downloadé le programme Audacity pour commencer à enregistrer. C’était très tranquille au début, mais on a tellement gagné d’expérience avec le temps.»

Au début du secondaire, les deux complices ont fait paraître «un genre de CD de huit chansons» qu’ils ont vendu à leurs proches. «C’est là que j’ai compris que des gens pouvaient être intéressés à débourser pour acheter ma musique. Ça m’a ouvert les yeux, et j’ai pris la musique plus au sérieux.»

C’est tout près de la polyvalente Saint-Henri, dans le studio maison d’Ezra, que KGoon a poursuivi son évolution. «On était une gang d’amis et, tous ensemble, on a cotisé pour acheter un micro plus professionnel. On a ensuite téléchargé Cuebase, puis on a publié nos chansons sur Facebook et Youtube. À ce moment-là, je voulais être comme mes idoles 50 Cent et Lil Wayne. C’était ça, mon mindset».

Une mixtape plus tard, le jeune rappeur alors en pleine adolescence a voulu mettre ses énergies au profit d’un projet plus étoffé. «Ça n’a jamais vraiment abouti par contre. Chaque fois que je retournais au studio, je trouvais que mes chansons s’amélioraient, donc je mettais de côté celles que j’avais faites. Elles étaient pas à la hauteur de mon talent.»

Initié en 2013 et paru au tout début de l’été actuel, Tables Turn est donc le fruit d’un travail de longue haleine. «Pesos et Count Up ont été faites il y a longtemps, mais le reste a été réalisé dans la dernière année. Je voulais prendre le temps de look back à la big picture, en écoutant attentivement les chansons une par une.»

Pour ce qui est des textes, le rappeur a choisi de creuser les moments difficiles de son enfance et de son adolescence passés dans son quartier natal. «Je voulais parler du milieu dans lequel j’ai grandi. Si tu regardes Saint-Henri, c’est pas le meilleur quartier à vivre. On est à 10 minutes de Westmount, mais tout est très différent. Moi, j’ai cinq frères et quatre sœurs, donc à la maison, on était 12, tout ça sans compter les cousins qui ont momentanément habité avec nous. Basically, c’était pas une enfance de rêve, mais mes parents m’ont toujours mis en garde face aux façons illégales de faire de l’argent. Ils m’ont dit de rester à l’école, mais bon, beaucoup de choses sont arrivées à travers tout ça… Je veux chanter ce que j’ai vécu. Sérieusement, je ne crois pas que je serais capable d’écrire sans ce parcours-là.»

Pour appuyer son récit, KGoon a fait appel à plusieurs producteurs, notamment le Montréalais Drilla. Sans être un grand fan de mumble rap, le rappeur dit être tout particulièrement intéressé par les scènes d’Atlanta et de Miami.

C’est d’ailleurs dans l’une de ces villes, ou bien à Los Angeles ou New York, qu’il aimerait s’installer pendant quelques mois pour tenter de percer le marché américain. «La raison précise qui me pousse à viser l’international, c’est que je veux faire des chansons avec mes idoles. Pour vrai, 50 Cent, je veux faire une vidéo avec lui! Je suis quelqu’un d’assez compétitif, donc le marché américain me fait pas peur. J’veux faire partie des gros noms.»

Si sa carrière à Montréal prend actuellement son envol, elle est toutefois freinée par un détail tout particulièrement accablant : l’annulation de plusieurs de ses spectacles par les services de l’ordre. «Je dois avoir eu cinq ou six shows dans la dernière année qui ont été cancellés. Je trouve ça tellement plate, car je travaille très fort pour montrer mon talent au monde. J’ai jamais vraiment su la raison de ces annulations jusqu’à tout récemment, car la personne qui m’a booké m’a dit la vérité. Selon la police, même si j’ai aucun dossier criminel depuis que je suis majeur, je serais le genre de personnes à amener de la violence à mes shows, notamment en raison de mon entourage. C’est ridicule, mais je vais pas tomber dans leur piège, car je sais que ce qu’ils veulent, c’est que je fasse autre chose pour obtenir mon argent. Je vais pas me mettre à voler, malheureusement pour eux… Je suis trop intelligent pour ça. Je vais continuer de croire en mes rêves.»

En spectacle à Ancient Future – Quai de l’horloge (Montréal), 8 septembre (21h)

Nouveautés d’envergure //

Avec Les profondeurs du lac Miroir,  le Rouyn-Norandien Mathew James propose l’un de ses projets les mieux ficelés en carrière.

Près de deux ans après son double EP Emotions, le rappeur originaire de Laval Green Hypnotic y va d’un nouvel album qui bénéficie des productions de High Klassified, Freakey! et Yen Dough.

Le Montréalais J.O. s’illustre sur cette production trap.

Le jeune Nyt Killa se révèle avec Hors jeu.

JTReal se joint à Young Dev sur Pull Up.

À quelques jours de la sortie de son premier album solo, Lunice en dévoile un autre extrait convaincant, cette fois avec le New-Yorkais Le1f.

Le talentueux producteur jamvvis revisite une chanson du chanteur et rappeur JT Soul.

Les Anticipateurs publient une vidéo promotionnelle pour une nouvelle boisson fortement alcoolisée. Pour l’occasion, ils sont entourés des filles de la (géniale?) émission Barmaids.

Souldia garde la cadence et annonce la sortie de son cinquième effort Ad Vitam Aeternam le 6 octobre prochain. L’extrait Espérance poursuit dans les tons mélodramatiques de Sacrifice, son précédent album paru l’automne dernier.

L’un des rappeurs les plus en vue des derniers mois, Izzy-S, dévoile le premier extrait de sa prochaine mixtape.

Toujours aussi imprévisible, Hardbody Jones y va d’une pièce plus accessible que le reste de son répertoire, autrement plus incisif.

Le rappeur et producteur YingYann cultive un univers étrange dans son dernier clip.

Formé des frangins Christopher et Paul Cargnello, Skinny Bros livre un mini-album lumineux aux multiples collaborations intéressantes (Sereni-T et Gabe ‘Nandez entre autres).

Le beatmaker Shino_OC présente un premier EP minimaliste.

Toujours aussi prolifique, Antwnn y va d’une autre livraison de beats.

Le producteur DeusGod lance un clip pour la chanson qu’il a présenté plus tôt cette année sur la compilation Nowadays vol. 7.

Kabū envoie deux EPs lo-fi plutôt intéressants dans lequel il donne un aperçu de son talent de beatmaker.

Le duo montréalais Chablis envoie un premier EP de beats expérimentaux aux nombreuses trouvailles sonores audacieuses.

Le beatmaker pudra y va d’une beat tape jazzy rap abstraite.

Le producteur Nicholas Craven s’allie à The God Fahim sur Until Def.

C-Drik rend hommage à sa famille dans ce nouveau clip.

3 shows à voir //

OUMF

Après un lancement à Rouyn-Noranda la semaine dernière et à Québec ce jeudi, le duo Eman & Vlooper termine son tour de piste avec un troisième lancement à Montréal, cette fois dans le cadre du festival OUMF. Lary Kidd le précédéra, tandis que Koriass le suivra durant ce spectacle gratuit.

Quartier latin (Montréal), 9 septembre (20h)

Show de la rentrée 2017

Koriass et Brown seront de la partie lors du traditionnel. show de la rentrée de l’Université Laval.

Pavillon Alphonse-Desjardins (Québec), 13 septembre (15h)

Dead Obies + invités

L’heure de la consécration est arrivée pour Dead Obies, qui poursuit le sprint final de la tournée en soutien à son deuxième album dans un lieu fort important de l’écosystème musical montréalais : le Métropolis. Sur le point de remplir la salle à guichets fermés, le sextuor pourra compter sur l’appui de quelques invités surprises, notamment Mike Shabb qui assurera sa première partie.

Metropolis (Montréal), 14 septembre (20h)