Il y a 15 ans : Simple Plan – No Pads, No Helmets…Just Balls
Anniversaires d’albums marquants

Il y a 15 ans : Simple Plan – No Pads, No Helmets…Just Balls

Publiée sur une base régulière, cette chronique vise à souligner l’anniversaire d’un album marquant de la scène locale. 

Vendu à trois millions d’exemplaires*, No Pads, No Helmets…Just Balls a révélé Simple Plan à l’international. À l’occasion d’une tournée en lien avec son 15e anniversaire, on revient sur sa genèse et son impact en compagnie du batteur Chuck Comeau et du guitariste Jeff Stinco.

Amis depuis leurs études au collège Beaubois à Pierrefonds, Sebastien Lefebvre, Jeff Stinco, Pierre Bouvier et Chuck Comeau sont tous des fans de punk rock à l’adolescence. Dès l’âge de 13 ans, ces deux derniers forment le groupe Reset (ex-Roach) et obtiennent un certain succès dans l’underground montréalais, grâce au promoteur Greenland qui repère la formation.

Complété par Philippe Jolicoeur et Jean-Sébastien Boileau, le groupe ouvre pour plusieurs groupes de marque dès le milieu des années 1990, notamment Lagwagon et Pennywise. En 1997, il fait paraître un premier album, No Worries, et participe à l’une des premières éditions du Vans Warped Tour à Montréal. «Grâce à notre affiliation avec Nick Farkas, on faisait des gros spectacles», explique Comeau à propos du producteur de Greenland, également fondateur de l’étiquette 2112 Records et maintenant vice-président aux concerts pour evenko. «À l’époque, Montréal était la Mecque du punk rock après la Californie. C’était un gros marché d’envergure, et on avait la chance de profiter de cet essor-là.»

L’année suivante, Chuck Comeau se dispute avec Pierre Bouvier et décide de quitter l’aventure Reset pour étudier le droit à McGill : «On s’était chicanés pas mal, et je m’étais pas mal décidé à arrêter la musique. C’est Jeff qui est venu me voir quelque temps après pour me convaincre de ne pas lâcher.»

«Chuck avait l’ambition et le talent pour se rendre plus loin que Reset. Je connaissais sa drive», affirme Jeff Stinco. «Je lui ai proposé qu’on se parte un nouveau band from scratch avec Sébastien (Lefebvre). On avait tous la même vision : on voulait quelque chose de plus mélodique que ce que Reset faisait.»

«Avec le temps, nos influences s’étaient élargies», poursuit le batteur. «On aimait encore le vibe new school punk rock de Good Riddance, Strung Out et toute l’étiquette Epitaph, mais en même temps, on découvrait des bands modern rock comme Third Eye Blind, Foo Fighters, Eve 6 et Everclear. On avait envie de mélanger toutes ces influences-là et, aussi, de jouer moins rapidement.»

«Sérieusement, le beat de polka, j’étais pus capable!» s’exclame Stinco, parodiant la cadence typique du «punk à roulettes».

Très impliqué dans l’écriture des paroles durant son passage avec Reset, Chuck Comeau désire cette fois explorer d’autres horizons. «Je sentais que j’avais fait le tour des paroles engagées et sociales. J’avais envie d’aller vers un songwriting plus personnel, quelque chose qui résonnerait un peu plus avec qui on est.»

À la recherche d’un chanteur, le trio organise des auditions. «À ce moment-là, on pensait même pas à Pierre, car j’étais encore en froid avec lui. D’une certaine façon, on voulait lui prouver qu’on était capable de faire un band sans lui», se souvient Comeau. «Mais plus les semaines avançaient, plus je recommençais à penser à lui. De tous les chanteurs qu’on avait essayés, y’en avait pas un qui s’approchait de Pierre en termes de stage présence, d’énergie et de voix.»

À la fin 1999, les deux meilleurs ennemis se recroisent dans un spectacle de Sugar Ray à Montréal, près de deux ans après leur dispute. «Je lui ai dit que l’amitié qu’on avait eue sur 10 ans comptait plus que ce froid-là qu’on entretenait», poursuit-il. «Je lui ai parlé de mon nouveau projet, et on est allés souper ensemble. Il était encore impliqué avec Reset, et ses affaires fonctionnaient quand même bien avec le deuxième album. Je lui ai quand même dit d’écouter notre démo. Quelques jours après, il est revenu et nous a chanté I’d Do Anything. Le match était parfait.»

Menant les deux projets de front pendant quelques mois, Pierre Bouvier se rend à l’évidence et quitte Reset. «On a tous compris qu’on devait mettre nos œufs dans le même panier si on voulait que ça marche», résume Stinco.

«Une certaine immaturité»

Dès son arrivée, le chanteur remanie plusieurs pièces, de concert avec le batteur qui se charge encore d’une bonne partie des textes. Si certaines chansons sont marquées par un humour juvénile bien assumé ou par des histoires d’amour frivoles, d’autres comme I’m Just a Kid et Perfect sont traversées par un ton plus dramatique. «On avait 18-19 ans quand on a écrit cet album-là, donc il y avait encore cette idée que la maison était une prison et qu’il fallait se révolter contre l’autorité parentale, comme sur One Day. Maintenant, avec du recul, on le voit bien que nos parents nous ont toujours soutenus. Les miens, d’ailleurs, nous laissaient toujours pratiquer dans le garage et nous faisaient même à manger», se rappelle Comeau, en riant.

«On peut dire qu’il y a une certaine immaturité là-dedans», admet Stinco.

«Au-delà de ça, ce qu’on voulait, c’était explorer des contrastes : des paroles angsty avec une certaine frustration par-dessus une musique joyeuse et mélodique. On voulait trouver un équilibre», ajoute Comeau.

Le meilleur exemple de cette quête est sans doute Perfect, chanson que le batteur considère comme sa plus intime : «Ça vient d’une chicane que j’ai eue avec mes parents, car j’étais décidé à laisser tomber McGill pour dédier ma vie à un band de punk.»

«Disons que c’était pas super vendeur comme plan…» blague le guitariste.

«En fait, je pensais à lâcher l’école depuis mon secondaire 4», poursuit Comeau. «Durant mon cégep à Brébeuf, j’avais même demandé un congé d’un mois et demi pour tourner avec Reset en première partie de MXPX. Là, j’étais à l’université et j’avais la chance de peut-être avoir une signature avec un label. Perfect, c’est toute cette discussion-là avec mes parents. Hey dad, look at me! C’était tellement personnel comme chanson que j’me disais que ça allait pas rejoindre personne. Mais, je me suis trompé et j’ai réalisé qu’en musique, plus le propos est vrai et intime, plus ça a le potentiel de rejoindre du monde. Encore aujourd’hui, on finit chaque concert avec cette toune-là.»

Au tournant de l’année 2000, Simple Plan donne ses premiers spectacles à Montréal. Très ambitieux, Chuck Comeau se lance dans la recherche active d’un label en se faisant passer pour le gérant du groupe. «Dès le départ, l’idée était claire : on voulait que l’album sur lequel on travaille soit disponible partout dans le monde. Je crois que ce désir-là venait de mon passé avec Reset, quand je recevais de nombreuses lettres de fans qui voulaient acheter notre disque, mais qui n’avaient pas la possibilité de se le procurer car il était absent des magasins. Vraiment, ces lettres-là me brisaient le cœur! Je me suis toujours dit que, pour passer au prochain niveau, fallait avoir une compagnie qui enverrait nos disques à l’international.»

Plus d’une cinquantaine d’appels plus tard, le batteur obtient une réponse encourageante de la part d’Andrew Karp, président de l’étiquette américaine Lava Records, une filiale d’Atlantic Records. «C’est le seul qui m’a répondu en fait», se souvient-il. «Sur une période d’un peu plus d’un an et demi, on lui parlait régulièrement au téléphone. Chaque fois qu’il nous disait qu’il voulait entendre de la nouvelle musique, on pensait que la prochaine batch de tounes serait la bonne. On enregistrait tout ça à nos frais.»

Créer sa chance

Ce sont d’ailleurs les conseils d’Andrew Karp qui motivent le quatuor à chercher un cinquième membre, notamment dans le but de libérer Bouvier de sa basse et de lui laisser plus d’espace sur scène. Nouveau membre de Reset, David Desrosiers s’impose comme un choix de premier plan. «On l’a vu jouer et on l’a trouvé vraiment bon. Au-delà de ça, on trouvait aussi qu’un band punk de cinq musiciens, c’était plus rare. En quelque sorte, ça nous distinguerait des autres», explique Comeau.

Desrosiers joint officiellement les rangs de Simple Plan à la fin 2000 et donne son premier spectacle avec la formation à l’hiver 2001.  Pour les membres restants de Reset, et principalement le cofondateur Philippe Jolicoeur, le coup est dur à encaisser. «C’est sûr que ça a dû être difficile pour Philippe, mais maintenant, on est en bons termes», explique le batteur, rappelant les concerts réunions qui ont récemment eu lieu au Rockfest et au Métropolis. «De toute façon, il a toujours été plus puriste que nous, et je pense même pas que ça l’aurait intéressé de faire ce qu’on a fait par la suite. De notre bord, Reset va toujours rester le groupe qui nous a définis musicalement. Le fait que Simple Plan ait été créé dans un esprit DIY, sans label ni gérant, ça vient de notre expérience passée dans notre premier band.»

De gauche à droite : David Desrosiers, Sebastien Lefebvre, Chuck Comeau, Pierre Bouvier et Jeff Stinco.
De gauche à droite : David Desrosiers, Sebastien Lefebvre, Chuck Comeau, Pierre Bouvier et Jeff Stinco. Courtoisie Warner Music.

Le 8 février 2001 est une date très importante dans la carrière du quintette. Grâce aux informations de leur ami Patrick Langlois, qui travaille pour l’étiquette anglo-montréalaise Aquarius Records, les cinq amis apprennent que l’homme qu’il courtise depuis plusieurs mois, Andrew Karp, s’en vient à Montréal pour voir un spectacle du groupe rock local Rubberman. «On s’est arrangés pour avoir un show le même soir, en créant de toutes pièces un rendez-vous pour lui», se rappelle Stinco, souriant. «On a loué le Club Zone sur Crescent, puis on a invité nos amis à se présenter sur place en leur promettant de leur offrir la bière. Vu qu’on n’avait pas beaucoup de chansons, on a fait attendre les gens le plus possible, et une fois que nos chums étaient réchauffés, on a commencé à jouer. Andrew est arrivé en plein milieu du show, alors que la fête était dans le tapis. Le gars débarque à Montréal dans un marché qu’il connait pas, et il voit un groupe en train de péter la baraque et une foule euphorique qui chante toutes les paroles…»

«Tout de suite après le show, il est venu nous voir et nous a parlé pendant deux ou trois heures», poursuit son acolyte. «On a jasé de ce qu’on voulait accomplir, et il a vu notre ambition, notre passion, notre drive. Il a vu qu’on n’était pas un band monté par des producteurs et qu’en plus, on avait une expérience de tournée. Il a été séduit par le package.»

Les choses s’officialisent peu après, et Lava Records signe Simple Plan dans ses rangs. Pour le groupe, cette alliance avec une étiquette appartenant à une major américaine (Warner Music Group) vient avec son lot d’excitation, mais aussi de méfiance. «On a engagé un avocat vraiment tôt dans le processus pour s’assurer qu’on avait une bonne offre. On lisait aussi beaucoup de livres sur les choses à savoir de la music business. En même temps, on savait que ça serait pas un contrat parfait, car en tant que nouveau joueur, on n’avait pas de leviers. Bref, on n’avait pas le choix de vendre notre âme au meilleur preneur et, dans ce cas-ci, au seul preneur», explique Stinco.

Enregistrement pénible

Au printemps, le groupe entre au studio Arnyard à Toronto pour de longues sessions de préproduction et d’enregistrement qui dureront plus d’un an. Pour diriger la création de ce premier album, la nouvelle équipe de gérance de la formation montréalaise propose le réalisateur torontois Arnold Lanni, reconnu pour son travail avec Finger Eleven et Our Lady Peace, et pour son rôle au sein du groupe pop rock Frozen Ghost. «Il y avait énormément de tensions entre Arnold et nous», se remémore le guitariste. «On était très têtus et tenaces quant à nos idées, et lui, il venait d’une autre esthétique, celle de la pop lichée des années 1980. Il voulait favoriser la mélodie par-dessus tout, mais pour nous, l’énergie punk était aussi importante.»

«Il voulait nous ouvrir à d’autres influences comme The Cars ou Joe Jackson», ajoute Comeau. «Chaque fois qu’il nous amenait de quoi dans ce style-là, fallait qu’on se batte pour revenir à quelque chose de plus punk pop traditionnel. À l’époque, Sum 41 venait de sortir All Killer No Filler, et on voulait s’inscrire dans ce son-là. On avait l’impression que l’album s’enlignait vers un compromis. La guitare était pas assez agressive.»

«Pour nous, c’était une défaite, cet enregistrement-là», poursuit Stinco. «La raison pourquoi on est allés chercher Bob Rock pour réaliser le deuxième, c’était clairement en réponse à cette expérience. À ce moment-là, on avait tellement le nez dessus qu’on voyait pas qu’il y avait un charme dans son esthétique.»

En studio. Courtoisie Warner Music.
En studio. Courtoisie Warner Music.

Parmi les moments plus réjouissants de cette aventure en dents de scie, il y a assurément les collaborations avec Joel Madden de Good Charlotte et Mark Hoppus de Blink-182, qui chantent respectivement les chœurs de You Don’t Mean Anything et I’d Do Anything.

Cette dernière rencontre s’avère particulièrement marquante. «Mark, on le connaissait depuis l’époque de Reset», raconte Comeau. «On avait fait plusieurs shows avec Blink dans le temps de leur premier album Cashmere Cat, et on avait passé du bon temps ensemble. Quand ils sont revenus à Montréal en 1999, j’ai recroisé Mark, et il se souvenait de moi. Il m’a tendu une advance copy d’Enema of the State et, moi, un démo de I’d Do Anything. Après coup, il nous a réécrit pour nous dire qu’il aimait beaucoup la chanson et qu’il l’écoutait tout le temps. On a donc sauté sur l’occasion pour lui demander s’il voulait participer à la version finale, et il nous a fait venir à San Diego, Pierre et moi. Pour nous, c’était le plus gros stamp of approval, le meilleur coup de pouce qu’on pouvait avoir.»

Simple Plan avec Mark Hoppus sur le plateau de I'd Do Anything. Courtoisie Warner Music.
Simple Plan avec Mark Hoppus sur le plateau de I’d Do Anything. Courtoisie Warner Music.

Une autre occasion en or se présente au groupe lors des dernières étapes de création de l’opus, alors que l’équipe de production d’un film américain pour adolescents, The New Guy, lui offre d’en signer la chanson-thème. «Le pop punk était assurément la musique du temps et, quand tu pouvais pas te payer Green Day, tu te retournais vers un groupe comme Simple Plan», blague Jeff Stinco. «Ce qui est cool, c’est que le soutien financier que nous accordait le film nous permettait d’avoir un vrai gros premier vidéoclip, incluant un vrai gros budget de centaines de milliers de dollars.»

«Pour notre label, c’était une situation assez gagnante, car ça lui permettait de prendre moins de risques», observe le batteur. «De notre bord, on cherchait des façons de se faire entendre et de rejoindre le plus de gens possibles, donc cette idée de s’associer à un film pour ados, alors que le genre connaissait son peak avec des productions comme American Pie, c’était un no brainer.»

Mettant en scène les acteurs principaux du film (DJ Qualls et Eliza Dushku) ainsi que le légendaire skateboardeur Tony Hawk, le clip I’m Just a Kid  ne récolte pas le succès américain escompté, mais réussit toutefois à percer les marchés canadien et japonais.

Lancé en février, ce premier single précède la sortie de No Pads, No Helmets…Just Balls, qui paraît en magasin le 19 mars 2002. En tournée aux États-Unis avec Sugar Ray à ce moment, les Montréalais constatent avec déception que leur album n’est pas sur les tablettes de la plupart des disquaires. «Il était introuvable ou presque, car la demande était presque nulle. C’était relativement normal, car on n’avait pas encore un gros fanbase. Oui, on faisait des premières parties, mais c’était pas assez», analyse Stinco.

Éclosion progressive

Poursuivant les spectacles à un rythme effréné, notamment en première partie de The Mighty Mighty Bosstones, Simple Plan gagne en popularité au fil des mois. «Notre étiquette croyait beaucoup en nous, car elle voyait des résultats tangibles en tournée. À chaque ville où on jouait, les ventes Soundscan montaient en flèche», se souvient Comeau.

Le deuxième extrait, I’d Do Anything, paraît à l’automne. «Là, les radios ont commencé à embarquer. Rien de majeur, mais ça présageait bien», dit Stinco. Quelques mois plus tard, Addicted vient confirmer ce succès : «MTV avait commencé à jouer le clip tard le soir, et il y avait une forte demande des spectateurs. Tranquillement, ils l’ont fait jouer plus tôt en journée, et ça a créé un buzz. Juste après ça, Perfect a tout fait exploser. Notre vie changeait peu à peu.»

L’année 2003 est celle de tous les possibles pour Simple Plan, qui joue plus de 250 spectacles, dont quelques-uns en première partie d’Avril Lavigne. «On a franchi plein d’étapes : le show à Jay Leno, le show à Conan O’Brien, le show de MTV à Times Square pour le New Year’s Eve, les spring breaks, notre première fois comme headliner au Japon, notre premier gold record…» énumère Comeau. «Plus les opportunités arrivaient, plus on en voulait. Ça faisait près de 10 ans qu’on travaillait pour ça, alors on voulait y aller à fond la caisse.»

Simple Plan avec Jay Leno. Courtoisie Warner Music.
Simple Plan avec Jay Leno. Courtoisie Warner Music.

«On s’amusait à parcourir la planète au complet. On n’avait pas de responsabilités et on trouvait même pas ça épuisant. Personnellement, je vivais dans un petit appart poche sur la Plateau, alors j’étais plutôt content de voyager à travers le monde et de dormir dans des hôtels», dit Stinco. «On n’était pas trop le genre de bands à aller se coucher après nos shows, on voulait profiter de tout ce qu’il y avait. On voulait tirer le meilleur de notre expérience, car on se disait que c’était possiblement la première et la dernière fois qu’on goûterait à tout ça»

Alors qu’il gagne en popularité chez les adolescents, Simple Plan se met toutefois à dos un public punk plus puriste. «Ce qui est spécial, c’est qu’on avait déjà fait le Vans Warped Tour et que la réception avait été super bonne. Là, on passe à MTV et, d’un seul coup, on est rendus des sell-out, alors qu’on joue les mêmes tounes qu’avant… C’était assez paradoxal», croit le guitariste.

«C’était une époque complètement différente aussi», observe Comeau. «Les gens étaient encore dans le minding que tout devait rester underground et que le succès, c’était le kiss of death. En même temps, c’est quelque chose que je comprends, car moi-même, à l’adolescence, je trouvais que Green Day étaient des sell-out! Mais bon, Simple Plan était la cible facile, car avec Good Charlotte, on était peut-être le band le plus pop du punk pop. L’animosité était grande.»

Simple Plan au Vans Warped Tour 2003. Courtoisie Warner Music.
Chuck Comeau au Vans Warped Tour 2003. Courtoisie Warner Music.

Au Québec, le groupe n’échappe pas à la critique. «Ici, c’était particulièrement bien vu de regarder Simple Plan de haut en disant que c’était de la musique uniquement faite pour les adolescents», déplore le batteur. «Y’avait un certain snobisme de la part de l’élite musicale, mais avec les années, je crois qu’on a réussi à gagner une certaine crédibilité… C’est sûr qu’après 15 ans, ça peut devenir fatigant d’haïr un band! »

Courtoisie Warner Music.
Courtoisie Warner Music.

Dans les années qui suivent la sortie de NPNHJB, le pop punk trouve un second souffle, entre autres porté par des groupes aux influences power pop ou emo comme All Time Low, Paramore et Fall Out Boy. Au Québec, l’influence Simple Plan se fait sentir dans l’apparition de certains artistes pop aux influences punk diluées comme The New Cities, Duke Squad, SENS et, dans une certaine mesure, Marie-Mai.

Quinze ans plus tard, les deux musiciens reconnaissent l’impact énorme qu’a eu ce premier effort sur leur groupe. «C’est l’album qui a contribué à définir la perception que Simple Plan était plus un band pop que punk. On avait juste une chance de faire une première impression et, voyant le résultat que ça a engendré, c’est difficile à regretter», observe Comeau.

«Réécouter cet album-là, c’est la même chose que de revoir une photo de toi à la graduation… C’est sûr que tu vas trouver que tu portais n’importe quoi et que ta chevelure était laide!» image Stinco. «Je suis content de célébrer cet album-là, mais je serais curieux de le réenregistrer maintenant. C’est sûr que je ferais les choses différemment.»

No Pads, No Helmets…Just Balls – en vente sur iTunes

Tournée 15e anniversaire 
18 septembre, Métropolis (Montréal)
19 septembre, Capitole (Québec)
20 septembre, Algonquin Commons Theatre (Ottawa)

* : chiffre donné par Warner Music

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