Rap local : David Lee, Teddy, Franky Fade et The Fury
Rap local

Rap local : David Lee, Teddy, Franky Fade et The Fury

Chaque semaine, cette chronique vise à mettre en lumière les prochains shows et les plus récentes sorties des scènes rap et hip-hop instrumental québécoises.

David Lee, vers le haut //

Grâce à son deuxième EP solo Up, David Lee se démarque avec une signature rock rap bien à lui.

Le Montréalais a pris le temps de faire mûrir sa proposition plutôt que de se dépêcher à donner une suite à Dead End, mini-album initiateur aux teintes soul paru au printemps 2015. «J’ai build une grosse banque de tounes et, entre-temps, j’ai signé avec Joy Ride Records. Ensemble, on a  placé les morceaux aux bonnes places», dit le rappeur originaire de Bromont. «Up, c’est vraiment juste le début. Là, la balle est partie pour de bon.»

De Break Up à Make Up, en passant par Re Up en duo avec Joe Rocca et Give Up avec Gvong, les titres des huit pièces sont tous marqués par le nom de ce deuxième opus. «À la base, c’est arrivé naturellement : j’ai regardé les tounes que j’avais et je me suis rendu compte qu’elles finissaient toutes en «up». Après coup, on a décidé d’uniformiser ça pour respecter le concept.»

Loin de signifier un quelconque élan d’optimisme, ce choix de titre s’est imposé par son côté paradoxal. «C’est weird à dire, mais j’étais vraiment down durant cette période-là. J’ai vraiment passé à travers toutes les sortes d’émotions. C’est un peu sarcastique comme titre.»

Sans être martelé, le mal-être du rappeur prend une place significative sur ce mini-album. «C’est beaucoup moins happy que ce que j’ai fait avant, c’est certain. Le contexte de création a joué pour beaucoup, car je commençais souvent à écrire vers 4 heures du matin, en revenant d’un bar, avec un fond de vin rouge pis une clope on the side», explique-t-il. «À mon avis, tout artiste a besoin d’avoir ses ups et ses downs pour être capable de se renouveler. Ça deviendrait plate de tout le temps juste entendre du gros bonbon.»

Pour maintenir l’équilibre et éviter de livrer un produit trop sombre, le chanteur et rappeur de 27 ans flirte aussi avec le brag rap. «Ça, c’est une influence directe du rap américain. J’aime mélanger l’ego-trip avec des émotions plus profondes. C’est quelque chose qui m’anime.»

Cet alliage thématique prend forme à travers la voix malléable de Lee, autant capable de finesse que d’ardeur, et la direction musicale de l’œuvre, traversée par des teintes rock. «J’ai grandi en écoutant du punk, du métal et du rock. Après ça j’ai découvert Linkin Park et Limp Bizkit, qui m’ont guidé vers le rap. Mon point fort, c’est vraiment de mélanger tout ça. On va entendre encore plus de punk trap-ish dans mes prochains projets. Maintenant, j’oblige presque tous mes producteurs à commencer leurs beats avec de la guitare», dit celui qui, pour cette parution, a pu compter sur l’apport des producteurs NeoMaestro, Gary Wide et Shash’U, qui signe cinq des huit compositions.

Sur Wrapitup, l’artiste joint ses forces avec un autre rappeur d’ici adepte de rock : Nate Husser du trio The Posterz. «C’est arrivé un peu random comme collaboration. Au début, c’était supposé être quelqu’un d’autre, mais ça tardait, alors je me suis retourné vers Nate que je connais bien. En l’espace de deux heures, il était là et on commençait à travailler sur la chanson. Les deux, on s’inspire beaucoup mutuellement de nos travaux respectifs. Au Québec et même au Canada, c’est pas un style de rap qui est très en vogue, mais en regardant évoluer le style vestimentaire un peu punk rap des rappeurs américains, on voit que c’est la prochaine grosse affaire qui s’en vient.»

Ce genre de hip-hop plus incisif prend évidemment tout son sens en spectacle, là où les mosh pits sont légion. Lee a d’ailleurs eu la chance de tester son nouveau matériel au Club Soda samedi dernier, en première partie de son bon ami et coloc Rymz. «Sérieux, ça a vraiment bien sorti. J’étais plus stressé que d’habitude, mais la foule a vraiment bien répondu à l’appel.»

Bien entouré avec l’équipe de Joy Ride Records, qui compte aussi Rymz, Loud et Maldito dans ses rangs, le rappeur a déjà la tête ailleurs. Son troisième EP, possiblement intitulé Down, est d’ailleurs prévu pour le début 2018. «Je vais attendre de voir avec Joy Ride c’est quand le meilleur moment pour le sortir, mais bon, c’est sûr que si j’étais juste de moi, je sortirais une toune tous les criss de jours.»

Up – disponible dès maintenant

En spectacle avec Rymz le 22 décembre au théâtre La Scène (Saint-Hyacinthe), le 20 janvier à l’Impérial Bell (Québec) et le 23 février à l’amphithéâtre Cogeco (Trois-Rivières)

Nouveautés d’envergure //

Un an presque jour pour jour après Le loup et le téléphone, Teddy (fka Teddy the Beer) revient avec Dans ma brume, évolution certaine aux influences trap et soul.

Sur une belle lancée créative depuis la sortie du EP Jello, le sextuor LaF présente un nouvel épisode de sa saga en devenir Casa Libre.

L’un des trois producteurs de LaF, BNJMN.LLOYD, se fait plaisir avec deux nouveaux remix bien faits.

Lou Phelps se joint au trio Planet Giza sur la légère et planante Summer03.

Allié de T.K, Misa s’impose en solo avec l’efficace Oh Baba.

Le talentueux KGoon flirte avec un emo-trap à la Kevin Gates sur Save Me.

Le Montréalais Trill Deus sort les 808s pesants sur Night Off to Meda.

Publié sur la chaine du média hip-hop montréalais Da Main Source, Routine met en vedette Bravy et le vétéran du nord de l’île, Bilo Da Kid.

Se définissant comme «l’arrière-goût ocre d’une gorgée de pétrole avalée entre deux coups de nageoire», les 101 Pharmaciens offrent une entrée en matière aussi absurde que convaincante avec ce tout premier EP.

Figure incontournable du rap champ gauche de la décennie 2000 au Québec, Donzelle redonne signe de vie avec la bombe électro-rap Jalousie, produite par Pierre Crube (ex-Numéro#).

Soutenu par son fidèle complice Yen Dough, le rappeur, chanteur et producteur Berger La Rose adopte les mélanges R&B et hip-hop en vogue.

Le LaSallois Prince Amine lançait il y a deux mois son premier album XVIII. Profitant d’une belle ascension, il livre maintenant un clip pour Unforgettable II.

Naviguant avec inventivité entre R&B, hip-hop, ambient et electro, la rappeuse, chanteuse et artiste visuelle Massie Dome suit sa propre voie avec Loose Attachments, EP à découvrir.

En vedette dans cette même chronique la semaine dernière, Rymz présente un deuxième clip en soutien à son troisième album, Mille soleils.

Alors que son duo Gros Big profite d’une pause forcée, en raison du départ de DisaronnO (alias Adamo) à Occupation Double Bali, J7 annonce la sortie d’un nouveau projet solo avec ce premier extrait Contre-amour.

Le collectif XXI (fka Team XXI) est de plus en plus en contrôle de sa proposition emo punk trap expérimentale, comme en témoigne ce nouvel EP bien ficelé Uncertain et ce premier extrait/vidéoclip Mad at Me.

Membre de XXI, Franky Fade dévoile une toute autre facette de lui-même sur Diamonds (In The Rough), premier EP solo qui annonce de belles choses.

Un deuxième extrait de haut calibre pour le projet Franglophone de ST x LIAM, prévu pour ce vendredi.

La rappeuse Khadijah et le producteur MusoNi se regroupent sous la bannière The Fury pour un premier EP qui contient plusieurs explorations de calibre.

Trois mois après un premier EP, le beatmaker montréalo-torontois Cilantro poursuit ses expérimentations lo-fi sur 1000000.

Prolifique depuis son éclosion en janvier 2016, le producteur Radj publie Fiore, un EP qui «pointe un laser rouge de tireur d’élite sur un ensemble complexe d’instrumentaux abstraits».

Le Montréalais Philippe Edwards épate avec cette énième série de beats influencés par J Dilla et Nujabes.

Sur le point de faire paraître son EP Good Man, produit par Nicholas Craven, le rappeur Jimmie D y va d’un clip pour ?uestlove, chanson soul minimaliste.

Chacalcolik, l’un des participants étoiles des compétitions d’improvisation End of the Weak, envoie La survie, troisième volume de son triptyque amorcé en 2013 avec L’embryon et poursuivi en 2015 avec La naissance.

Le label Uglypitch Records publie Remixs & Extra Goodies, une suite de relectures de chansons tirées du plus récent album de Slik Jack. Comme d’habitude, le rappeur est toujours aussi précis et incontrôlable au micro. Un clip pour Modern Day Sinatra vient tout juste de paraître également.

Le réalisateur Phil Chagnon livre un clip simple mais très énergique pour Tanto Tatoo de Boogát.

3 shows à voir //

Lary Kidd

Le Montréalais Lary Kidd se présente à Québec avec, à ses côtés, deux sensations rap du moment : le rappeur FouKi et le producteur QuietMike. Le producteur Nerdish et l’illustre DJ Manifest sont en charge de l’after-party.

Le Cercle (Québec), 24 novembre (21h)

Alaclair Ensemble

Alaclair Ensemble est de retour en terres conquises pour un spectacle en collaboration avec l’inimitable King Abid et la révélation Tony The Trigger.

La Source de la Martinière (Québec), 24 novembre (20h)

L’Osstidtour à Laval

Décidément, Alaclair Ensemble ne chôme pas et entame les derniers miles de la populaire tournée panquébécoise L’Osstidtour avec Brown et Koriass.

Salle André-Mathieu (Laval), 25 novembre (20h)

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