Rap local : Kevin Na$h, Jei Bandit, Les Drogues Fortes et Crass Moyenne
Rap local

Rap local : Kevin Na$h, Jei Bandit, Les Drogues Fortes et Crass Moyenne

Chaque semaine, cette chronique vise à mettre en lumière les prochains shows et les plus récentes sorties des scènes rap et hip-hop instrumental québécoises.

Kevin Na$h, réalité fictive //

Au terme d’une année chargée qui l’a révélé à la scène hip-hop montréalaise, Kevin Na$h propose Pure Fiction.

Contrairement à bien d’autres de ses pairs, le rappeur de 20 ans fait preuve d’une certaine honnêteté sur ce captivant premier album solo, entièrement produit par QuietMike. «Le rap sur internet, c’est devenu une pure fiction. C’est une façon d’exprimer ce qu’on veut devenir ou ce qu’on pense qu’on est, mais c’est pas nécessairement la réalité», explique-t-il. «C’est pas non plus totalement faux… J’ai juste l’impression que c’est pas factual. Je vois ça comme un bon film d’action.»

Bref, Pure Fiction est la représentation d’un jeune rappeur aux ambitions élevées, en phase avec celles dont se prévalent ses homologues américains. «J’exagère mon vibe, ce que je veux être, mais dans la vie de tous les jours, je ne suis pas toujours Kevin Na$h. Live, je prends mon café et je fume une cigarette. Je suis quelqu’un de très simple.»

Dans ce récit de fiction, quelques textes intimistes prennent le dessus, notamment ceux de Still Lost et de Lost Control. «Les deux chansons sont reliées. Dans Still, je suis perdu après avoir pris trop de drogue dans ma jeunesse, alors que dans Control, je tente de combattre tout ça… Je dis à ma mère que je vais me reprendre.»

Na$h se fait généralement moins cru sur ce premier album que sur Sour Face Musique, son EP précédent en collaboration avec FouKi. «Sur Sour Face, j’avais un vibe très intense. J’avais envie d’y aller raw et sale, en disant ce que j’avais envie de dire. Mon album poursuit un peu là-dessus, mais ça varie plus. Je passe d’un vibe gentil mélodieux à un rap plus fâché.»

Collaborateur capital, le jeune producteur montréalais QuietMike varie lui aussi les ambiances tout au long de l’album. Amis depuis un peu plus d’un an, les deux complices travaillent sur ce projet depuis le printemps dernier. Cette rencontre décisive a d’ailleurs revigoré Na$h qui, auparavant, ne prenait pas la musique autant au sérieux. «QuietMike est une des raisons qui m’a poussé à continuer. Avant ça, je prenais des free beats sur le net, c’était pas très professionnel. Quand je l’ai rencontré avec FouKi il y a un peu plus d’un an, sa motivation m’a vraiment aidé. Faire de la musique tout seul, ça peut devenir plate, et là, avec du monde, ça devient plus l’fun et stimulant.»

Pourtant, le Montréalais d’origine admet avoir d’abord été fermé à l’idée de collaborer avec un producteur de sa propre ville, lui qui a toujours été exclusivement tourné vers les États-Unis et, plus précisément, la scène d’Atlanta. «Je suis vraiment un gars de rap américain. D’ailleurs, beaucoup de personnes pensent que je suis pas Montréalais, car mes intonations dans mes chansons sont très différentes», explique-t-il. «Avant de rencontrer Quiet, je connaissais pas du tout la scène d’ici, même pas des gars comme Kaytranada ou High Klassified. Mais dès qu’il m’a envoyé la prod de No Time, j’ai compris qu’il était vraiment bon. Depuis, je suis vraiment down avec le vibe rassembleur de la scène. J’aime que tout le monde soit prêt à collaborer, car c’est comme ça qu’on grow up. Ça me fait beaucoup penser au vibe d’Atlanta.»

En plus de cet album, 2017 aura été l’année de plusieurs autres premières pour le rappeur trilingue. «J’ai eu la chance de faire beaucoup d’interviews, de performer au Métropolis en ouverture de Dead Obies, de jouer à la SAT et au festival OUMF… Je suis pas mal satisfait de mon année à date…. mais c’est encore loin d’être fini!»

Nouveautés d’envergure //

Le Montréalais Jei Bandit se surpasse avec le touffu mais excellent Kill Pigs Crown Wolves, nouvel EP solo qui prouve encore une fois son audace, son aplomb et, plus généralement, ses talents indéniables d’arrangeur, de rappeur et de producteur.

Smitty Bacalley pilote ce projet aussi coloré et absurde que génial, Les Drogues Fortes chantent Noël. À ses côtés, plusieurs rappeurs et producteurs bien en vue de la scène montréalaise, notamment Jay Scøtt, ST, Liam, J.u.D., QuietMike, fruits et MusoNi.

Près de deux ans après la sortie de son sublime premier album, le groupe père-fils Brown en propose un autre extrait : la planante Nwiggas.

À la fois membre de XXI et de La Collection, Plante Carnivore arpente avec tact cette composition hip-hop aux teintes électro industriel.

La sensation Mike Shabb clôt une année de rêve avec chief keef, chanson bonus de son projet #Northwave, prévu pour février prochain.

Treh LaMonte s’illustre avec un flow accrocheur et chaleureux sur Loud Boys, pièce tirée de son EP FFARO qui paraîtra sous peu.

Révélé plus tôt cette année aux côtés de son allié Flawless Gretzky, le rappeur Ryder exploite avec adresse le filon du mumble rap américain.

Près de six mois après la sortie de son projet Tables Turn, qui accumule les dizaines de milliers d’écoutes sur sa page Soundcloud, KGoon y va d’un clip pour I’m Lit.

Rowz collabore avec CJ Flemings sur Slide.

Baggies publie une autre chanson sur la chaine Youtube du duo de beatmakers 4e Regiment.

Le producteur DALFARO MTL propose Out Here, nouvel EP qui présente ses dernières créations.

Décédé le 27 novembre dernier à l’âge de 33 ans, le rappeur Infrak rend son dernier souffle avec La Chute de l’ange, clip qu’il a tourné avec le réalisateur Carlos Guerra dans un cimetière de Port-au-Prince quelques semaines avant sa mort.

Quelques beat tapes en poche, le producteur Nicholas Craven présente cette fois son premier album officiel Craven N, qui comprend des collaborations avec WESTSIDEGUNN, Conway, Johnny Hustle et le légendaire Roc Marciano.

Avec ses deux nouvelles parutions, dizzy dans l’whip et padv_leur, le très créatif et prolifique beatmaker Antwnn approche le cap du 400e beat.

Formé du producteur Max_T ainsi que des rappeurs Le Gaucher et Mc Phylis (ex-Arvida Crew), Crass Moyenne ramène au goût du jour le horrorcore avec un soupçon d’ironie et beaucoup d’humour noir.

Gros mois de décembre pour Le Gaucher qui livre aussi Bonnet d’âne, un premier projet solo en près de deux ans.

Vingt ans après ses débuts sur la scène underground de Québec, le collectif rap audiovisuel Black Taboo en remet un couche avec Pas tuab, chanson tirée de la compilation Les Glands Succès prévue pour le 1er janvier prochain.

Originaire de Granby, Dirty a échantillonné un vinyle de Mireille Mathieu pour en venir à créer cet album de Noël, un ramassis de chansons aussi vulgaires que sympathiques.

3 shows à voir //

ROSES  »House Party »

Ce party de Noël sera notamment marqué par les prestations de la DJ Nana Zen et du rappeur Lou Phelps.

Apt. 200 (Montréal), 20 décembre (22h)

Rednext Level/Eman X Vlooper/Brown ★ NDLP

Le festival Noël dans le parc propose une soirée hip-hop avec les complices de Rednext Level, Eman X Vlooper et Brown.

Place Émilie-Gamelin (Montréal), 22 décembre (19h)

Lancement Mille Soleils

Après un spectacle au Club Soda le mois dernier, le populaire Rymz se rend dans sa ville natale pour présenter son troisième album solo Mille soleils. Comme d’habitude, son comparse David Lee sera de la partie.

Salle théâtre La Scène (Saint-Hyacinthe), 22 décembre (20h)

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