Rap local : Zach Zoya, la première marche
Rap local

Rap local : Zach Zoya, la première marche

Chaque semaine, cette chronique met en lumière l’oeuvre des rappeurs et des producteurs québécois les plus intéressants du moment. Au programme : entrevue, revue non-exhaustive des nouveautés de la semaine et aperçu des prochains spectacles à voir.

Entrevue //

Espoir de premier plan de la scène rap montréalaise, Zach Zoya s’associe au producteur étoile High Klassified sur Misstape, un percutant premier EP collaboratif.

«C’est vraiment un premier step. On voulait que ça donne un rendu brut, vraiment pas poli», explique le rappeur originaire de Rouyn-Noranda. «Ce qui était important, c’était de pas se forcer pour donner une structure rigide aux chansons. I just go with the flow! Au lieu d’exiger un deuxième verse pour chaque chanson, j’ai juste voulu dire ce que j’avais à dire.»

Même s’il s’étire à peine au-delà de 10 minutes, ce mini-album de cinq pièces témoigne d’une forte complicité entre un producteur au sommet de sa forme et un MC qui entrevoit à une vitesse vertigineuse les multiples possibilités que le rap lui offre.

Élevé par un père sud-africain, le rappeur de 20 ans a d’abord été interpellé par le gospel, le R&B et le soul, notamment celui d’Otis Redding et de Marvin Gaye. C’est au milieu de l’adolescence que le rap a pris une place prépondérante dans sa vie, notamment grâce à des rappeurs à la signature organique et très mélodique comme Kendrick Lamar, Isaiah Rashad et Chance The Rapper. Son flow équilibré, quelque part entre rap cinglant et chant harmonieux, rend compte de toutes ces influences. «J’aime mélanger les deux vibes et, souvent, ça m’amène à juste essayer plein de flows différents. En fait, j’essaie surtout de voir c’est quoi mes limites comme artiste et dans quelle position je suis le plus confortable.»

Et cette rencontre avec High Klassified arrive à point dans son évolution. «Travailler avec HK, c’est comme un dream come true. J’arrive à Montréal et, en moins d’un an ici, je peux travailler avec des gros beatmakers comme lui… The one that put us on the map!»

D’ailleurs, c’est fort probablement grâce à sa polyvalence au micro que le producteur lavallois l’a contacté à la fin de l’année dernière. Après tout, le style trap à la fois lourd et mélodique de Klassified a des résonances avec la signature embryonnaire de Zoya. «Il m’a envoyé un DM à un moment donné en me disant : ‘’Yo! Tu veux-tu mettre de quoi là-dessus?’’», dit-il, en parlant de la chanson 1919, parue sur le plus récent EP de Klassified, Kanvaz. «Je lui ai envoyé mon idée, et il l’a vraiment aimée. On a fait quelques back and forth comme ça, sans jamais se rencontrer et, ensuite, on a commencé à faire des sessions à Montréal et chez lui, à Laval. La plupart du temps, je m’inspirais de ses beats pour trouver une mélodie à mettre par-dessus. Sinon, je pouvais parfois avoir une idée en particulier avant même d’arriver en studio, genre un rhyme scheme ou une phrase, et ça donnait le ton à la toune.»

Très spontané dans son écriture, Zoya n’a pas eu besoin d’aller puiser son inspiration bien loin pour écrire les cinq chansons de Misstape. Busboy dans une boîte de nuit, le rappeur est constamment exposé au mode de vie nocturne, qui alimente sa vision des rapports humains. «Tout l’album a une thématique commune, centrée autour de ma vie régulière, du cercle dans lequel je suis pris. En étant toujours out dans les bars, je vois les jeunes de ma génération always get drunk. Ce genre de substances te fait feeler les choses différemment, et ça décuple tes sentiments. D’une certaine façon, on vient chercher l’euphorie dans ces bars-là, mais il y a une douleur derrière tout ça», explique-t-il. «J’essaie de décrire cette vie, en me mettant dans la peau d’un client ou juste en parlant du bordel que je vois soir après soir dans ces clubs. Même si j’avais pas essayé de parler de ça dans l’EP, ça aurait fini par sortir, car je suis pris dans cette bulle.»

Sur Everyday, «l’euphorie» des clubs laisse place à l’ennui et au désordre de la vie quotidienne, la routine d’un jeune adulte qui tend à verser dans le cynisme. «Le concept de la toune, c’est la répétition. Comme si j’étais stuck dans un loop, qui représente mon environnement. Y’a une frustration à être pris dans la routine, le everyday shit, celui que tu peux pas escape. En tant qu’artiste, j’ai pas le choix de m’inspirer de mon environnement, mais je constate que cet environnement-là évolue pas beaucoup et que, souvent, I’m bored. La pire chose, c’est pas d’être triste ou fâché, mais bien de tomber dans l’ennui. Ça devient de la torture, et la seule porte de sortie que j’ai trouvée, c’est la musique.»

Actuellement en période de création pour son premier album solo, qui paraîtra sous  7ieme Ciel Records, étiquette également native de Rouyn-Noranda, Zach Zoya évite de se mettre trop de pression sur les épaules. «Je fais de la musique car j’aime chanter… rien de plus. J’ai pas envie de me donner d’objectifs précis. Ce serait un poids inutile de plus.»

Nouveautés d’envergure //

Le collectif DelicatesSound fait preuve d’une imagination et d’une folie bien dosée sur ce premier EP, que représente plutôt bien le premier extrait/clip Deli 4s Style.

Deux mois après avoir fait paraître son deuxième EP (qui était malheureusement passé sous notre radar à sa sortie), le très créatif producteur Dear Lola propose le brillant Reflections. (MISE À JOUR 25/08/2018)

Sacré gagnant aux dernières Francouvertes, LaF jette les bases de la signature qui prévaudra sur son EP Hôtel Délices, dont la sortie est prévue pour la fin du mois.

Sarahmée présente une nouvelle pièce trap, Tous.

Le rappeur  et producteur Jay Scøtt se fait plus intimiste que jamais sur ce premier extrait/clip tiré de son EP EM0GOD.

Doni Na Ma continue de se démarquer avec beaucoup d’originalité grâce à sa signature trap lo-fi et son flow murmuré.

Toujours aussi cinglant, Tizzo lance un clip pour Fouette leur langue.

Demon DOA se dévoile avec Flocon rouge, un premier EP officiel.

En attendant la sortie de TNTS, le Montréalais Kay Bandz présente le clip de No Cappin.

Fidèle à lui-même, Colo se confie avec peu de finesse sur sa relation amoureuse.

Rowjay se joint à 8Ruki pour cette chanson extraite de Hors Catégorie 2, la suite du projet lancé au tout début de l’année.

Mike Shabb présente un flow plus mélodieux sur MVP.

Joce ne perd pas de temps et propose un deuxième EP en quelques semaines, FileNotFound.

Baggies y va d’un 12e single en 12 mois : Jolly Rancher, en collaboration avec Lodgicko.

En plus d’avoir fait paraître un nouveau single avec Jibré et Chad Game, DJ Manifest renoue avec son camarade Lowpocus pour une chanson qui met la table pour un projet en duo.

L’influence de Souldia (collègue d’étiquette et réalisateur du clip) est palpable sur cette nouvelle chanson de Taktika.

Farfadet lancera son quatrième album solo Des fusils et des roses le 14 septembre prochain.

GunDei s’associe à Half Ounce sur By Myself.

Le duo 666 (composé du rappeur Insa et du producteur Feel-X) y va d’un premier extrait incisif, très prometteur.

3 shows à voir //

Loud

Loud poursuit sa longue tournée estivale avec un spectacle au Festival international de la chansond de Granby.

Parc Daniel-Johnson (Granby), 23 août (22h)

LaF

Le sextuor LaF viendra possiblement présenter les chansons de son prochain EP durant ce spectacle présenté gratuitement dans le cadre de la série Les concerts découverte.

Les Jardins Gamelin (Montréal), 24 août (19h)

FouKi

La jeune sensation FouKi se joint à Miles Barnes pour un spectacle dans les Laurentides.

Les Vieilles Portes (Saint-Sauveur), 24 août (20h30)

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