Les moments forts de notre passage à FrancoFaune
Musique

Les moments forts de notre passage à FrancoFaune

Retour sur quelques concerts de la 5e édition du festival FrancoFaune, qui a eu lieu à Bruxelles ce mois-ci. 

Je suis arrivée à Bruxelles alors que le festival FrancoFaune était déjà bien entamé. Au huitième jour, le marathon tirait à sa fin pour la petite équipe dévouée de l’événement. Voici un petit résumé du sprint final des quatre derniers jours du festival de musique francophone, qui prône la biodiversité musicale.

Baloji

Commençons par la fin! Le bruxellois d’origine congolaise Baloji nous a tellement fait danser et sourire à l’Orangerie qu’on en gardera un vif souvenir longtemps. On a eu droit à un mariage de guitares chaudes, de beats dansants, des musiques entre pop, hip-hop, afrobeat, funk et plus. Aucun doute: nous étions devant un élégant entertainer de grand talent à la poésie forte et imagée – il a 20 ans de carrière derrière la cravate, quand même! – pour qui ont n’aurait que d’yeux si ce n’était des excellents musiciens qui l’entourent, capables d’aller dans toutes sortes d’énergies sans jamais nous perdre.

Pour vous mettre dans l’ambiance, écoutez son dernier album 137 Avenue Kaniama, sorti cette année. Puissant autant dans les mots que dans les rythmes.

Sacha/Mathias

Vendredi soir, je sors du centre de Bruxelles pour me rendre au 140, une salle de spectacle de la commune Schaerbeek. Le Liégois Sacha Toorop, maître de Zop Hopop et collaborateur de Yann Tiersen, Françoiz Breut et Dominique A, part la soirée. En ce soir de FrancoFaune, il s’est présenté à nous tout de blanc vêtu et a proposé ses chansons en français dans une formule qui avait beaucoup de classe, avec piano à queue et trompette. On a eu droit à quelques chansons de son dernier album Les tourments du ciel, remaniées en conséquence sans être dénaturées. Le multi-instrumentiste n’a pas lui-même joué de musique, si ce n’est que d’une pièce à la guitare acoustique en fin de concert. Mais on ne s’en plaindra pas, puisque l’élégance de sa prestation, où son corps répondait bien aux rythmes des musiques et où il se laissait emporter par les mots, fonctionnait très bien. Sacha Toorop s’est tout de même permis de petits coups d’éclat pendant le concert, dont cette finale où il s’est juché sur le piano pour faire un saut sur la dernière note.

Mathias Bressan, quant à lui, est accueilli comme une rockstar sur la scène avant même de commencer le concert. Alors qu’il arrange ses instruments en test de son, une personne crie son prénom du fond de la salle. Un grand sourire a jailli de son visage. On comprend tout de suite le pourquoi de ce cri du coeur lorsqu’il débute le concert. Tout d’abord, visuellement, il épate en formule trio où il joue le double rôle peu commun de batteur-chanteur. La chimie entre les trois musiciens est réussie, les musiques sont éclectiques et le chanteur ne perd jamais sa grande force d’interprétation tout au long. «Dans un monde de néolibéralisme et où l’extrême-droite se lève, il y a encore des dauphins», lance-t-il, en guise de commentaire social et d’introduction à l’une des pièces.

Clemix

En sortant du 140, je rejoins les amis au bar de drag Chez Maman pour l’after du jour. On prend un petit shooter pour se remettre sur pied et bien danser sur les rythmes assassins de la Belge Clemix. Seule avec ses claviers et son équipement, elle met le public, entassé autour du bar, dans sa poche rapidement grâce une énergie contagieuse et une électropop accrocheuse. C’était une belle communion avec une artiste qui semblait réellement touchée par l’accueil chaleureux. Jamais je n’aurai eu autant de plaisir à crier: «Je suis fâchée».

Alaclair ensemble

Le public belge a réservé un bel accueil au groupe hip-hop bas-canadien Alaclair Ensemble. Le collectif en était à son tout premier concert en sol bruxellois. «Ça fait si longtemps que je les attends, je suis si heureux de les avoir vus», lançait un spectateur dans la rue, quelques minutes après la prestation. C’était énergique comme toujours avec des chorégraphies (Maybe Watson, surtout, y prenait un grand plaisir) et chansons déjantées. Les MC se lançaient bien la balle et Vlooper était stoïque et très efficace. Tout le monde est sorti de là avec un sourire au visage.

Mentions spéciales

  • L’amoureux des poètes Samir Barris a livré un doux concert dans la salle du CC Bruegel, contexte intime parfait pour profiter pleinement de ses mots tendres, mélancoliques. Il mélange ses idées à la poésie d’Hugo, de Mallarmé et de Beaudelaire et les adaptent en chansons. Un beau spectacle-voyage.
  • Malgré une foule un peu bruyante au Via Via, le jeune français Ali Daniel s’est bien démarqué à FrancoFaune. Grand mince frisé à l’harmonica, on croyait voir un jeune Bob Dylan devant nous. Mais son univers va bien au-delà du folk-rock de la légende américaine. La musique de Daniel s’aventure tantôt dans les mêmes eaux que Morricone, tantôt dans un bluegrass contagieux.
  • J’ai découvert deux salles de spectacles assez magiques pendant mon séjour à Bruxelles. Tout d’abord, Le Botanique, centre culturel situé dans les serres d’un ancien jardin botanique. La lumière de fin de journée à cet endroit était sublime. Et le Bota a son propre «Wall of Fame». Sur le sol, en se rendant dans les salles de concert, on marche sur les étoiles des artistes majeurs s’y étant déjà produits. Elliot Smith, Jeff Buckley, Cat Power, c’est pas mal! Autre endroit fabuleux: le Brass, situé dans une ancienne brasserie. À l’étage, en plus de la vie magnifique qu’offre la terrasse adjacente au chemin de fer, on retrouve toujours les vieux immenses équipements de l’époque où l’on y brassait les bières.
cof rhdr

Merci à toute l’équipe de FrancoFaune!

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