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Naya Ali : Musique prophétique
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Naya Ali : Musique prophétique

Avec un seul EP en poche, Naya Ali a réussi à s’imposer comme l’une des révélations les plus notables de la fertile et compétitive scène hip-hop québécoise. Armée d’un flow polyvalent, d’une attitude blindée et de textes perspicaces, la rappeuse montréalaise travaille activement à la création de son premier album, qui verra le jour l’an prochain. Nous l’avons interviewée à l’aube de sa première participation à Osheaga.

Voir : Lorsque nous nous sommes parlés à la sortie de Higher Self  l’automne dernier, tu disais que ce premier EP incarnait la première étape d’un changement dans ta vie. Où en es-tu aujourd’hui?

Naya Ali : La première étape est accomplie. Maintenant, je dois pousser tout ça plus loin. Après avoir réalisé que j’avais en moi le pouvoir de changer de ma vie, c’est le moment de l’utiliser.

Qu’est-ce qui t’a permis de franchir cette première étape? La reconnaissance du public?

Absolument. Ça m’a montré que mon chemin était tout tracé. Juste le fait de croire en soi, de s’imaginer devenir quelque chose d’autre, ça a une incidence sur la réalité.

Comment vis-tu avec cet engouement grandissant?

Je vis ça au jour le jour. J’essaie de ne pas trop m’enfler la tête ni de prendre ce succès trop à la légère. Je recherche un équilibre, une balance.

En tant que rare artiste rap anglophone à faire des spectacles à l’extérieur de Montréal, es-tu heureuse de l’accueil que tu reçois partout au Québec?

Oui. En toute sincérité, je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre, car les exemples de succès rap anglophones sont rares ici. Finalement, je constate que les Québecois sont très accueillants et chaleureux. Dès que tu essaies de parler français, ils sont reconnaissants de tes efforts.

Tu travailles actuellement sur ton premier album. À quoi peut-on s’attendre?

C’est une autre facette de moi que je vais montrer. Je viens de sortir un premier single, Get It Right, et déjà, on peut déjà voir la différence avec Higher Self. C’est à la fois mélodieux et percutant. Il y aura des ambiances sonores variées, pas juste des sons trap. On reste dans le hip-hop, mais je veux éviter de refaire la même chanson sur tout l’album.

Côté paroles, qu’est-ce qui t’inspire?

Je découvre constamment des nouvelles choses sur moi. Tranquillement, je vois les pièces du casse-tête se rassembler dans mon esprit. L’engouement du public m’amène à voir mon destin de façon encore plus spirituelle. Plus j’ai du succès, plus je m’en remets à mon esprit et, plus je m’en remets à mon esprit, plus de bonnes choses m’arrivent.

Bref, tu crois à la puissance des mots? Comme s’ils avaient une valeur prophétique…

Oui, mais nous n’avons pas été élevés pour penser comme ça. À l’école, on t’apprend à suivre le troupeau plutôt qu’à devenir maître de ta réalité. C’est seulement tout récemment, quand j’ai compris que j’avais un grand pouvoir sur ma réalité, que ma vie a pu changer.

Qu’est-ce qui t’a fait comprendre ça?

La création de mon premier EP. Avant, j’étais à l’université, mais je n’étais pas aussi consciente de mon pouvoir. Toutefois, je comprends maintenant que tout ça faisait partie de mon cheminement et que j’avais besoin de passer par ça pour en arriver là. Les rencontres que j’ai faites durant mes études, le réseautage avec mes professeurs et mes camarades, m’ont permis de devenir une meilleure personne.

Dans ta musique comme en entrevue, tu parles souvent de spiritualité. Est-ce que tu crois en une religion en particulier?

J’ai grandi dans un milieu chrétien très strict. Je devais aller à l’église régulièrement. Avec le recul, j’ai compris que la religion n’était qu’un ensemble de règles, ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi. Par contre, ce n’est pas quelque chose qui me convient à 100%, donc je garde en moi les valeurs de cette religion, mais je m’inspire de bien d’autres choses dans mes croyances. Je suis notamment appelée par des livres comme The Four Agreements (Don Miguel Ruiz, 1997) et L’alchimiste (Paulo Coelho, 1994).

crédit : Neil Mota

Tu as un parcours assez singulier. Tu as commencé le rap à l’adolescence, avant de tout abandonner pour te concentrer sur tes études universitaires durant ta vingtaine. Qu’est-ce qui t’a ramenée vers la musique à 30 ans?

Dans mon cœur, la musique a toujours été là, même à l’université, mais j’avais perdu foi en mes capacités de réussir dans ce milieu. Je mettais donc zéro énergie là-dedans. Je ne savais pas qui j’étais. Maintenant, je comprends que mon timing est parfait, même si le rap est souvent associé à la jeunesse. Je préfère le marathon au sprint.

T’es-tu sentie rouillée lorsque tu as recommencé?

Non, car j’ai recommencé sans me mettre de pression, uniquement avec cette idée de me servir du rap comme thérapie. Ce sont les forces de l’univers qui m’ont ramenée vers la musique.

Que cherchais-tu à comprendre sur toi dans cette thérapie?

Je ne savais tout simplement pas quoi faire de ma vie. Après mes études en marketing et en communication, j’ai commencé une business de commerce électronique. J’ai lâché mon travail pour me consacrer à temps plein à ça, mais finalement, ça n’a pas fonctionné. C’est là que la flamme artistique est revenue.

Et, depuis, tu as complètement abandonné l’idée de travailler dans ton domaine d’études?

Pas vraiment, car les stratégies de marketing que j’ai apprises me servent encore. Elles m’aident à bâtir ma carrière.

Au-delà de la sortie de ton premier album, quels sont tes plans à long terme? Comme beaucoup de tes pairs de la scène rap anglo, désires-tu aller t’installer aux États-Unis pour percer ce marché?

Pour l’instant, je veux rester ici. Je n’ai pas envie de repartir à zéro ailleurs. Oui, je vise un marché international, mais j’ai besoin d’avoir des fondations solides chez moi.

Le 2 août
à Osheaga au parc Jean-Drapeau (Montréal)
Consultez cet événement dans notre calendrier

Le 16 août
au festival La Fée à l’Hôtel Queen (Amos) 

Le 31 août
au FME  à la scène ÉvoluSon (Rouyn-Noranda)

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