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Karen Pinette Fontaine
Musique

Karen Pinette Fontaine

Native de la communauté innue Uashat mak Mani-utenam, sur la Côte-Nord, l’auteure-compositrice-interprète Karen Pinette Fontaine s’exprime avec sensibilité et charisme sur ses chansons bercées de ukulélé. Elle est également réalisatrice au sein de l’équipe de Wapikoni Mobile. Après avoir fait partie de l’album collaboratif Nikamu Mamuitun – Chansons Rassembleuses paru il y a quelques semaines, elle nous a offert vendredi dernier un tout premier EP de trois titres. Écoutez son folk doux et mélancolique ci-dessous.

Nation: Innu / Communauté: Uashat mak Mani-Utenam / Genre musical: Indie-Folk

Comment est-ce que tes compositions musicales reflètent tes expériences personnelles en tant qu’artiste Innue?

Mes chansons reflètent un peu une réalité sur mon lien avec la langue Innu. Je ne la connais pas et je ne la parle pas malheureusement, mais je peux quand même comprendre et dire quelques mots. Je pense que c’est un phénomène qui rejoint tout le monde, surtout ceux de ma génération. Plusieurs personnes de différentes communautés autochtones vivent ce que je vis. J’aimerais ça écrire en Innu, mais je ne suis pas rendue là et j’espère y être un jour. Pour le moment, je peux inclure un mot innu, comme dans la chanson Dernier train, ou écrire un refrain au complet en innu sur Tshukain.

Peux-tu nous parler du territoire dans lequel tu as grandi et partager une chose spéciale ou une anecdote qui implique la communauté?

J’ai grandi dans la communauté de Mani-Utenam, à 15 km de Sept-Îles. C’est un endroit où la musique est super importante avec le festival Innu Nikamu, le studio Makusham et la radio communautaire qui joue tout le temps de la musique, même pendant les pauses de 25 secondes du bingo. Je me souviens que Florent Vollant disait qu’il y avait des musiciens à chaque deux maisons et c’est quand même vrai. Vite comme ça, une chose spéciale qui implique ma communauté date de juin 2018, quand j’ai travaillé en tant qu’assistante-cinéaste au Wapikoni Mobile. Avant la projection des courts-métrages, il y a toujours une performance de deux ou trois artistes locaux devant le public et on m’a demandé d’en faire partie. J’ai fait la chanson Blanc des yeux (composée et écrite par moi, Matiu et Joëlle Saint-Pierre) qui demande à la population québécoise d’écouter les personnes des Premières Nations. J’ai demandé aux gens de chanter le refrain avec moi, et quand j’entendais des Innus chanter haut et fort : « Regardez-moi dans le blanc des yeux », ça m’a fait du bien d’entendre ça de la part d’un public Innu. Ça m’a rassuré, car je me disais que nous allons y arriver, chanson par chanson, film par film, œuvre par œuvre.

EN VIDÉO:

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