Trois spectacles mémorables du Zoofest 2018
Scène

Trois spectacles mémorables du Zoofest 2018

Retour sur trois spectacles qui ont marqué la 10e édition du Zoofest.

Le dernier Zoofest des Pic-Bois

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Maka Kotto et Maxime Gervais. Crédit : Myriam Frenette.

La foule était complètement survoltée lors de ce soi-disant dernier spectacle des Pic-Bois au Zoofest. Et, malgré certains numéros un peu trop longs et un flagrant manque de préparation de la part de quelques invités (dont Phil Roy et Mike Ward), le duo montréalais formé de Maxime Gervais et Dom Massi peut être fier de ce qu’il a accompli durant ce feu roulant d’absurdités de plus de deux heures, où ont cohabité sans grande cohésion (et c’est ce qu’on aime) des personnages emblématiques de leur univers fertile. Parmi les moments forts, on note la rencontre surnaturelle entre le personnage de Maka Kotto interprété par Gervais et le vrai Maka Kotto, le numéro complètement déjanté du magicien pervers, qui a encore une fois repoussé les limites de l’acceptable avec son haut degré d’exhibitionnisme (dont témoigne en partie notre photo de couverture), et la parodie d’émission matinale Sexe tôt, où les bâillements côtoyaient les discussions libidinales et les mimes phalliques indolents de Julien Bernatchez. Mention aussi à la prestation plutôt singulière, c’est le moins qu’on puisse dire, de Linda Bouchard, une fidèle acolyte du duo qui a chanté Si exceptionnel d’Andrée Watters dans son intégralité. À ce moment, même les fans les plus fidèles des Pic-Bois ont été déroutés.

Bonjour

Pierre-Yves Roy-Desmarais. Crédit : Myriam Frenette.
Pierre-Yves Roy-Desmarais. Crédit : Myriam Frenette.

Après avoir fait bonne figure aux côtés de sa copine Rosalie Vaillancourt lors du spectacle Love l’an dernier, Pierre-Yves Roy-Desmarais revenait au Zoofest avec un premier 60 minutes en solo. Précédé par Sam Boisvert, humoriste de 21 ans à l’aisance scénique certaine et au sens de l’autodérision notable, mais à l’écriture parfois un peu trop lisse, le jeune diplômé de l’École nationale de l’humour nous a (presque) convaincus de ses talents de chanteur avec une introduction sympathique au piano, avant de nous raconter plusieurs anecdotes à propos de sa famille et de son passage à l’âge adulte – un sujet très abordé ces jours-ci par ses confrères humoristes, mais qu’il a réussi à bien adapter à sa sauce, sans tomber dans les lieux communs de l’humour d’observation. Capable d’irrévérence à l’occasion, Roy-Desmarais a régulièrement interagi avec la foule, montrant ainsi d’autres facettes de sa personnalité que celle du bon garçon de famille qui prévaut dans ses textes. Un peu nerveux sur scène lors de notre passage, qui concordait avec la première de six représentations, il a su rattraper le rythme un peu décousu du spectacle avec plusieurs remarques improvisées, qui lui ont permis de reprendre son élan.

Les Denis : leur histoire en chansons

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Sébastien Dubé et Vincent Léonard. Crédit : Myriam Frenette.

Présenté comme un rendez-vous unique permettant au public de voir Sébastien Dubé et Vincent Léonard tels quels, sans leur habit de scène des Denis Drolet, ce spectacle musical présenté à quatre reprises dans l’intime studio Hydro-Québec du Monument-National a été une révélation pour plusieurs spectateurs. C’est que, pour la première fois, on a pu constater le talent au naturel du duo absurde, autant dans ses interactions spontanées avec le public que dans son jeu musical impressionnant, qui prend de moins en moins de place dans sa proposition scénique ces derniers temps. Racontant leur histoire à partir de l’enfance, période où ils écrivaient déjà des chansons très insolites, les deux amis ont ressorti certaines de leurs compositions les plus marquantes, tels que Morning Smile, pièce en anglais incompréhensible et tordante, Robot de slush, ritournelle qui leur a permis d’entrer à l’École nationale de l’humour, et Une gomme en bois, chanson à répondre loufoque paradoxalement impossible à répéter. Évidemment, la mascotte Just-To-Buy-My-Love est venue faire son tour pour le classique des classiques : Fantastique, entonnée à l’unisson par la foule. Bref, un spectacle bien ficelé, qui a le potentiel d’être reproduit ailleurs qu’au Zoofest.

BONUS : le numéro de Maude Landry au Gala du 10e

Maude Landry. Crédit : Myriam Frenette.
Maude Landry. Crédit : Myriam Frenette.

Durant ce spectacle interminable visant à souligner le 10e anniversaire du Zoofest, quelques humoristes ont réussi à se démarquer, notamment Mehdi Bousaidan, Vincent C, Les Pic-Bois, Guillaume Pineault et, surtout, Maude Landry. Avec sa prestance désinvolte, qui s’apparente davantage à l’exagération d’un trait de personnalité qu’au fondement d’un personnage, l’humoriste de 26 ans a fait mouche à tous coups avec un melting pot bien ordonné de certaines de ses meilleures blagues. Omniprésente dans les soirées d’humour de la province depuis plusieurs années, Landry a montré qu’elle avait dépassé le stade d’humoriste de la relève et qu’elle était bien prête à entrer dans la ligue des grandes.

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