Philémon Cimon nous fait découvrir son Pays
Musique

Philémon Cimon nous fait découvrir son Pays

À deux jours de sa sortie, l’auteur-compositeur-interprète nous présente en primeur son tout nouvel album Pays.

Sur Pays, Philémon Cimon retourne à la formule de création dépouillée avec laquelle il s’est fait connaître au début de la décennie. Épaulé par Nicolas Basque (de Plants and Animals), Adèle Trottier, Josianne Boivin et des gens de sa famille, le Montréalais d’adoption livre 11 chansons sobres mais grandioses, peintes dans son Charlevoix chéri.

L’écoute exclusive se termine ce vendredi.

VOIR : Pays est inspiré de ton rapport à Charlevoix. Pourquoi avoir voulu lui rendre hommage?

Philémon Cimon : Ça a commencé par une recherche intérieure. Les questions «toutes simples» de «qui j’suis?», «d’où j’viens?» pis «où je vais?» pis tout ça… Ça va ça va, une chanson que j’ai écrite pour Lou-Adriane Cassidy, ça parle de ça. C’était inspiré de ses questionnements, mais ça a vite fini par chevaucher les miens. Pis à force de me poser ces questions-là pis de creuser pis de creuser, j’ai trouvé Charlevoix. Je viens de là. En partie. Je suis né à Limoilou, mais j’ai passé tous mes étés d’enfance à St-Joseph-de-la-Rive en Charlevoix. En ce moment même, j’écris ces quelques lignes depuis la maison de ma tante Geneviève à St-Jos (St-Joseph-de-la-Rive). Pis ma grand-mère Cimon vient de là aussi. St-Jos. Lucile. Maintenant décédée. Mais si vous écoutez l’album, vous allez l’entendre chanter…

Pis à force de creuser, ben je me suis rendu compte que mon lien à St-Jos était pas anecdotique. Tout mon être est épris de ça. J’y reviens toujours. J’ai l’envie d’y faire des projets. Pis je trouve ça beau. Terriblement beau. C’est la première place dans ma vie où j’ai vu du beau. Du sublime. La montagne, le fleuve, la parole. Pis j’ai eu envie de le dire dans un album. Mais en creusant, je trouvais quelque chose d’encore plus grand que St-Jos ou Charlevoix. C’est tout un pays. Un pays à moi et en moi, où je me sens bien être et qui me pousse à créer. Qui me donne un élan.

Finalement, c’était la découverte de moi, mais pour moi, ça passe par Charlevoix. J’ai eu envie de le nommer à jour, de rendre hommage oui, de redonner, de m’inscrire là-dedans pour dire que c’est beau, pis que c’est de là que je viens, pis que mon passé est beau et infini, tout comme mon futur est excitant. C’est le sentiment d’exister, pis d’accepter mon existence, de l’aimer. Pour quelqu’un d’autre, ça passerait par ailleurs, la Mauricie, le Portugal, la Loire, je sais pas, n’importe où, tout dépendant de où il vient, tout dépendant de où cette personne a rencontré le beau. Pour moi, c’est Charlevoix, mais plus je le vis, et plus ça s’étire, ça devient le fleuve en entier, la littérature de nos génies, les chansons transmises de bouches en bouches, d’oreilles en oreilles, la parlure analphabète plus poétique que n’importe quel sonnet d’école, notre français laurentien bâti à mitaine, pis l’histoire de cette terre, des animaux, des battures, des cratères, pis de ceux tout aussi grandioses qui étaient là ben avant les Français, d’il y a 100 000 ans à aujourd’hui. D’il y a cent millions de mille ans à aujourd’hui.

Bien que tu aies sorti un EP (Psychanalysez-vous) et une version deluxe des Femmes comme des montagnes, Pays est ton premier album en quatre ans. Qu’est-ce qui s’est passé durant cette période? 

Ben des affaires, évidemment. J’ai joué les tounes de l’album pis du EP, un peu partout, mais je suis aussi allé l’école, à Concordia, en études humanistes ; j’ai rompu avec Audiogram parce que j’avais envie d’être propriétaire de mes albums sans avoir à me battre pour ça ; j’ai écrit des tounes ; j’ai signé avec Bonsound ; j’ai écrit des tounes ; je me suis acheté une machine à tape, une enregistreuse à ruban, j’ai enregistré des tounes, à St-Jos avec l’abbé Moisan, pis à Port-au-Persil, avec les baleines ; j’ai eu du fun avec Nic, Adèle pis Josianne, les musiciens, ceux qui ont accepté d’enregistrer sous l’orage avec une lampe de tête pour s’éclairer, les pieds mouillés, la gueule dans l’fleuve ; j’ai fait entendre les enregistrements à Bonsound pis ils ne les ont pas aimés ; on a rompu le contrat ; j’ai commencé une job de barman pis d’accueilleur d’artistes à la Chapelle Bonsecours ; je me suis craché dans’es mains ; pis je me suis dit qu’y fallait ben que ça vive ce PAYS-là ; fait que je me suis parti une maison d’édition pis une maison de disques pis trouvé des nouveaux partenaires, pis on a préparé le lancement pis toute. J’oubliais, je suis allé virer à Natashaquan, pis tout ça était ben l’fun. Ce fut de belles années. J’ai découvert de quoi qui m’enrichit, me réjouit, me fait sortir de moi-même, me fait voir plus grand. La vie est devenant plus grande, durant ces 4 années.

Tu as enregistré l’album sur un 4 pistes. En découle une facture sobre et sans artifice, qui rappelle celle de tes premiers projets. Pourquoi avoir choisi cette esthétique?

J’aime ça. J’aime ça quand c’est simple. Une voix, une guitare. Un micro, quatre micros. Quatre musiciens en cercle. Qui jouent. J’aime ça. C’est beau. Ça vit. C’est une expérience. La prochaine fois, ça sera peut-être autre chose. Mais là, comme au premier album, j’avais envie d’enregistrer des humains plutôt que des sons.

Qu’est-ce qui s’en vient de ton côté?

Je sais pas. J’aimerais ça faire plein de shows, sur le traversier de St-Jos-l’Isle-aux-Coudres, dans les salles paroissiales, dans les chapelles, les casse-croûtes de ch’mins perdus pis su d’autres bateaux, dans des tentes, autour des feux, dans montagne, dans l’eau, su’es battures, dans les bras de quelqu’un, de quelqu’un que j’aime, quelqu’un qui a cent millions de mille ans aujourd’hui.

En spectacle :
le 27 mai
au Planétarium de Montréal (COMPLET)

le 8 juin
au Maelstrøm Saint-Roch (Québec)
Consultez cet événement dans notre calendrier

le 22 juin
au festival BleuBleu (Carleton-sur-Mer)
Consultez cet événement dans notre calendrier  

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