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Rap local : Zeina, déplacer des montagnes
Musique

Rap local : Zeina, déplacer des montagnes

Chaque semaine, cette chronique met en lumière l’oeuvre des rappeurs et des producteurs québécois les plus intéressants du moment. Au programme : entrevue, bons coups de la semaine et aperçu des prochains spectacles à voir.

Entrevue //

Deux ans après avoir fait paraître son premier EP, la chanteuse et rappeuse montréalaise Zeina prépare son retour et offre un spectacle dans le cadre du Red Bull Music Festival.

Tu fais partie des cinq artistes invité.e.s à la vitrine de la relève du Red Bull Music Festival. Qu’est-ce que ça te fait d’être incluse à ce spectacle d’ouverture?

Je trouve ça incroyable de jouer chez moi. Et c’est vraiment cool de pouvoir compter sur une plateforme comme Red Bull, qui montre constamment son soutien et son amour à notre ville et, tout particulièrement, à ceux et celles qui ont de l’ambition.

Tu as fait tes débuts en 2016 sur SoundCloud, mais on en sait que très peu sur toi. Peux-tu nous faire un résumé de ton parcours?

En gros, je suis née à New York, mais je suis déménagée à Montréal à l’âge de 3 ans. J’ai commencé à prendre la musique au sérieux en 2016, après avoir abandonné mes études en pré-médecine à la mi-session, et je n’ai jamais vraiment regardé en arrière depuis. J’ai déménagé dans différentes villes, comme Toronto et Los Angeles, car je cherchais à m’inspirer et à construire mon son. Tout ça m’a vraiment façonnée.

Tu proposes un mélange très actuel de rap et de R&B. Qu’est-ce qui t’a menée vers une fusion aussi fluide entre les deux genres?

Je mélange bien des choses, c’est vrai. Et j’ai plusieurs autres surprises dans le coffre-fort, des trucs qui vont surprendre tout le monde. La beauté de la musique en 2019, c’est qu’elle n’oblige personne à rester dans une seule voie. Je collabore avec différents producteurs qui m’inspirent, principalement des instrumentistes, car j’aime travailler à partir d’une bonne boucle de guitare ou de piano.

Ton premier et seul EP, Odd One Out, est paru en 2017. Tu es revenue cette année avec deux nouvelles chansons. Comment vois-tu ton évolution jusqu’à maintenant?

Je suis fière de tout ce que j’ai accompli jusqu’à présent. J’ai le sentiment que j’ai déjà déplacé des montagnes et que j’en ai d’autres encore plus grandes à déplacer. Je suis reconnaissante de tout ce qui m’arrive et, par-dessus tout, je sais que je dois arrimer mes efforts à mes ambitions.

Tu as un style assez mélancolique, qui se mêle plutôt bien à la facture de tes beats. Qu’est-ce qui inspire tes textes?

J’adore les sons plus sombres et je suppose que tout ça vient de l’ambiance de ma ville. À Montréal, il fait sombre et froid en hiver, et je pense que j’ai quelque peu reflété ça dans ma musique. En général, les saisons ont un impact majeur sur moi. Je suis aussi beaucoup inspirée par le cinéma, car c’est un art qui me fait ressentir des émotions brutes, sans que je les vive directement.

Prépares-tu actuellement un nouveau projet? Si oui, vers quoi te diriges-tu musicalement?

Oui, et il est presque terminé. C’est différent, il y aura certainement une chanson pour tout le monde. Ce n’est pas un projet uniforme, où l’on a l’impression de toujours réentendre la même chanson.

Red Bull Music Festival Montréal: En Ligne – Ausgang Plaza (Montréal), 18 septembre (20h)


La nouvelle de la semaine //

Le festival LVL UP annonçait dernièrement la tenue de ses Grandmaster Classes, des séances spécialisées qui s’adressent «à ceux pour qui le hip-hop est au cœur des études ou du travail». Tenues sur deux jours, c’est-à-dire ce jeudi et ce vendredi 19 et 20 septembre à la salle Multi du collège Montmorency, ces séances prennent la forme d’ateliers et de conférences. On pourra notamment y voir un entretien avec les producteurs Steve Jolin (Disques 7ieme Ciel) et Carlos Munoz, (Joy Ride Records) à propos de «l’état actuel de la scène hip-hop au Québec», un atelier d’écriture créative avec Webster, une rencontre entre le professeur de philosophie Jérémie McEwen et Tizzo ainsi qu’une entrevue réalisée par Myriam Fehmiu (ICI Musique) avec Koriass sur son «parcours de carrière atypique». Le prix pour ces deux journées est fixé à 15$. Horaire complet ici.


Le projet de la semaine //

Deux projets retiennent l’attention à parts égales. D’abord, Catboot étonne avec Le roi Catherine: 2e du nom, un deuxième projet qui rompt avec l’esthétique soul paisible de son prédécesseur pour emprunter des routes plus dansantes. Le rappeur montréalais y développe un flow forcément plus mélodieux et des paroles davantage introspectives.

Ensuite, coup de cœur pour le délire à peine contrôlé de Richard Richard, duo formé des deux frères Mephisto Bates et Lodgicko (qu’on a connu au sein des 13 Salopards). Sur une trame psych rap à l’esthétique purement lo-fi, les deux rappeurs se font plaisir à explorer toutes sortes de flows et à constamment déjouer les codes du hip-hop.


La chanson de la semaine //

Lary Kidd donne un aperçu convaincant de ce qui composera son deuxième album Surhomme, dont la sortie est prévue pour le 1er novembre prochain sous Coyote Records. Avec Lucidité, produite par les inséparables Ruffsound et Ajust, il vise dans le mille avec un ego-trip mordant aux brillants instants de lucidité, s’offrant lui aussi un clin d’oeil à l’intemporelle Je joue de la guitare de Jean Leloup (quelques mois après que Robert Nelson en ait fait de même sur la pièce Lucioles). Mais c’est surtout avec Lifestyle, annexée à la fin du clip, que le rappeur montréalais se démarque substantiellement. Portée par une production typiquement new-yorkaise signée  par le même tandem, il livre quelques-unes de ses réflexions les plus éclairées en carrière, questionnant son rapport à l’ambition et à l’argent avec plus de profondeur.

Mention à la plus récente pièce de DeusGod, Catchin Tags, une autre collaboration impeccable avec le producteur Vincent Pryce, qui réitère sa signature spooky rap.


L’instru de la semaine //

Nicholas Craven poursuit sa quête indénombrable d’échantillons soul et jazz. My Precious est l’un de ses derniers collages mémorables.


Le clip de la semaine //

Loud dévoile un clip plutôt spécial pour la chanson la plus pop de son deuxième album Tout ça pour ça. Réalisé par William Fradette (alias Will), Jamais de la vie est un métaclip pour le moins original. On y voit la discussion d’un brainstorm honnête et très drôle entre un réalisateur et un rappeur en panne d’inspiration, qui cherchent à donner une nouvelle saveur à cette pièce hip-hop pour le moins accrocheuse. La mise en scène stagne ainsi jusqu’à la finale – un autre tour de force de la part du duo.


Les spectacles à voir //

LAGON x Kirouac & Kodakludo

Initiée par La Centrale des artistes et située sur le parvis du métro Montmorency, l’installation urbaine Lagon accueillera le duo Kirouac & Kodakludo.

Parvis du métro Montmorency (Laval), 18 septembre (17h30)

Soirée sans lendemain

Présenté dans le cadre de LVL UP, ce programme triple mettra en vedette Sarahmée, Zach Zoya et Koriass.

Annexe3 (Laval), 19 septembre (20h)

End of the WEAK – Finale nationale

Après des arrêts à Gatineau, Québec et Montréal, la ligue d’improvisation rap End of the Weak s’arrête à Laval pour sa finale nationale. Chacalcolik, Basics, Strazz, Baggies, Fresh Corleone, Woodman, Scynikal (champion du monde 2016) et Monk.E (triple champion québécois) s’affronteront dans le but de participer à la finale mondiale qui aura lieu à Bruxelles le 2 novembre prochain. L’événement est présenté dans le cadre de LVL UP.

Maison des arts (Laval), 20 septembre (21h)

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