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Rap local : Souldia, le rap hardcore comme terrain de jeu
Musique

Rap local : Souldia, le rap hardcore comme terrain de jeu

Souldia termine la plus belle année de sa carrière avec un spectacle unique, dans lequel il renoue avec le style rap hardcore brutal de L’album noir, son septième album.

Chaque semaine, cette chronique met en lumière l’oeuvre des rappeurs et des producteurs québécois les plus intéressants du moment. Au programme : entrevue, bons coups de la semaine et aperçu des prochains spectacles à voir.

Entrevue //

L’album noir est sorti en décembre 2018. Pourquoi avoir choisi de lui consacrer un spectacle après tout ce temps?

On aurait pu le faire avant, mais on avait les disponibilités des potentielles salles qu’on voulait. Et, quand on a vu que Le National était libre le 21 décembre 2019, soit exactement un an jour pour jour après la sortie, on a vu ça comme un signe. C’est vraiment un gros show qu’on va présenter, et ça prenait une salle qui pouvait nous accommoder. On a fabriqué des écrans, on a conceptualisé des projections, on a des accessoires de scènes spéciaux… On travaille sur ce spectacle-là depuis juillet. 

Justement, considérant tous les efforts que vous y avez mis, pourquoi lui accorder une seule date?

J’avais envie que ce soit comme ça. Je veux que les fans puissent dire après plusieurs années: «J’étais là!» C’est un peu un cadeau que je leur fais. Dès le départ, je me suis dit que ce serait le seul et unique show, donc je peux pas me permettre de revenir sur ma décision, même si ça fait deux mois que c’est sold-out.

Tu renoues avec un rap hardcore et sans concession sur cet album. Comment c’était de retourner vers ce genre de rap avec lequel tu t’es fait remarquer il y a une décennie?

J’aime bien. Je suis vraiment un mordu d’adrénaline, et ce genre de rap me permet de retrouver cette dose-là. Mais, personnellement, je trouve pas que le hardcore a disparu de ma musique. En fait, tous les trucs plus pop que j’ai faits, c’est ça qui me fait sortir de ma zone de confort. Quand je retourne dans le hardcore, je suis sur ma patinoire, sur mon terrain de jeu. Je peux pas être plus dans mon élément que ça.

Tu as eu connu une année 2019 assez fulgurante. Ton album Survivant a été l’un des plus vendus de l’année au Québec, tous genres musicaux confondus. Tu as également participé au numéro d’ouverture du Gala de l’ADISQ, durant lequel tu as obtenu deux nominations d’ailleurs. En plus de tout ça, tu as fait des spectacles sans relâche. As-tu l’impression d’avoir été enfin accepté par une certaine industrie plus mainstream?

Je sais pas, mais ce qui est certain, c’est que, quand on m’ouvre des portes, je rentre dedans. 2019 est ma plus belle année à vie. J’ai juste eu des belles dates de shows et j’ai vendu plus de disques que jamais. Mon expérience à l’ADISQ a été vraiment incroyable. J’ai comme l’impression que cette partie de l’industrie là vient juste me découvrir. Et c’est juste prometteur pour l’avenir.

Ton huitième album solo, Backstage, s’en vient au printemps prochain. À quoi peut-on s’attendre?

Dans les dernières années, j’ai essayé beaucoup de choses, tout particulièrement des trucs plus mélodiques. Là, je voulais faire un mélange de tout ça, mais également revenir à un côté plus rap, à un Souldia plus rude. J’ai pris vraiment plus de maturité en studio et je travaille avec un nouveau producteur, Christophe Martin, qui fait le mix, le mastering et la réalisation. J’ai aussi travaillé avec Koudjo, Farfadet ainsi que Ruffsound et Loud pour une chanson. Pour le reste, j’aimerais garder quelques surprises, car de toute façon, l’album est pas terminé à 100%.

Complet // Souldia // Mtl // Le show de L’Album noir – Le National (Montréal), 21 décembre (20h30)


La nouvelle de la semaine //

En cette semaine assez tranquille côté actualités hip-hop, notre attention se tourne vers un dossier pertinent et très révélateur du site HHQc, qui s’est donné la mission de recenser les 10 albums rap québécois les plus vendus de la décennie. Au total, seulement six artistes se partagent les honneurs : Sir Pathétik (pour 10e Round), Dead Obies (pour Gesamtkunstwerk), Souldia (pour Survivant), Manu Militari (pour Marée humaine), Loco Locass (pour Le Québec est mort, vive le Québec!), Koriass (pour Petites victoires, Rue des Saules et Love Suprême) et, sans surprise, Loud (pour Tout ça pour ça et Une année record). Avec plus de 50 000 exemplaires vendus, ce dernier opus se retrouve en première place du classement. Parlons donc d’une décennie record pour le rappeur montréalais.


Le projet de la semaine //

Avec son flow nasillard, sa voix aiguë et sa préférence marquée pour l’abus d’Auto-Tune, le rappeur et producteur SeinsSucrer n’a rien pour faire l’unanimité. Faisant suite à Sul Way, son album collaboratif avec le beatmaker Dr. Stein paru il y a quelques semaines. O.b. apparait toutefois comme une proposition assez singulière sur la scène rap montréalaise avec sa couleur trap psychédélique un peu bordélique. Voilà l’une des belles surprises de cette fin d’année.


La chanson de la semaine //

Deux collaborations montréalaises aux ressorts trap mélodieux sortent du lot cette semaine : Traffic de Pretty City et Izzy-S ainsi que Payback de Miles Barnes et David Campana.


L’instru de la semaine //

Le duo hip-hop expérimental Room y va d’un quatrième EP, Il devient fou, collage inventif à l’échantillonnage robuste et lo-fi.


Le clip de la semaine //

Le rappeur français Lorenzo vient visiter ses amis Les Anticipateurs dans ce clip assez cocasse de Yro pour la chanson Nana, tirée de son plus récent album Sex in the City.

Mention au réalisateur Noah Ndorisiyoni qui offre un clip simple, dans la pure tradition rap, pour l’excellente Pas besoin d’Eman.


Les spectacles à voir //

Fly Ladies

Le producteur Dr. Mad (fondateur du label Voyage funktastique avec Walla P) fêtera son anniversaire lors de cette édition spéciale de Fly Ladies, soirée consacrée à la musique hip-hop, R&B et neo-soul faite par des femmes.

Groove Nation (Montréal), 21 décembre (22h)

Toboggan

Lary Kidd fera la première partie du populaire rappeur américain Schoolboy Q lors de ce concert extérieur présenté dans le cadre du tout nouveau festival Toboggan, initié par l’équipe 3E, également derrière le Festival d’été de Québec.

Place George-V (Québec), 30 décembre (19h)

Lost (live)

Le rappeur Lost, membre en règle du collectif 5sang14, donnera son dernier spectacle de l’année samedi prochain très tard dans la nuit au Circus, after montréalais de la rue Sainte-Catherine.

Circus (Montréal), 28 décembre (23h59)

N.B. : La chronique fera exceptionnellement relâche la semaine prochaine. De retour début janvier pour le traditionnel bilan des projets les plus marquants de l’année.

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