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Rap local : Dr. MaD, celui qui met ses amis en musique
Musique

Rap local : Dr. MaD, celui qui met ses amis en musique

À quelques jours de son passage à l’Igloofest avec Voyage funktastique, à la fois un label et un duo de DJs funk qu’il mène avec Walla P, le producteur montréalais Dr. MaD se fait plaisir avec The People Tape Vol. 3, une vivifiante collection de pièces instrumentales à saveur boom bap.

Chaque semaine, cette chronique met en lumière l’oeuvre des rappeurs et des producteurs québécois les plus intéressants du moment. Au programme : entrevue, bons coups de la semaine et aperçu des prochains spectacles à voir.

Entrevue //

VOIR : Tu nous présentes le troisième volume de The People Tape. Quel est le concept de cette série d’albums instrumentaux?

Dr. MaD : Ça remonte à l’époque où mes seuls auditeurs étaient mes amis, ceux du secondaire, du cégep et, ensuite, ceux que j’ai rencontrés ici et là à Montréal dans mes premières soirées hip-hop. Ce sont ces gens-là qui m’ont constamment botté le cul pour que je sorte ma musique et que je pousse mes projets plus loin. C’est donc dans le but de leur rendre hommage que j’ai sorti le premier People Tape en janvier 2010. Au même moment, je tripais beaucoup sur Elaquent (producteur ontarien) et j’aimais beaucoup sa série In Colour, dans laquelle chaque chanson était inspirée d’une couleur. J’ai voulu faire la même chose, mais en associant chaque chanson à un ami. 

Et c’est la même recette que tu répètes pour ce troisième épisode?

Oui. Je rends hommage à des amis, dont beaucoup de gens du milieu hip-hop. Chaque chanson est un peu le reflet de la relation que j’ai avec chacun d’entre eux. Incroyable, c’est une chanson pour Tshizimba, donc le beat est super chill et mello, mais avec des influences électroniques. MusoNi’s Pancakes, c’est pour MusoNi, qui aime beaucoup la musique brésilienne. Le titre fait référence au fait qu’on se faisait souvent des crêpes ensemble le matin. 

Pourquoi avoir redonné vie à cette série neuf ans après le deuxième volume?

Après le volume 2 en janvier 2011, j’ai décidé de me consacrer à des projets plus poussés, un peu plus conceptuels. Mais avec les années, je me suis ramassé avec beaucoup de beats qui, finalement, n’ont jamais abouti dans l’un ou l’autre de mes albums. À la toute fin de l’an dernier, je suis allé voir le dernier Star Wars et, même si c’était pas très bon, ça m’a donné envie de boucler la boucle moi aussi.

Et maintenant que la boucle est bouclée, vers quoi veux-tu aller?

Vers des sons qui vont impliquer plus de synthétiseurs. C’est le défi que je me suis donné il y a quelques années. Au début, c’était assez difficile, car j’ai toujours utilisé des samples pour créer la base de mes beats. Ça a presque tué ma créativité, même! Mais là, avec mon ami JMF (producteur montréalais), on produit un son plus raffiné, plus actuel. TGV de KNLO en est un bon exemple.

Dirais-tu que ton expérience comme DJ au sein de Voyage Funktastique t’a aidé à évoluer en tant que musicien?

Ouais, ça m’a ouvert à toute la scène funk actuelle. Je connaissais évidemment le funk des années 1980, mais y’a plein de musiciens vraiment excellents qui font évoluer le style. C’est une serre d’influences éclatées.

Vous avez récemment célébré le sixième anniversaire des soirées mensuelles de Voyage Funktastique. Comment votre duo s’est-il transformé avec les années?

D’abord, Voyage Funktastique, c’est une émission de radio à CHOQ. Et, un peu par hasard en 2013, on a eu notre première opportunité de soirée aux Bobards (fermé et remplacé par Le Darling). On l’a fait trois fois avant de prendre un break et, ensuite, on a eu l’offre de soirée mensuelle au bar Bleury, avant d’arriver au Belmont. L’an dernier, la soirée a surtout été marquée par la présence d’invités internationaux, notamment Dabeull (Paris), Temu (NY) et XL Middleton & Moniquea (LA). Et, musicalement, tout ça nous pousse ailleurs. Avant, on était assez uniforme côté funk, mais maintenant on a intégré beaucoup de house, de new jack swing et de boogie japonais et brésilien à nos sets. 

Ce sera votre troisième présence à Igloofest en autant d’années. À quoi peut-on s’attendre?

On va aller plus dans le up-tempo. Straight to the point dans la chaleur du dancefloor. Dans nos soirées, on se permet parfois d’aller vers des slows jams ou des trucs boogie qui frappent un peu moins, mais là, on sait que les gens veulent danser. On va y aller dans la house avec une touche funky.

Igloofest #6 – Quai Jacques-Cartier (Montréal), 31 janvier (19h30)

Voyage Funktastique au Belmont – Le Belmont (Montréal), 1er février (22h)


La nouvelle de la semaine //

Le festival texan South by Southwest (SXSW), l’une des plus importantes vitrines musicales à l’international, annonçait il y a quelques jours la troisième ronde d’artistes qui seront de passage dans le cadre de son édition 2020. Et c’est avec grande joie que nous avons appris la présence de Naya Ali sur cette programmation des plus hétéroclites. Seule représentante de notre scène rap québécoise à l’événement cette année, Ali marchera donc dans les pas d’Alaclair Ensemble, Random Recipe et Koriass, qui ont tous déjà pris part au festival. Montréal sera toutefois bien présente au Texas du 16 au 22 mars prochain, car s’y produiront notamment la chanteuse R&B Shay Lia, le groupe rock Corridor et le trio électro-pop Le Couleur.


Le projet de la semaine //

Même si on se doit de saluer le travail de Dr. MaD sur son excellente People Tape Vol. 3, c’est à THe LYONZ que revient la palme du projet de la semaine. Sur 2nd U (part 1), une réédition du projet homonyme initialement paru à la fin 2018, le duo hip-hop montréalais explore divers univers sans jamais se perdre, prouvant qu’il est autant à son aise dans des zones ambiantes que psychédéliques. Avec son flow ferme, qui rappelle bien souvent celui de Kendrick Lamar, Norrin capte notre intérêt de manière soutenue, alors que son collègue Salvo impressionne avec des compositions organiques aux influences jazz.


La chanson de la semaine //

Deux rappeurs anglo-montréalais s’illustrent : Busy Nasa avec la graveleuse IWRRN et Kevin Na$h avec la rudimentaire mais frappante 4+4 [Jungle].


L’instru de la semaine //

Le producteur montréalais Bastiani se dévoile avec deux premières beat tapes assez intéressantes, Solid Stance on Nothing et Wind to Keep the J Alive, toutes deux parues le 18 janvier. Du lot, on apprécie tout particulièrement la signature déconstruite aux lueurs jazzy de it’s a go.


Le clip de la semaine //

Donne-moi du Véro de D-Track (par Thom Loois) et Céline d’Alaclair Ensemble (par Philippe Chagnon) retiennent l’attention à parts égales grâce à leur habile montage et leur esthétique très moderne, essentiellement basée sur des alliages inusitées entre différents formats vidéos.

Enfin, mention à Maky Lavender, qui redonne habilement vie à ses deux plus récentes chansons, Cheese et Tik Tok (parues à la fin 2019), avec un double clip très simple, mais non moins efficace signé JB Proulx.


LES SPECTACLES À VOIR //

Souldia à Laval

Souldia s’amène à Laval avec le quintette L’Amalgame.

Annexe3 (Laval), 24 janvier (20h)

FouKi et LaF à RDL

FouKi se rend dans le bas du fleuve avec LaF, ses camarades chez Disques 7ième Ciel.

Centre culturel (Rivière-du-Loup), 25 janvier (20h)

Spécial Hip-Hop à Igloofest

L’Igloofest mise pour une première fois sur une soirée entièrement consacrée au hip-hop québécois. Pour l’occasion, les rappeurs Loud et White-B ainsi que le producteur Charlie Shulz seront de la partie.

Quai Jacques-Cartier (Montréal), 30 janvier (19h30)

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